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Hélas, tant de Français ne savent pas que le
sort de notre planète terre, de notre mère Gaïa, est en train de se jouer
en Argentine, pays des paradoxes climatologiques puisqu’il fait un froid
sibérien dans cette région que l’on appelle la Terre de Feu.
Pour ma part, je ne partage pas l’angoisse
de tous ces braves gens réunis à Buenos Ayres pour y parler des accords de Kyoto et de l’effet de
serre dû à l’émission de gaz carbonique, lâchement produite par les pays
riches, Etats-Unis en tête, qui surconsomment l’énergie.
Esprit frondeur, provocateur et irresponsable,
je n’ai jamais été réellement satisfait des arguments qui ont conduit
à la signature des accords de Kyoto. Pour me convaincre, il faudrait que
l’on me persuade, preuves scientifiques irréfutables en mains :
1° que la planète s’est réellement réchauffée,
et que ce phénomène nouveau est dangereux,
2° que le réchauffement est dû à l’émission
de CO2,
3° que cette émission est le fait des êtres
humains et de la surconsommation des pays riches,
4° que les mesures envisagées par les accords
de Tokyo sont de nature à éviter un cataclysme.
J’ai cherché à me renseigner à bonnes sources,
et j’ai eu l’occasion de participer à des dizaines de séminaires où on
débattait de ces questions, avec des savants de diverses disciplines et
de divers pays. Mon scepticisme n’a cessé de croître. Aucun des quatre
points évoqués ne semble acquis, et s’il y a des certitudes scientifiques,
elles ne sont pas nécessairement là où on le croit.
1° Il est certain que ce n’est pas la première
fois que la planète se réchauffe, ni qu’elle se refroidit, et cela bien
avant la civilisation de l’électricité et de l’automobile. La mesure de
la hausse actuelle (vérifiée depuis quelques mois par satellite) nous
situe plutôt vers 0°6 que vers 2 ou 5 (voire 10 degrés comme je l’ai entendu
sur les ondes officielles françaises). Les grands prêtres du réchauffement
aujourd’hui écrivaient il y a quarante ans des pages dramatiques sur le
refroidissement de la planète ! De quoi vous refroidir…
2° Il n’y a aucune corrélation positive entre
les émissions de CO2 et la température de la planète, on observerait plutôt
l’inverse.
3° Les « fabricants de CO2 » sont
davantage les animaux et les plantes que les hommes. La croissance de
CO2 est due essentiellement à l’extension des surfaces cultivées et du
cheptel, en effet liée au progrès économique. Aurait-on le choix entre
mourir de faim ou mourir de chaud ?
4° Le coût d’une réduction de la consommation
d’énergie se traduit en termes de croissance et d’emploi de façon inéluctable.
Si les Américains acceptaient les « disciplines » de Kyoto cela
représenterait près de 2.500.000 emplois en moins : ce calcul les
a vite dissuadés de signer les accords. Quant aux Russes, ils sont dans
la même situation, mais n’ont donné leur signature après bien des résistances
qu’en contrepartie de nombreux avantages, dont notamment l’entrée à l’Organisation
Internationale du Travail, à laquelle ils tenaient beaucoup. Andrei Illarionov,
conseiller du président pour les questions d’environnement, a d’ailleurs
affirmé que la Russie ne pourra pas (et ne voudra pas) respecter l’accord.
Les représentants de nombreux pays « émergents »,
Chinois et Indiens en tête, ont dit leur intention de refuser les quotas
d’émission de CO2. L’un d’eux a déclaré : « Vous nous parlez
toujours de développement durable, nous préfèrerions que l’on discute
du développement rapide ». Simple bon sens. Ajoutons enfin que la
mission française explorant les glaces de la Terre Adélie a observé qu’il
a fallu plusieurs milliers d’années pour que les écarts de température
de la planète se compensent de façon significative. Géniale prospective :
Kyoto nous propose de changer les choses en l’an 22.004.
Bref, il me semble que tout le bruit autour
du réchauffement de la planète, de Kyoto, et de l’apocalypse qui nous
attend ressemble à un bon scénario de « thriller » : en
attendant que la planète se réchauffe, on en a froid dans le dos.
Alors pourquoi ces beaux esprits, ces chefs
d’Etat, ces ministres, ces syndicalistes (au
fait où est Bové ?) s’adonnent-ils à un
tel spectacle ? Il y a d’abord le goût du spectacle, propre à leur
profession. Il y a ensuite, et plus sûrement, une démarche politique pour
opposer le Sud pauvre au Nord riche, comme si la pauvreté des uns était
liée à la richesse des autres. Et pour opposer tout le monde au grand
Satan : le capitalisme américain. Après la chute du mur de Berlin,
on pensait que la lutte des classes avait vécu, et que l’on se rangerait
enfin du côté de la liberté et de la démocratie. Mais les marxistes, rouges,
verts ou bruns, n’ont pas tardé à se ressaisir et dès la conférence de
Rio ils ont réinventé la trilogie qui avait fait le bonheur du communisme
et le malheur des peuples : domination, exploitation, aliénation.
La dialectique est toujours la même, les cibles toujours identiques :
la propriété, le marché, la liberté, piliers de la civilisation. Ont simplement
changé les slogans : à la lutte des classes a succédé la lutte des
glaces.
Jacques Garello
Le
13 décembre 2004
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