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DEMAIN LA CRISE ? | ||||||||||||||||
![]() | Je persiste dans
mon analyse : la crise actuelle n’est ni financière, ni économique, elle
est politique. L’élection de Barak Obama va-t-elle y changer quelque chose ?
Le cœur du problème
aujourd’hui est : va-t-on soumettre la finance à la loi de la libre concurrence
et mettre les financiers devant leurs responsabilités, leur donnant le choix entre
faillites et profits suivant la qualité du travail qu’ils effectueront, ou va-t-on
s’acheminer vers un supplément d’Etat, réinventant quelque système de Bretton
Woods dont on oublie qu’il n’a causé qu’inflation et chômage dans les pays riches
et stagnation et endettement dans les pays pauvres ? A quel proche
futur sommes nous donc promis ? Demain le socialisme ou demain le capitalisme ?
Demain la crise ou demain la liberté ? | |||||||||||||||
| Ce que feront
Obama et son administration sera déterminant, mais seulement dans une certaine
mesure. Demain le socialisme ?
C’est ce qui est le plus apparent. C’est le cri de victoire de la gauche, en France
comme ailleurs. C’est le soupir de soulagement de la droite étatiste - la seule
qui existe en France – inquiète des menaces que la mondialisation représente pour
les Etats et leur souveraineté. Pour tous ceux-là Obama c’est Roosevelt II. Le
programme du futur président prévoit des impôts en augmentation pour les plus
riches, la création d’une véritable « Sécurité Sociale » à la Française,
financée par des prélèvements obligatoires et soustraite aux mains des assureurs
et des fonds de pension privés, l’octroi généreux de crédits « sociaux »,
des investissements lourds dans les infrastructures publiques, et enfin le protectionnisme,
notamment à l’égard des voisins immédiats (Canada et Mexique). La tonalité générale
est donc bien celle du New Deal, des agences fédérales, des grands travaux, de
la dépense publique. Voilà qui coïncide bien avec les plans de relance dont il
est fortement question en Europe sous l’impulsion de la France. Comme toujours,
le socialisme se conjugue avec l’irresponsabilité des comportements ; l’Etat
décharge les citoyens de tout risque économique, mais aussi de tous les choix
fondamentaux, qu’il s’agisse de l’éducation des enfants et de l’accueil de l’enfant.
La seule morale à respecter est celle de la solidarité forcée et de la soumission
à la bureaucratie. Dans le prolongement
du changement vécu à l’intérieur de l’Union, la politique étrangère est annoncée
en rupture totale : désengagement en Irak et en Afghanistan, entente avec
l’Iran, réconciliation avec les républiques socialistes latino-américaines. Pour
ne plus être « unipolaire », la diplomatie américaine ferait une place
plus large à l’ONU, au G8 et aux conférences internationales. C’est ce scénario
que la plupart des commentateurs ont à l’esprit. Ils en sont ravis. J’en serais
effaré : le rêve américain se transformerait en cauchemar mondial. Alors, demain
le capitalisme ? C’est ce qui est le plus souhaitable, mais aussi le plus
probable. D’abord, il y a loin de la coupe aux lèvres, et des promesses électorales
aux politiques réelles. Obama a déjà dans les tout derniers jours amendé sa doctrine
fiscale : allègement des impôts pour les classes moyennes, compensé par une
plus forte progressivité. La réforme de la Sécurité Sociale était déjà inscrite
au programme de Clinton, mais elle n’a jamais pu se faire, faute du consensus
populaire nécessaire. Les déficits publics et l’endettement du trésor
Américain ont déjà
atteint des sommets ; il semble impossible d’aller plus loin dans les programmes
de grands travaux, de dépenses sociales, etc. Les entreprises américaines sont
imbriquées avec les économies voisines, et même avec l’Europe, au point que le
protectionnisme ferait long feu. Quant à la nouvelle politique étrangère, elle n’empêchera jamais les Etats-Unis de sauvegarder
leurs intérêts, et on voit mal la Maison Blanche confier le sort du monde à l’ONU.
Il va falloir se mesurer à la Russie, qui profite de l’occasion pour de nouvelles
agressions, verbales dans un premier temps, militaires peut-être ensuite. La Chine
communiste elle-même veut tirer parti du « changement » en rappelant
son hostilité à toute indépendance de Taïwan. Avec des partenaires comme Ahmadinejad,
Chavez et Poutine, l’ère de paix universelle que certains voient s’ouvrir avec
Obama semble assez compromise. Bref, il est bien beau de proclamer la rupture
et de se faire élire sur le changement, « les faits sont têtus », disait
Lénine. Dans le même temps,
en attendant la « refonte du capitalisme », la mondialisation marchande
continuera à fonctionner. Le capitalisme survivra, en dépit des assauts du dirigisme
et l’on terminera au pire comme Clinton, en adepte du libre échange et de la libre
entreprise, du commerce marchand plutôt que de l’aide publique : « Trade,
not aid ». Ce que nous vivons
aujourd’hui est une réédition d’un conflit vieux comme le monde, entre sociétés
de puissance et sociétés de confiance, entre géopolitique et droits universels,
entre pouvoir et liberté. Si une poussée de socialisme peut laisser prévoir une
crise mondiale à court terme, le réalisme et l’humanisme du capitalisme s’imposeront
à moyen terme. La vérité, c’est que le capitalisme bénéficie d’une supériorité
éthique sur le collectivisme inefficace, injuste et corrupteur. Avec ou contre
Obama, la vérité s’imposera. Nous pouvons y contribuer. Yes we can. Jacques
Garello
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