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| TRANSMETTRE LA PLANÈTE, TRANSMETTRE LA DETTE | ||||||||||||||||
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Vous devez
vous préparer à vivre au diapason du Grenelle de l’Environnement. Pendant
plusieurs semaines, vous aurez droit aux discours mille fois rabâchés
sur les menaces qui pèsent sur la planète, sur la crise de l’énergie,
sur le pillage des ressources naturelles et les exigences du développement
durable, dont la moindre n’est pas la rupture avec la mondialisation capitaliste. Un tiers
de malthusianisme, un tiers de tiers-mondisme, un tiers de science de
pacotille, et (comme dans la recette de Marcel Pagnol) un bon tiers d’idéologie
collectiviste. Al Gore est le grand prophète de cette nouvelle religion.
Son film sera-t-il projeté à tous nos petits écoliers ? Vous pourrez
bien déplorer ces peurs démesurées, vous n’y changerez rien. Vous serez
écrasés par le rouleau compresseur médiatique, et vous aurez contre vous
la Constitution qui a consacré le principe de précaution, porte ouverte
à toutes les fantaisies et toutes les mesures liberticides. | |||||||||||||||
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L’un des
arguments forts des artisans de Grenelle et de leurs amis est la solidarité inter-générationnelle :
dans quel état allons nous « transmettre la planète » aux futures générations ?
Naguère le commandant COUSTEAU nous faisait pleurer sur le drame de ces grands-pères
qui étaient inconscients de l’héritage dramatique qu’ils allaient léguer à leurs
petits-enfants. Quoi de plus touchant, surtout pour une population vieillissante,
que de marquer sa sollicitude, puis son inquiétude pour les jeunes ? Sénilité
compassionnelle. C’est précisément
là où je voulais en venir. Car s’il est normal que les seniors s’inquiètent pour
les juniors, je pense qu’ils devraient par priorité s’intéresser aux dangers immédiats
et certains courus par les générations futures, au lieu de se focaliser sur des
dangers lointains et incertains. Je me demande même s’il n’est pas habile pour
un grand nombre de gens de dramatiser des évènements à survenir au cours du prochain
millénaire afin de mieux oublier les drames qui ne manqueront pas de se produire
dans les prochains mois. Tant qu’on parle de la planète, on ne s’occupe pas de
la dette. Or, s’il
y a un péril incontestable à affronter dès maintenant, c’est bien celui du poids
de la dette publique et sociale que nos enfants et petits-enfants auront à éponger.
S’occuper du développement durable c’est bien, se soucier des contribuables c’est
mieux. Faut-il rappeler
une fois de plus les chiffres ahurissants qui mesurent la double faillite et de
l’Etat et de la Sécurité Sociale ? La dette de l’Etat est chiffrée officiellement
à 1.200 milliards d’euros ; la vérité amène à y ajouter les dettes des entreprises
publiques et surtout les provisions pour les retraites de fonctionnaires, ce qui
nous mène à 2.200 milliards d’euros. Cela signifie que chaque enfant français,
à sa naissance, aura reçu en « cadeau » de ses aînés environ 20.000
euros ; il saura dès le départ qu’il devra travailler plus d’un an pour payer
l’ardoise. Et cela en dépit du fait que ses parents payent aujourd’hui 45 milliards
d’euros pour le seul service de la dette (paiement des intérêts), soit plus que
le déficit du budget 2008 (41 milliards). Que dire,
encore mieux, des perspectives de la dette sociale ? Les déficits se sont
accumulés depuis des dizaines d’années, le système par répartition est explosif
puisqu’il y a de moins en moins de cotisants pour de plus en plus de bénéficiaires.
On sait que dès 2015 le « trou » pour les seules retraites sera de 40% :
il faudra réduire les pensions d’autant, ou augmenter les cotisations d’autant,
ou partager la poire en deux. Les jeunes ne retrouveront plus, à l’âge de la retraite,
les sommes considérables qu’ils auront versées et qui, capitalisées, auraient
pu leur assurer de vieux jours très confortables. Leur épargne (forcée) aura été
purement et simplement dilapidée (pour un smicard, la perte est de quelque 80.000
euros !). La jeunesse
est donc trompée, spoliée. On ne lui en dit rien, et on fait semblant de s’occuper
de son futur en la prévenant d’une catastrophe (sans doute imaginaire, à tout
le moins très grossie) qui pourrait se produire dans un ou plusieurs siècles.
Il n’y aura plus de glace sur le Groenland ? Quand ? Quelle importance ?
On n’en sait rien, et nul n’en a cure. Posez-vous maintenant les questions :
« Il n’y aura plus de retraite décente pour les Français. Quand ? Dans
moins de vingt ans. Quelle importance ? Les seniors vivront de la charité
privée et familiale, s’il reste encore quelque chose aux juniors après avoir payé
leurs impôts ». Il est donc
très facile d’évacuer les problèmes actuels en s’occupant de régler les problèmes
du quatrième millénaire. L’Etat, incapable de gérer le présent, revendique la
gestion du futur. Pour calmer
quelques sceptiques, et pour faire semblant de ne pas ignorer totalement les inquiétudes
nées dans quelques esprits chagrins, on va prendre quelques mesures de détail,
sans rien changer ni à l’Etat ni à la Sécurité Sociale : on modifie le calcul
des cotisations, on diminue les prestations et on « responsabilise »
les assurés, on admet finalement que les plus lucides auront le droit de travailler
plus longtemps et de s’assurer contre la faillite de l’assureur. Seuls les gens
en pleine santé et à revenus suffisants seront ainsi à l’abri, et pourront être
prévoyants pour eux et leurs descendants (encore heureux qu’on ait allégé les
droits de succession). Mais les vrais laissés pour compte sont d’ores et déjà
les personnes fragiles et désargentées. Voilà le système « le plus social
du monde », voilà la « solidarité au sein de la nation » ! Chers amis
lecteurs, je vous prie instamment de ne pas perdre votre temps avec ce Grenelle-ci,
qui ne produira qu’impôts et réglementations supplémentaires, et de faire savoir
à vos enfants, petits-enfants et à leurs copains et copines qu’ils devraient bien
s’alerter du signal lancé par l’Etat Providence et les écologistes de tous bords :
qu’importe la dette, pourvu qu’on sauve la planète !
Jacques
Garello
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