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Lecteurs attentifs de Que je vous dise d’abord comment les choses se sont
passées. En préambule de la réunion se tenait à l’Assemblée Nationale
l’une de ces « rencontres avec les Parlementaires » que Contribuables
Associés organise régulièrement. Sous la souriante et amicale présidence
de Dominique TIAN, cinquante et uns députés sont venus écouter ces économistes
farfelus qui prétendent que la capitalisation est la grande réforme à
introduire dans le système français, à l’instar de ce qui s’est fait à
l’étranger. Une telle assistance, attentive et participative, n’est pas
si fréquente. De quoi nous redonner espoir : il existe encore des
élus français intéressés par les vrais problèmes de société et ouverts
à des discours politiquement incorrects. |
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Les organisateurs, de Contribuables, de l’IREF et
de l’ALEPS, n’avaient en revanche aucun doute sur les réactions du grand
public auquel rendez-vous était donné quelques minutes plus tard à Que la capitalisation soit la solution cela ne fait
guère de doute. Nous avons étudié l’évolution des systèmes de retraites
de trente trois pays (les membres de l’Union Européenne plus Quand on propose aux futurs retraités le choix entre
répartition et capitalisation, ils n’hésitent pas. D’une part, la rentabilité
de l’opération est très élevée : avec les mêmes cotisations on a
un rendement multiplié par cinq ou dix après quelques décennies de cotisation.
D’autre part, les gens ont le sentiment que la retraite est devenue leur
affaire : ils peuvent choisir leurs fonds, en changer, changer d’emploi
sans perte de droits, transmettre le capital à leur famille, transformer
leurs droits à retraite en autres actifs (acheter un appartement par exemple).
Enfin, et non le moindre, tout ce capital investi représente autant de
points de croissance en plus, des entreprises et des emplois peuvent se
créer, les capitaux nécessaires sont là. La capitalisation peut-elle demeurer cette solution-miracle dans une période de crise financière ? La question est revenue souvent mardi soir. Incontestablement, il n’y a aucune relation entre des mouvements boursiers de courte période, si profonds ou brutaux soient-ils, et des placements à très long terme. Après 10 ans d’investissement, on constate que 80% des « accidents » financiers sont gommés, leur trace aura complètement disparu après 20 ans, or la durée de cotisations est de 40 ans. Ces résultats sont fiables, ils ont été observés sur pratiquement deux siècles (186 années), et ils couvrent des périodes considérées comme catastrophiques : grandes guerres, dépression de 1929, crises du XIXème siècle, hyperinflations des années 1920 ou des pays d’Amérique Latine, etc. De plus, quoiqu’on en dise, les techniques financières sont aujourd’hui bien plus affinées et sécurisées qu’il y a un demi siècle. On a découvert la gestion de portefeuille, la diversification des actifs, le calcul actuariel a fait des bonds spectaculaires avec l’informatique. Il n’y a donc aucune raison d’avoir peur de la capitalisation. Reste la dimension politique. La capitalisation rencontre une opposition apparemment idéologique (capitalisation c’est capitalisme), mais fondamentalement corporatiste : un Français sur trois jouit de privilèges dans le système actuel, bénéficiant des régimes spéciaux ou des retraites du public, au détriment des 17 millions de futurs retraités qui ne sont ni électriciens gaziers ni fonctionnaires. Les gouvernements français successifs se sont rendus impopulaires en bricolant des réformes de surface. Quitte à affronter l’opposition des privilégiés, il vaudrait mieux le faire en lançant la seule vraie réforme du futur : la capitalisation. Qui relèvera le défi ? Jacques
Garello
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