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| TRENTE ANS PLUS TARD | |||||||||||||
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Chers amis
lecteurs et abonnés de la Lettre, je n’aurai pas le plaisir hebdomadaire
d’être avec vous jusqu’à la veille de la trentième Université d’Eté de
la Nouvelle Economie. Rassurez-vous : je ne mettrai pas la tête dans le sable comme les autruches. L’éditorial que j’avais écrit début juillet 1995 m’avait valu un commentaire du Monde (hommage du vice à la vertu) et avait inspiré à Alain MADELIN le titre de son livre « Quand les autruches relèveront la tête ». A l’époque j’avais été tellement déçu par les premiers mois du ministère JUPPE que je ne voulais pas voir ce qui allait se passer. | ||||||||||||
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La suite m’avait donné
raison : après le renvoi massif de tous les libéraux du gouvernement,
et le retour à l’étatisme pur et dur et à l’énarchie revancharde, la contre-attaque
syndicale et gauchiste fut un grand succès, et moins de deux ans plus
tard ce fut le retour des socialistes. Une telle mésaventure ne risque
pas de se reproduire, n’est-ce pas ?
Pleinement
rassuré sur la détermination et l’orientation de nos gouvernants, à quelques détails
près (les pages qui suivent évoquent les doutes que les libéraux peuvent avoir),
je meublerai ce temps libre pour me consacrer à la préparation de ce grand anniversaire
de l’ Université d’Eté. Je
rappelle d’abord les circonstances dans lesquelles cette aventure a commencé.
En 1977 s’était constitué le groupe des « Nouveaux Economistes ». Nouveaux
parce qu’ils rompaient avec une tradition bien installée en France à l’époque :
la tradition étatique, macro-économique, planificatrice, évoluant entre le marxisme
stalinien et le keynésianisme socialiste. Enfin des économistes qui parlaient
du marché, de la liberté économique, du profit et de la propriété privée !
Ils citaient des auteurs nouveaux : Hayek, Friedman, Mises, les Autrichiens,
les gens de Chicago. Pas si nouveaux toutefois, parce que la « nouveauté »
n’était que la redécouverte des grands principes de la science économique et de
la philosophie libérale des XVIII° et XIX° siècle : des lois universelles
et intemporelles dont l’origine n’est autre que la nature de l’être humain porté
vers un progrès personnel à travers le libre service des autres. En
trente ans, la « Nouvelle économie » a attiré à Aix des centaines de
personnalités et des milliers d’étudiants venus de tous pays. Toutes les disciplines
se sont combinées : économie, droit, science politique, sociologie, histoire,
philosophie. Plusieurs prix Nobel, plusieurs chefs d’Etat, plusieurs entrepreneurs,
plusieurs parlementaires, se sont succédé à la tribune. La renommée de l’Université
est aujourd’hui mondiale, mieux assurée d’ailleurs dans les pays étrangers que
dans notre pays. Car
trente ans plus tard, tout est encore à faire en France. A plusieurs reprises
nous avons cru que les idées de la liberté allaient faire leur chemin chez nous
comme ailleurs, mais les espoirs ont toujours été déçus, trahis le plus souvent
par la classe politique, mais aussi par l’ignorance économique qui paralyse notre
pays, et par la puissance des corporatismes. Notre pédagogie n’a pas été suffisante
pour faire comprendre aux Français les exigences des lois économiques, les risques
de la servitude et du déclin, et les perspectives de la libération d’un joug étatique
séculaire. Aujourd’hui, comme il y a trente ans, les vieilles lunes du socialisme
et du dirigisme sont réapparues, la pensée unique triomphe, et rejette les réalités
au prétexte d’ « exception française ». Il
y aurait de quoi décourager les meilleures volontés, dont la mienne, et me faire
dire que ces trente ans ont été perdus. Je n’en ferai rien, parce que l’Université
d’Eté a été et demeure un lieu et un moment de découverte, de rencontre et de
motivation. La découverte a été scientifique : les derniers développements
des science sociales sont venus jusqu’à nous. Elle a été politique : les
pays étrangers ont quitté la route de la servitude et se sont adaptés aux mutations
du monde contemporain. La rencontre a permis de faire connaissance avec l’aréopage
des intellectuels du monde entier (dont de très nombreux membres de la Société
du Mont Pèlerin), et de créer des liens étroits au sein de la famille libérale
française, sans aucune exclusive, dans un climat de mutuelle compréhension et
de bonne coordination. Restent les projets, et la motivation pour les rréaliser.
Ils ont été nombreux à être nés à l’occasion de nos universités : la participation
à la croisade pour les libertés, et notamment la liberté scolaire, contre le programme
commun de la gauche, la diffusion de la connaissance économique auprès du personnel
des entreprises, la création d’un vrai parti libéral autour de la « bande
à Léo », l’accueil des jeunes étudiants d’Europe de l’Est épris de liberté
et l’organisation de séminaires à leur intention, le développement de nos revues
et la formation de nos jeunes collègues universitaires, le soutien de notre candidat
libéral en 2002, l’engagement pour l’Europe des libertés et contre l’Europe des
politiciens, et enfin plus récemment la campagne contre l’harmonisation et pour
la concurrence en Europe, notamment les travaux en faveur de la concurrence fiscale.
A Aix, on prend une bouffée d’air libéral pour l’année. Cette
trentième université ne faillira pas à sa mission. Plus que jamais, la famille
libérale doit se réunir, se motiver et se renforcer. Le travail effectué sur le
Guide du candidat et sa diffusion augurent bien de l’efficacité des efforts conjoints.
Les élections n’ont pas réglé les grands dossiers de la réforme: chômage, fiscalité,
protection sociale, éducation nationale, structures européennes. J’invite
donc tous ceux qui le peuvent à nous rejoindre à Aix à la fin du mois d’août,
et je prie les autres de suivre avec attention nos travaux, et de s’associer à
nos initiatives dès la rentrée. J’ai indiqué la « feuille de route »
que nous devons donner à nos nouveaux dirigeants. Nous avons nous-mêmes à avancer
sur le chemin de la liberté. Jacques Garello Le 25 juin 2007
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