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DU DECLIN A LA RENAISSANCE |
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« Pourquoi
la France ne fait plus rêver » : c’est le titre du dernier ouvrage
de Guy MILLIERE, un recueil de pensées qui s’inscrit dans le prolongement
de « Cet Etat qui tue la France » de Nicolas LECAUSSIN, et du
non moins célèbre « La France qui tombe » de Nicolas BAVEREZ.
C’est dire que nous ne manquons pas de « déclinologues »
de qualité. |
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Et je suis
fier de l’être, en dépit des accusations que
le Premier Ministre et certains autres ne cessent de porter contre ceux
qui ont la naïveté ou la lucidité de vouloir dire la vérité sur l’état
actuel de notre société et son évolution. Etre déclinologue,
c’est le contraire d’être politiquement correct, puisque la doctrine officielle
est de clamer que tout va très bien, en dépit des déficits, des émeutes,
de la criminalité, des scandales, des grèves et des faillites. Etre déclinologue, c’est dire la vérité, mais c’est aussi dire
l’espoir. La vérité ?
Un produit rare dans les médias et le débat public. Je prends au hasard
quelques histoires racontées ces derniers jours.
Bercy publie des chiffres démontrant que la France est une « terre
d’accueil des investissements internationaux » : en effet il
ne manque pas de capitaux étrangers pour acheter à vil prix quelques fleurons
de notre patrimoine que les Français sont acculés à liquider pour survivre…
ou s’en aller ailleurs. Messieurs VILLEPIN et BORLOO se disputent la paternité
d’une réduction statistique du chômage, alors qu’aucun emploi n’a été
créé dans le secteur marchand, et que les emplois publics ou aidés portent
en germes une nouvelle vague de chômeurs. Le Ministre de l’Intérieur
est content de lui, alors que les agressions et violences sur les personnes
ont fait un bond spectaculaire. La Sécurité Sociale aurait été sauvée
par la réforme de l’assurance maladie mais les hôpitaux fonctionnent mal,
les médecins et les infirmiers disparaissent. Quant au déficit global
de notre chère Sécu il ne serait que de 11 milliards alors qu’on prétendait
revenir à l’équilibre. On a toujours nié l’explosion du régime des retraites
et refusé la capitalisation, mais aujourd’hui on envisage sérieusement
de remettre les séniors au travail pour qu’ils
puissent vivre décemment. Enfin la France donnerait l’exemple de la solidarité
et du développement durable en taxant les billets d’avion, et serait une
nation de référence dans la diplomatie mondiale, alors que notre voix
n’est plus entendue ni en Europe ni ailleurs, parce que notre Président
nous a déconsidérés par ses amitiés suspectes avec les dictateurs, par
son altermondialisme, par son nationalisme qui
fait écho au « patriotisme économique ». Du côté de
l’opposition, le mensonge est aussi le mode préféré de communication.
Toute réforme timidement lancée et promptement retirée est présentée comme
une victoire de l’ultra-libéralisme et une atteinte
aux droits acquis. Au lieu de voir les problèmes français comme la conséquence
inéluctable des rigidités, des privilèges et des protections, c’est la
mondialisation qui est mise en accusation. Madame ROYAL fait des réserves
sur les 35 heures mais elle demeure attachée à leur maintien. Elle plaide
pour le retour à l’ordre et à la responsabilité des parents, alors qu’elle
a été naguère l’une des inspiratrices des attaques contre la famille.
Elle veut séduire la droite tout en proclamant sa fidélité à la gauche.
En face, ceux de la droite ne désespèrent pas de séduire la gauche. A
coup sûr les mois à venir seront marqués par la langue de bois et la désinformation ! Ainsi les
Français sont-ils soumis au mensonge permanent. Les premières victimes
sont les jeunes, que l’on entretient dans l’utopie d’une société sans
risque, sans effort et sans responsabilité. Le président de la Sorbonne
vient à point nommé rappeler que cette jeunesse est manipulée, gaspillée,
et inadaptée. Or les jeunes, plus que les autres, ont besoin d’espoir. Je prétends
que les déclinologues, les vrais, leur apportent
cet espoir. Dans la plupart des ouvrages qui traitent du mal français,
il est fait référence à ce qui se pratique ailleurs, dans le monde anglo-saxon
tant haï (le mensonge est évidemment passé par là), ou chez des peuples
qui ont notre sympathie – comme les Canadiens. Le premier espoir, c’est
de renoncer à l’exception française et d’accepter les lois universelles
de la prospérité économique et de la paix sociale. Ces lois sont celles
de la liberté et de la responsabilité. Les déclinologues disent encore qu’il y a déclin quand il y a
perte de la foi, quand triomphe le relativisme, quand on n’a plus aucune
certitude, plus aucune valeur morale et spirituelle de référence. Quand
se détruisent les cellules de la société que sont les familles, les communautés,
quand la société civile est écrasée par l’omniprésence de la société politique,
quand on cherche des boucs-émissaires et quand
la peur s’installe. Le deuxième espoir c’est donc de retrouver l’éthique
de la civilisation, le respect de la vie, la fidélité dans les engagements,
c’est d’accepter les différences tout en honorant les permanences :
permanence de la dignité de la personne humaine, permanence de l’esprit
de service et d’échange. Voilà qui requiert éducation, formation, savoir,
travail : sources de libération de l’abrutissement et de l’anéantissement
collectifs, sources d’épanouissement personnel. Ainsi, dire
l’espoir, c’est aussi dire le chemin de la vérité. Dénoncer le mensonge,
c’est bien. Expliquer comment passer du déclin à la renaissance, c’est
mieux. Jacques
Garello
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