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| La formule n’est pas de moi, mais d’un fiscaliste de l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) qui a ainsi parfaitement mis en relief les deux caractéristiques majeures du projet de loi de finances présenté aux parlementaires. D’un côté on observe la percée spectaculaire de la fiscalité verte : l’impôt devient une arme écologique, c'est-à-dire idéologique. C’est la nouveauté. D’une autre côté le budget est en déficit, ce qui n’est pas une nouveauté, sauf à préciser que cette année le gouffre atteint des profondeurs abyssales. Toutefois le tour d’horizon des finances publiques ne serait pas complet si on ne faisait aussi allusion au projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, et bien entendu au « grand emprunt », qui est à Nicolas Sarkozy ce que la Grande Arche a été à François Mitterrand. Le
prestige des verts grandissant au fur et à mesure que la planète se refroidit,
il était normal que l’on traduise Grenelle en législation fiscale. La taxe carbone
est évidemment le plus beau fleuron de cette fiscalité verte, la pétition lancée
conjointement par l’ALEPS, l’IREF
et Contribuables Associés a reçu plus de 10.000 signatures. C’est dire qu’elle
est non seulement inutile, injuste, incompréhensible et anti-économique, mais
aussi impopulaire. Voilà une disposition qui risque d’être votée par les représentants
du peuple alors que 80% des gens du peuple y sont opposés. Mais la taxe carbone
est en bonne compagnie. L’autre grande innovation est la référence permanente
à la norme BBC. Il ne s’agit pas de la radio britannique, mais de la norme Bâtiment
Basse Consommation. Désormais, cette norme va sceller le sort du contribuable
et lui dicter son comportement. Voulez-vous continuer à bénéficier du crédit d’impôt
pour l’accession à la propriété (loi TEPA) ? Voulez-vous déduire les intérêts
des emprunts contractés pour vos immeubles ? Voulez-vous investir dans l’immobilier
locatif, neuf ou vieux ? La norme, toujours la norme, va supprimer tout ou
partie des incitations et exonérations fiscales dont vous bénéficiez jusqu’à présent.
D’ailleurs Revenons maintenant à ce qui est plus classique dans notre tradition budgétaire, qui remonte à 1974 : le déficit annoncé de 116 milliards. Dans un de ses derniers articles de conjoncture, Jean Yves Naudet relevait à juste titre trois ambiguïtés. D’abord il s’agit du déficit voté, qui est en nette augmentation (il a doublé) par rapport à celui de 2009 (56 milliards). D’autre part, si la dérive du déficit est égale à celle de l’exécution du budget 2009 (voté à 56 milliards le déficit s’établit en fin de compte à 141 milliards, soit 2,5 fois plus) le résultat pour 2010 serait de 290 milliards ! Enfin, la dérive dépend aussi du taux de croissance de l’économie française, et rien n’indique qu’il sera au niveau estimé par Bercy puisque la politique de relance, comme il fallait s’y attendre, ne relance pour l’instant que le chômage. Tout
aussi classique est le déficit de La plus surprenante des innovations financières de cette année demeurera tout de même le « grand emprunt ». Il est paré de toutes les vertus : il sera d’une haute rentabilité (1.000 euros investis en grands projets publics rapportera un revenu de 2 ou 3.000 euros aux générations futures, sous forme de… (peu importe). L’emprunt marquera aussi la volonté du peuple français de confier son épargne à l’Etat, et pour l’en remercier on servira au ci-devant peuple un intérêt supérieur à celui que paye chaque jour l’Etat français quand il s’adresse à la (maudite) finance internationale pour avoir son milliard d’euros quotidien. C’est bien sûr le même peuple qui assurera le service de la dette avec ses impôts, mais c’est justice sociale : on fait des cadeaux aux pauvres épargnants pour soutirer de l’argent aux riches contribuables. L’Etat a un argument imparable à faire valoir : je suis endetté, mais pour pouvoir vous rembourser la dette, je vous demande de me donner les moyens d’accroître mes revenus en investissant. Cet argument est régulièrement entendu des banquiers et usuriers qui reçoivent des demandes de crédits de clients insolvables. Evidemment, le plus drôle sera le choix des investissements à haute rentabilité. Non seulement il a été démontré depuis fort longtemps que la rentabilité publique est une farce juste destinée à justifier les dépenses publiques, mais avec la mode ambiante gageons que l’on cherchera la rentabilité du côté de la croissance verte. Le vert a la propriété de masquer le rouge. Mais cela on le savait depuis longtemps. Jacques Garello Le
26 octobre 2009
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