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UN PEU D’HISTOIRE… Je reviens avec insistance sur l’autodestruction
du capitalisme. Supposons le capitalisme détruit, quelles seraient les
solutions alternatives ? Si l’on exclut le collectivisme socialiste
(qui retrouve des partisans), on peut s’orienter vers un capitalisme « dirigé »
ou « régulé ». Ceux qui en parlent ignorent en général que nous
sommes déjà soumis à un tel régime, et que la situation actuelle est précisément
due aux erreurs du dirigisme et de la réglementation. Mais ils gardent
aussi une certaine nostalgie du passé, et on entend évoquer ici un « New
Deal européen », là un « nouveau Bretton Woods ». Mise
en place d’un gouvernement économique européen ou mondial : le remède
miracle serait donc un pas de plus dans cette « troisième voie »
qui est en réalité une impasse. Les idolâtres des Etats devraient se remettre
en mémoire l’histoire du New Deal et celle de Bretton Woods. Le New Deal, dit-on, aurait sauvé le capitalisme
de la crise qu’il aurait connue en 1929 Rappel historique # 1 : la crise de 1929 a été
préparée par les erreurs de politique monétaire de la Federal Reserve,
dans le soutien irréfléchi des spéculateurs de Wall Street mis en difficulté
par la faillite des chemins de fer et de la sidérurgie, issue que voulaient
retarder les banques engagées dans ce secteur (Pierpont Morgan par exemple).
Il y avait aussi des créances douteuses, comme les sommes qui devaient
être versées par les Allemands au titre des « réparations »
(« L’Allemagne paiera », ce qui était doublement stupide). Rappel historique # 2 : le Président HOOVER
a cru enrayer la crise en faisant couper les crédits à l’économie américaine,
y compris aux entreprises les plus saines. La masse monétaire a été amputée
d’un tiers. La politique « déflationniste » a achevé le blessé. Rappel historique # 3 : Quand ROOSEVELT est
élu, en 1932, le taux de chômage commence à se stabiliser (12 millions
de chômeurs). Le New Deal ne le réduira pas, en dépit d’un gonflement
considérable de la dette publique. En 1939, il sera encore de 17%, touchant
10 millions d’Américains. Le New Deal n’a pas été le sauvetage que l’on
croit, il a plongé les Etats-Unis dans le socialisme. Rappel historique # 4 : C’est l’administration
ROOSEVELT qui crée Fanny Mae, un fonds public destiné à financer l’accès
à la propriété des Américains désargentés. Le crédit immobilier irresponsable
date de cette époque, il n’a cessé pendant soixante ans de perturber
la finance des Etats-Unis, Fannie (et son petit frère Freddie) détiennent
actuellement un quart des créances immobilières non recouvrées. C’est
le contribuable américain qui paiera. La conférence de Bretton Woods, dit-on, aurait institué
un système monétaire mondial solide, sous la garde du Fonds Monétaire
International. Rappel historique # 5 : Le système mis en place
est celui du Gold Exchange Standard, qui remet le sort des monnaies du
monde entier entre les mains de la politique monétaire américaine. En
effet toutes les monnaies ont une parité fixe en dollar, lui-même convertible
en or à prix fixe (« la devise-or vaut l’or »). La solidité
du système repose sur la solidité du dollar et sur le respect par les
Etats de la parité fixe sur laquelle ils se sont engagés. Rappel historique # 6 : La FED américaine ne
fabriquera jamais la quantité de dollars nécessaire aux échanges internationaux.
Après avoir restreint l’émission et causé un manque général de liquidités,
la FED fera tourner à toute vitesse la planche à billets verts, surtout
pour soutenir l’effort financier de la guerre au Viet Nam. Le dollar
inonde l’Europe (« eurodollars ») et crée une inflation à
deux chiffres et la convertibilité du dollar en or est de plus en plus
virtuelle ; elle sera supprimée le 15 août 1971. Rappel historique # 7 : Les soi-disant parités
fixes ne seront jamais respectées. En dépit de leur interdiction dans
les statuts du FMI, dévaluations (et parfois réévaluations) se succèdent.
On passera des parités fixes à des parités fluctuantes à l’intérieur
d’un « tunnel » mais les monnaies sortent du tunnel ! Rappel historique # 8 : Les membres de l’Union
Monétaire Européenne essaient de stabiliser leurs monnaies nationales,
d’abord avec un « serpent » (variété de tunnel), puis autour
d’une unité de compte virtuelle, l’écu. Ils n’y parviendront pas davantage.
En 1981-1983 le gouvernement Mauroy-Delors dévaluera trois fois le franc
français. Cela me permet de conclure sur deux théorèmes historiques
plus larges : Rappel historique # 9 : Promptes à créer des
déséquilibres, les interventions publiques sont incapables de les résorber,
et les aggravent. Rappel historique # 10 : Les Etats ne respectent
jamais les engagements qu’ils prennent. Après le choc pétrolier de 1974, qui a trouvé toutes
les économies occidentales en pleine déconfiture, avec des taux d’inflation
et de chômage à deux chiffres, les leçons de l’histoire semblaient avoir
été comprises. Milton FRIEDMAN avait mis en évidence les méfaits des
politiques monétaires laissées à la discrétion des banques centrales,
Jacques RUEFF avait expliqué l’insanité du système de Bretton Woods,
Friedrich HAYEK avait démontré comment les manipulations de taux d’intérêt
conduisent au « mal-investissement » et au chômage. Le monétarisme
triomphant, les banques centrales
s’étaient décidées à limiter la croissance de la masse monétaire, et
la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change
variables sur le libre marché des devises – la bonne monnaie se chargeant
de chasser la mauvaise. Mais le mal était n’était pas éradiqué, et progressivement
monnaie et finance sont repassées sous le contrôle des Etats, par le
biais des pressions politiques. On a délaissé la rigueur sous des prétextes
divers. Dernière leçon de l’histoire: les illusions ont toujours
une fin, et la vérité vaincra. Citation historique : « Pour détruire l’Occident
il suffira de pervertir sa monnaie » (Lénine). Jacques
Garello
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