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DEMANDEZ LE PROGRAMME ! |
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J’ai été
atterré par les résultats du sondage BVA Figaro LCI publiés vendredi
dernier, qui donnait les réponses d’un échantillon représentatif des
électeurs français aux questions posées sur le « projet socialiste ».
Je crois nécessaire d’y revenir, même si une semaine complète est déjà
passée : pas de raison pour que l’opinion des Français ait changé
en si peu de jours. Hélas ! Après cette
première réaction de stupeur, j’ai cherché des explications logiques
à ce qui peut paraître aberrant à un esprit cartésien. Je vous en proposerai
quelques-unes, mais je retiens finalement celle-ci : il nous faut
d’urgence proposer aux Français un vrai programme alternatif qui puisse
les faire rêver à la liberté. |
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Il y a bien
de quoi être stupéfait. Globalement, tout le monde applaudit des deux
mains au projet socialiste. 92% des sondés approuvent le développement
des services publics dans le domaine de la petite enfance et de la formation.
Cela prouve d’une part que les Français préfèrent confier leurs enfants
à l’Etat, à la crèche municipale plutôt que de s’en occuper, d’autre
part qu’ils n’ont tiré aucune leçon du système public de formation, qui
a totalement échoué à adapter les jeunes et les autres aux exigences actuelles
de la vie économique, fabriquant une génération entière de sous-qualifiés
et de chômeurs. 82% des sondés
sont d’accord pour le SMIC à 1.500 euro. Ils ignorent sans doute que le
SMIC est parmi les plus efficaces facteurs de chômage, et que son relèvement
pénalise par priorité les gens peu qualifiés, les jeunes et les femmes.
D’ailleurs, si la hausse du SMIC avait de telles vertus économiques et
sociales, stimulant la croissance et réduisant les inégalités, pourquoi
s’arrêter en si bon chemin ? Les Verts, plus éclairés, proposent
1.800 euro. Qui dit mieux ? 68% des citoyens
acceptent le vote dans les consultations municipales des immigrés installés
chez nous depuis 3 ans. Pourquoi pas, s’ils payent des impôts et ne recherchent
pas des privilèges ? Mais j’en doute… Les homosexuels
sont les bien aimés des sondés : 60% des Français sont en faveur
des mariages gays et 48% pour leur reconnaître le droit à l’adoption.
La famille et la démographie françaises vont s’en trouver sans doute confortées. Dans le domaine
des réformes économiques, 56% sont pour la fusion de l’impôt sur le revenu
et de la CSG, pour évidemment accentuer la progressivité des prélèvements,
faire payer un peu plus les « riches » et exonérer un plus grand
nombre de « pauvres ». Il faut bien sûr supprimer le CNE :
il a le tort de créer des emplois ! Pour couronner le tout, renationalisons EDF (52%). Ce qui est
ahurissant c’est que ces réponses ne font pas apparaître un écart sensible
entre les sympathisants de gauche et ceux de droite, bien qu’évidemment
les premiers soient plus proches du projet du PS. On notera aussi que
les gens de droite, pour les deux tiers, estiment que le Parti Socialiste
au pouvoir ne ferait ni mieux ni moins bien que le gouvernement actuel. Voilà d’ailleurs
une première explication : à force d’avoir des gouvernants de droite
qui font une politique de gauche, les gens ont perdu tout repère et toute
lucidité. On peut leur demander n’importe quoi : ils sont d’avance
résignés, ils n’ont plus rien à perdre. Une deuxième
explication est que l’esprit des Français est déjà complètement acquis
au projet socialiste, parce qu’il est imprégné en permanence de discours,
de thèmes socialistes, et parce qu’un consensus national s’est peu à peu
formé autour de quelques idées simplistes mais fortes : les services
publics « à la française » sont une bonne chose, la distribution
de pouvoir d’achat allie l’efficacité économique et « la justice
sociale » et pour s’enrichir il suffit de voter des salaires plus
élevés, la réforme fiscale ne peut être à base de « cadeaux faits
aux riches ». Ces leitmotivs ont été repris dans tous les médias
et par la plupart des politiciens, tous partis confondus. Les Français
sont entrés en socialisme sans l’avoir voulu, sans l’avoir su. Aujourd’hui
si on leur fait subir un test de virus socialiste ils sont séro-positifs.
Vient alors
la troisième explication : les Français n’ont pas reçu l’antidote
libéral, ils ont échappé à la campagne de vaccination menée dans la plupart
des pays libres. La pensée libérale n’a aucune expression politique :
aucun leader, aucun parti. Tous les gens de gauche, et beaucoup à droite,
pensent que nous sommes immergés dans « l’ultra-libéralisme »
alors que nous nous noyons dans le collectivisme et l’étatisme. Comme
ils n’ont jamais entendu Mozart ni Verdi, ils n’aiment pas l’opéra. L’ignorance
du libéralisme, c’est l’ignorance non seulement des lois élémentaires
de l’économie, qui exigent la libre entreprise et le libre échange, mais
aussi des principes de l’harmonie sociale, à base d’état de droit, de
respect du droit naturel et de solidarité volontaire. La quatrième
et dernière explication, à laquelle je me tiendrai finalement, c’est que
les libéraux n’ont pas encore su faire passer leurs idées dans le grand
public. Il est vrai qu’ils ne peuvent pas compter sur les hauts parleurs
que sont les politiciens et les journalistes, tous hostiles ou ignorants.
Mais comment présenter le libéralisme dans toutes ses dimensions, et le
résumer dans un programme simple ? Plusieurs tentatives ont été faites
dans le passé, je pense notamment aux initiatives de l’ALEPS
en 1974, 1986 et 1993, en peine perdue ; je pense aux livres couronnés
par notre Grand Prix Annuel, et notamment à celui du président du jury,
Pascal Salin (« Libéralisme »). Mais il faut sans doute remettre
notre ouvrage sur le métier. Je m’y emploie avec quelques autres, et peut-être
pourrons-nous vous dire bientôt : « Demandez le programme ! »
Si vous nous aidez à le diffuser, les sondages pourraient peut-être s’infléchir…
Le ferez-vous ? Jacques
Garello
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