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![]() | « Ils
n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». La peste keynésienne
envahit les esprits, et je me trouve chaque jour confronté à des gens qui présentent
tous les symptômes de la maladie. Je suis heureusement vacciné et n’ai pas besoin
de piqûre de rappel. Les symptômes
sont nets. Prenez un bon libéral, voire même un ultra, qui a toujours professé
sa préférence pour la libre entreprise et le libre échange. Parlez avec lui de
la « crise ». Il conviendra parfaitement que la crise est due aux maladresses,
voire aux malversations, des responsables de la politique monétaire et financière.
Il vous suivra quand vous rappellerez que les subprimes ont eu comme foyers deux
organismes publics distribuant sur ordre du gouvernement américain des crédits
hypothécaires immobiliers à des gens incapables de les rembourser. Il admettra
que le laxisme monétaire de | |||||||||||||||
| Voilà donc
l’AVC, voilà les boulons pétés. Des personnes jusque là saines d’esprit, qui ont
toujours adhéré aux principes de « l’économie de l’offre », viennent
grossir le camp des keynésiens qui professent les principes adverses de « l’économie
de la demande ». Partisans de la liberté économique et ennemis de l’Etat
en temps ordinaire, ils deviennent partisans de l’intervention de l’Etat et de
la mise en liberté surveillée en période de crise. Le monde
occidental a été atteint d’une telle épidémie dans les années 1930. La thèse de
Keynes venait au bon moment, pour expliquer d’une part que la crise était celle
du capitalisme créateur de chômage (alors qu’elle était déjà une crise du dirigisme)
et d’autre part que l’on pouvait préserver quelques principes du capitalisme (comme
la propriété privée du capital) à condition de mener une politique de plein emploi,
de relance de la demande globale. Le keynésianisme apparaissait aux esprits faibles
comme le moyen de sauver le capitalisme en réduisant la liberté économique et
en misant sur l’intervention de l’Etat. Nous y voici
à nouveau. Pour éviter une « crise systémique » (c'est-à-dire pour éviter
que le système capitaliste ne soit détruit par les Besancenot et Chavez) les malades
contaminés applaudissent aux plans de relance dont l’imagination est sans borne,
puisqu’il s’agit d’annoncer des milliards de soutien, alors que les Etats sont
eux-mêmes en faillite. La maladie
atteint toutes les couches de la population. J’ai apprécié ce titre dans les journaux
« Les libéraux de l’UMP se félicitent de l’intervention croissante de l’Etat ».
Même parmi quelques personnes passant naguère pour des intellectuels libéraux,
on se résout, la mort dans l’âme, à souhaiter l’inondation monétaire pour éviter
la faillite des banques. Comme la crise menace aussi des milliers d’entreprises,
on se résout encore à des crédits injustifiés pour sauver les emplois. Pour l’instant
la seule recommandation keynésienne qui n’ait pas encore été reprise est le protectionnisme
pur et dur : jusqu’ici la mondialisation a trouvé grâce, bien que les fonds
souverains fassent recette. Je crois
que le succès du keynésianisme n’est dû qu’à l’ignorance des vertus du marché.
Car, il y a dans le marché le vrai et le seul moyen de sortir de la crise sans
recourir à l’Etat. Veut-on sauver
les emplois ? Les emplois n’existent et ne durent qu’au service de la communauté,
adaptés quantitativement et qualitativement à ce que veulent les clients. Supprimer
des emplois n’est pas un drame quand d’autres emplois nouveaux apparaissent. « L’économie
de l’offre » nous rappelle que le niveau d’emploi dépend de la liberté reconnue
aux entrepreneurs, aux travailleurs et aux épargnants. Relancer l’économie c’est
mettre fin aux entraves réglementaires, fiscales et sociales qui paralysent les
entreprenants. C’est mettre fin aux privilèges dont bénéficient les parasites. Un grand
plan de relance consiste donc à libérer la créativité, et à rendre aux Français
l’argent qui leur est injustement confisqué par un Etat rapace et une Sécurité
Sociale en déroute. Mais qui en a le courage ? Il est plus
facile d’invoquer l’alibi des faillites des banques et des entreprises cotées.
Ici encore, le marché est la solution : quand le prix des actifs devient
très faible, voire négatif. Il y a des occasions de rachat par d’autres, ou d’appel
à des augmentations de capital, les investisseurs faisant la différence entre
ce qui leur promet des plus ou des moins values. Voilà sûrement des bouleversements,
mais moindres que ceux d’un financement par l’Etat. Car il faut
en revenir à Bastiat : ce que l’on voit c’est le « sauvetage »
des banques, ce que l’on ne voit pas c’est le coût de financement. Le coût c’est
l’inflation, qui à son tour entraîne le chômage ; le coût c’est la dette
publique, qui à son tour entraîne davantage de prélèvements obligatoires (et dès
aujourd’hui à cause du service de la dette). Ce que les
malades du keynésianisme ont oublié, ou ignorent, c’est que l’économie est détruite
par les interventions qui privent le marché de sa vertu essentielle : répartir
les ressources rares en fonction des besoins réels de la communauté, grâce à un
système de prix significatifs nés de la concurrence. Le dirigisme balaye tout
cela. Après avoir balayé le marché, on appelle Keynes au secours ! Il est temps
de comprendre en profondeur le fonctionnement des marchés. C’est la meilleure
prévention contre cette terrible épidémie.
Jacques
Garello
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