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Ils ont en effet la coupable habitude de polluer
le ciel politique de notre pays par des émissions de fumées dangereuses
pour la population.
Comment en effet ne pas comprendre que leur zèle écologiste
n’est qu’un rideau de fumée destiné à masquer leurs échecs successifs ?
Ce rideau de fumée est fait de pure propagande et d’impures pensées ;
les échecs, eux, sont bien réels.
Pure propagande que ce néo-malthusianisme qui
porte le faux nez de la science. Malthus a prédit le cataclysme industriel :
les crises, la misère, la famine, la surpopulation. Ce catastrophisme
a fait son succès, et a permis à Marx de dénoncer la propriété privée,
base du capitalisme et source de tous les maux. Après un siècle d’aberrations
intellectuelles et de vraies catastrophes totalitaires, on croyait en
avoir fini avec Malthus, Marx et leur rejeton Keynes. En 1968 le Club
de Rome a fait irruption sur la scène publique internationale et à partir
d’un rapport « scientifique » du MIT, aussi solide que la « loi
de Malthus », quelques beaux esprits ont démontré la fatalité de
l’épuisement des ressources, de la surpopulation mondiale et prôné la
croissance zéro. Voilà qui a donné aliment aux hippies des campus américains,
puis aux soixante-huitards. Eux aussi voulaient abattre le capitalisme
mangeur de nature et destructeur de futur. Avec l’effondrement de l’empire
soviétique et la mise en évidence des drames humains du totalitarisme,
avec la chute du mur de Berlin, les optimistes ont cru à « la fin
de l’histoire » : la liberté et le bon droit allaient triompher.
C’était compter sans l’acharnement des exploiteurs
d’humanité. Dès 1991 la conférence de Rio permettait aux rouges de se
peindre en vert, on inventait le développement durable, ce poison qui
est en train de durablement bloquer le développement des pays pauvres
et de ruiner les pays riches qui l’ont ingéré : non au commerce,
non à la croissance toujours sauvage et à la domination toujours américaine.
Il faut reconnaître que la batterie des armes « scientifiques »
s’est grandement enrichie : réchauffement de la planète, alimentation
artificielle, disparition des forêts et des baleines, pics de pollution
atmosphérique, pillage des ressources du tiers monde, surconsommation
énergétique. Voici l’humanité cernée, toujours par les mêmes démons :
la loi du profit, les multinationales, les gnomes de Zurich et les spéculateurs
de Wall Street. Je
n’ai pas le temps ici d’en dire plus sur les exagérations, voire les mensonges
et manipulations, qui sont derrière les allégations qui se veulent scientifiques
et qui ne sont qu’idéologiques, mais qui ont exploité l’ignorance et la
naïveté du grand public, aujourd’hui comme hier.
Là dessus nos gouvernants se mettent à « penser »,
à la façon qui leur est coutumière : hurlons avec les loups, cela
fera entrer les moutons dans notre bergerie. Plus écolos qu’eux tu meurs.
Et ils détiennent le remède miracle, l’arme absolue de la loi et, pour
faire bonne mesure, de la constitution. Dans un article puissant paru
dans « Le Monde » du 12 Mai, Alain Madelin a montré l’insanité
de l’idée d’introduire le principe de précaution dans la constitution.
C’est un risque pour le progrès de la science et de la connaissance, dont
l’avancée implique l’expérimentation qui laisse place à l’erreur, tandis
que le risque zéro est source de sclérose puis de régression. C’est un
risque pour le droit, car cette idée préjuge de l’irresponsabilité des
actions humaines avant même qu’elles existent, l’homme libre est présumé
coupable. C’est un risque pour la démocratie, car elle attribue les pleins
pouvoirs à l’Etat légitimé dans toutes ses interventions.
Elle donne « un extraordinaire pouvoir aux marchands de peur, aux
prophètes de la catastrophe et aux fabricants de boucs émissaires ».
« La sagesse veut que l’on applique le principe de précaution au
principe de précaution lui-même ». Madelin a eu, avec neuf autres
députés de la « majorité », le courage de voter contre la Charte.
Je peux aller un peu plus loin que lui en faisant
un parallèle entre le tintamarre autour de ces initiatives gouvernementales
et les échecs profonds, complets de nos dirigeants. Incapables de régler
les problèmes immédiats de nos banlieues, sont-ils qualifiés pour sauver
la planète dans un siècle ? Sacrifiant les générations futures en
leur laissant une dette énorme, des charges plus lourdes, des droits sociaux
diminués, sont-ils qualifiés pour leur offrir un monde propre et verdoyant ?
Ayant tué les ressorts de l’entreprise, de la croissance et de l’emploi,
sont-ils qualifiés pour « maîtriser le développement » et réguler
le commerce mondial ? Installés dans les privilèges, les injustices
et la corruption, sont-ils qualifiés pour se présenter comme la conscience
morale de l’humanité ? La réponse à ces questions est évidemment
non. Voilà la vraie pollution, voilà la vraie peur : l’arrogante
présomption des nouveaux totalitaires. Tout le reste est fumée.
Jacques Garello
Le 7 Juin 2004
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