![]() | ||||||||||||
|
Le film de
Xavier Beauvois « Des Hommes et des Dieux » n’a pas reçu Les médias
ne s’y sont pas trompés, qui à quelques exceptions près, ont ourdi la
conspiration du silence, et ont préféré fixer leur attention sur le chef
d’œuvre présenté par la sélection algérienne « L’affaire Hors-la-loi »
de Rachid Bouchareb. Nous y voici : la vertu dérange, le vice fait
recette. Le vice en
l’occurrence n’est pas seulement cinématique. Il est politique. Et ce
qui a été vu, et ce qui s’est dit à propos du massacre de Sétif s’inscrit
dans une entreprise plus large de dénigrement de Cette propagande
sans borne, sans nuance, donne un prolongement dramatique à la grande
campagne relancée aujourd’hui contre la colonisation. Comment interpréter
les fastes et fêtes qui vont accompagner le cinquantième anniversaire
de l’accession à l’indépendance des pays africains constituant jadis l’AOF
et l’AEF ? Les armées de ces « jeunes nations » seraient,
dit-on, invitées à défiler sur les Champs Elysées au 14 juillet prochain.
Doit-on réellement se féliciter d’avoir livré des peuples entiers à la
tyrannie et à la misère ? Doit-on y voir une forme nouvelle de repentance,
pour tout le mal que les colonisateurs auraient fait dans ces anciens
territoires et départements français ? Ou le signe de la pérennité de Sans doute
faut-il faire la part des choses. La colonisation s’est accompagnée d’erreurs,
mais que sont-elles en comparaison des apports ? Les erreurs sont
venues du mode de gouvernement de l’empire français. Trop de gouvernement,
trop d’administrateurs, une élite africaine formée à l’Ecole de Mais, d’un
autre côté, que d’apports techniques, intellectuels, religieux !
Que de colons ayant fertilisé des terres arides, réalisé des équipements
modernes, que d’écoles ouvertes ! Que de sacrifices de ces millions
de gens chassés de chez eux par la guerre (comme les Alsaciens Lorrains),
par la politique (les exilés de la commune, les saint-simoniens, les républicains
espagnols), par la misère (les Ardéchois, les vignerons ruinés par le
phylloxera). Comme des dizaines de milliers de jeunes métropolitains,
j’ai découvert l’Algérie heureuse, j’ai fréquenté l’université d’Alger,
avec une école de médecine mondialement réputée, avec une faculté de droit
accueillant les majors de chaque concours d’agrégation. En Kabylie, parmi
les élèves reçus au brevet élémentaires, pour un candidat issu de famille
européenne, il y avait quarante candidats kabyles ; on nous fait
croire que Mais je dois
arrêter mes révoltes et mes jérémiades. Je dois revenir à « la grâce
de Tibhirine », à cette lumière mystérieuse qui a éclairé le tournage
de ce film consacré au martyre des moines cisterciens de Tibhirine, et
dont le Père Quinson, qui avait appartenu à la communauté, a été le guide
intellectuel et spirituel. Cette même lumière saisit le spectateur, vous
pourrez vous en persuader vous-mêmes en allant voir Lambert Wilson et
Michael Longsdale, et en conclure, comme dans ce commentaire d’Emmanuel
Barbier (Sedcontra.fr) : « [Les moines]
ont voulu rester. Témoigner d’une présence. Maintenir le flambeau de la
charité chrétienne dans le déchaînement des haines et des violences fratricides.
Continuer simplement d’être eux-mêmes, sans provocation, à travers le
service des pauvres et le chant des offices du jour et de la nuit, le
chant de l’amour chrétien. Pour l’amour de Dieu, des vertus supérieures
de leur Ordre, et de leurs frères musulmans d’Algérie… Si Cannes a retenu
son souffle, en les voyant revivre à l’écran, c’est qu’aucune âme n’est
jamais morte au seul message du Christ, et que sa grâce encore peut pénétrer
partout ». Jacques
Garello Le
31 mai 2010
| ||||||||||||