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AUTODESTRUCTION DU CAPITALISME |
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Cette belle
expression est de Joseph STIGLITZ, incontournable autorité scientifique
dans le domaine de l’économie si l’on en juge par sa présence dans les
médias. Elle résume une thèse bien connue : par ses excès le capitalisme
court à sa propre perte, et l’ouragan financier qui déferle sur les Etats-Unis
va emporter les derniers vestiges d’un système condamné. |
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Il se trouve
pourtant que le capitalisme, l’entrepreneur, le marché, le profit ont
survécu après sept cents ans d’histoire, et ont surmonté des crises toujours
saluées comme les dernières, celle de 2008 comme celle de 1929. Encore
plus troublant : le système collectiviste et planificateur qui prétendait
se substituer au capitalisme, a disparu dans un gouffre économique et
un drame humain. Ce décalage
entre la pensée et la réalité vient non seulement d’un aveuglement idéologique
mais aussi d’une erreur d’analyse de ces fameuses crises. Et je me fais
un devoir de donner une fois de plus une lecture rigoureuse de ce qui
est à l’origine de la débâcle financière actuelle : ce n’est pas
le capitalisme qui est en cause, mais bien les interventions publiques
et les politiques monétaires et budgétaires qui ont prétendu faire fi
des lois du marché. Un système
financier ne peut fonctionner qu’avec des acteurs responsables. Banques,
intermédiaires financiers, compagnies d’assurance, fonds de pension doivent
assumer les conséquences de leur gestion. Malheureusement, cette obligation
est noyée dans un contexte d’argent bon marché (easy money). En effet,
les gestionnaires du crédit savent pouvoir compter sur le soutien de la
banque centrale qui leur permettra de se procurer à bon compte les liquidités
qui leur manquent parce qu’ils se sont mis en mauvaise posture. La banque
centrale a le pouvoir de fabriquer ex nihilo autant de liquidités qu’elle
désire. Elle peut sans doute s’imposer une auto-limitation. On en connaît
le principe sous le nom de règle de Friedman : l’inventeur du monétarisme
avait établi qu’une économie en croissance a un besoin de liquidités monétaires
lui aussi croissant, mais à un taux constant, de la sorte il est dommageable
pour l’économie de fabriquer plus ou moins de monnaie qu’il est nécessaire,
et la banque centrale doit donc rejeter les politiques monétaires « discrétionnaires »,
c'est-à-dire inspirées par les fluctuations conjoncturelles inéluctables :
il faut savoir garder le cap et ne pas se fier à la moindre variation
d’indice, ou au moindre mouvement boursier, il faut résister aux pressions
des gouvernements désireux d’arranger leurs finances publiques. Or, cette discipline a été abandonnée depuis fort longtemps. Milton FRIEDMAN n’a cessé de fustiger Alan GREENSPAN, champion des manipulations de taux d’intérêt et destructeur du dollar. La croissance
immodérée de la masse monétaire américaine, assortie de taux d’intérêt
artificiellement faibles, a orienté les investisseurs américains vers
des crédits de plus en plus fantaisistes, le pire étant atteint avec les
« subprimes », crédits « audacieux » mais rentables
(on peut demander à l’emprunteur de payer plus puisqu’il n’a pas la surface
financière suffisante pour obtenir un crédit classique). Les financiers
ont poursuivi leurs démarches commerciales en toute irresponsabilité,
sachant qu’en cas de coup dur, ils pourraient reconstituer leurs liquidités
à bon compte. Quand la masse des emprunteurs n’a pu honorer ses engagements,
les financiers ont été placés devant une crise de liquidités, mais le
secours de la FED n’a pas été suffisant dans certains cas, concernant
les plus imprudents : on en vient à la nationalisation et au soutien
de l’Etat (en effet contraires au capitalisme qui suppose la propriété
privée du capital) ou à la faillite pure et simple. Manipuler
la monnaie, fixer les taux, administrer les prix, réglementer sans cesse :
voilà les pratiques contraires au marché et au capitalisme. La crise actuelle
n’est que la rançon de ces pratiques, elle devrait inspirer un radical
retour à l’ordre marchand dans le domaine financier. Le capitalisme financier
a été perturbé, dévoyé par l’Etat. De la sorte,
prôner une régulation mondiale alors même que les régulations nationales
ont été si néfastes est une utopie. Voudrait-on risquer l’explosion du
système financier mondial, avec de lourdes conséquences sur la marche
de l’économie réelle ? Je vous rassure
donc : le capitalisme ne peut s’autodétruire, puisqu’il s’inscrit
dans la nature et dans le progrès de l’humanité, parce qu’il est fondé
sur la propriété privée, c'est-à-dire la responsabilité de ses actes,
et sur la volonté de « capitaliser », c'est-à-dire de préparer
un avenir meilleur au lieu de vivre au jour le jour en subissant la misère
et l’esclavage. Jacques
Garello
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