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A ce mot,
tous ont crié haro sur le baudet, ce pelé, ce galeux d’où venait tout
le mal : ce ministre au langage direct, qui osait dire tout haut
ce que des millions de Français pensaient tout bas. Hélas il n’avait pas
compris qu’il existe un terrorisme intellectuel dans ce pays. Il y a des
mots à ne pas prononcer, il y a des choses à ne pas faire. Cette forme
de terrorisme est aussi dangereuse que le terrorisme des attentats, des
enlèvements, parce qu’elle tétanise les pouvoirs publics, et encourage
l’escalade de la violence.
Après avoir
ainsi donné, sans aucune originalité, mon point de vue sur les nuits d’émeute
et les réactions insipides ou révoltantes qu’elles ont appelées, je voudrais
essayer d’aller un peu plus loin dans l’analyse de ces drames.
Au cœur de
ces drames, comme l’ont relevé certains de mes amis, se trouvent les politiques
de l’immigration et de l’éducation. Depuis un demi siècle, les gouvernements
successifs ont fait preuve d’aveuglement, et n’ont pas compris que toutes
les difficultés nées de l’immigration et l’éducation ne provenaient en
fait que des institutions et des initiatives propres à un Etat Providence.
L’immigration ?
Elle devient sauvage et abusive quand les immigrants ne sont pas là pour
travailler et s’intégrer à la communauté nationale, mais uniquement pour
bénéficier de ces fameux « droits sociaux » que l’on a si largement
dispensés. La Sécurité Sociale est une source permanente d’irresponsabilité,
de parasitisme, de tricherie, elle invite au non-travail,
au non-mérite, au non-respect. Les enfants de
ces immigrés, même nés en France, voient leurs parents et leurs voisins
vivre de l’assistance publique : pourquoi aller à l’école, pour s’astreindre
au moindre effort, à la moindre discipline ? Ils ont compris comment
fonctionne le système : le chômage et le marché clandestin rapportent
plus qu’une occupation honnête au service de la communauté. Dans ses ouvrages
devenus célèbres, le grand économiste Thomas SOWELL a démontré comment
le marché est la plus extraordinaire machine à brasser les hommes de toutes
origines, et c’est ce qui explique une part du miracle américain :
tout le monde est obligé de tenir sa place dans l’effort national car
sans effort pas de revenu. La France, comme certains autres pays, préfère
les revenus de redistribution aux revenus d’activité, et le secteur marchand
s’est réduit comme peau de chagrin à cause de l’expansion extraordinaire
du secteur public.
L’éducation ?
Il est vrai que le marché ne suffit pas à intégrer les communautés immigrées.
Il faut aussi compter avec la famille et l’école. La famille peut inculquer
certains principes moraux, mais la famille immigrée peut difficilement
aider l’enfant dans ses études. Elle se décharge sur les enseignants.
Mais où en est l’école française ? Elle n’apprend plus rien des bases
du savoir, et les enfants ne reçoivent pas le minimum d’aptitude à la
lecture, à l’écriture, au calcul, qui leur permettrait de révéler et de
développer leurs talents. Ils sont interdits de progrès personnel.
Comment s’étonner
de ce résultat quand on a un système bureaucratique, où tout sens des
responsabilités, là encore, a disparu, où les parents n’ont aucun choix,
où les meilleurs maîtres sont vite découragés par le climat délétère que
font régner des syndicats politisés ? Le mammouth n’éduque pas, il
écrase. Pour réprimer la criminalité dans les quartiers chauds de New
York, GIULIANI n’avait pas hésité à laisser se créer des centaines d’écoles,
dont chacune avait sa spécificité ; elles étaient privées, publiques,
confessionnelles, laïques, mais l’important c’était que les familles aient
le choix et trouvent ce qui convenait le mieux à leurs enfants. Toute
la scolarité a été financée par des bons scolaires remis aux familles
de ces quartiers. Les enfants sont retournés à l’école, ils n’étaient
plus dans la rue, ils ne vendaient plus de la drogue, ils ne pratiquaient
plus le racket, ils ne brûlaient plus les voitures.
Oui, soyez
en persuadé : c’est l’Etat Providence qu’il
faut brûler.
Des flammes
de l’Etat Providence pourrait renaître un Etat
digne de ce nom, celui qui n’est pas prêt à s’aplatir devant le premier
syndicaliste venu, pas prêt à s’émouvoir à la première grève annoncée,
pas prêt à céder au fanatisme, celui qui a le devoir et les moyens de
protéger les biens et les personnes. On nous a rebattu les oreilles de
campagnes sécuritaires, et on a d’autant plus parlé de sécurité qu’on
était incapable de l’assurer. L’Etat Providence a tué l’Etat gendarme.
Quand l’Etat n’est plus respectable, il n’est
plus respecté.
Jacques
Garello
Le 14 Novembre 2005
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