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Elles sont le symbole de la classe politique française actuelle. Elles brassent du vent pour rien. Elles tournent avec le vent, comme les girouettes. Elles coûtent cher. Elles permettent à quelques-uns de s’en mettre plein les poches. Elles détruisent les paysages, le patrimoine. Elles seraient même dangereuses. Bref, elles ont tout pour plaire. A ces vertus reconnues, s’en ajoute une nouvelle, révélée par le débat mardi dernier à l’Assemblée Nationale : elles sont toujours là, même quand il y aurait de bonnes raisons de les jeter aux oubliettes – autre vertu des politiciens. Nous voici entrés dans cette farce appelée Grenelle II. Mais Grenelle n’est plus ce que c’était. Certes les acteurs n’ont pas changé, le casting a fait ses preuves : Borloo, NKS, puis Jouano, Hulot, Duflo, et tout ce petit peuple du monde associatif qui se dévoue pour sauver la planète et stopper la croissance économique. Certes les décors de la pièce sont les mêmes : on parle sur fond de principe de précaution, réchauffement climatique, pollution croissante, énergies fossiles épuisées, espèces en voie de disparition (seuls les crétins sont assurés de la survie). Il y a encore de beaux restes. Le vert et bleu, lignes de couleur inscrites sur la carte de France, délimiteront des espaces « protégés » contre les autoroutes, l’urbanisation, l’implantation d’entreprises, afin que les espèces rares puissent circuler sans crainte, comme dans les crapodromes. Ces espaces pour espèces seront naturellement définis par les associations compétentes, qui déchargeront ainsi de cette mission délicate notre administration surchargée. Autre reste, sûrement en développement durable : les normes BBC (Bâtiment à basse consommation) qui permettent à Bercy de supprimer la niche fiscale des intérêts d’emprunts destinés à construire ou rénover des habitations, et qui créent donc une charge fiscale et une multitude de réglementations et de contrôles bureaucratiques en pleine crise du logement. Mais, par comparaison, quels
reculs et quelles déceptions par rapport à Grenelle I ! Tout ce que
C’est que les choses ont quelque peu évolué depuis Grenelle I. Tout d’abord freiner la croissance économique en période de récession est une mesure dangereuse. Ensuite le principe de précaution est de plus en plus contesté, et les climato-sceptiques ont rendu l’espoir aux gens apeurés par le soi-disant réchauffement. Enfin l’ouverture à l’écologie n’a pas eu les résultats électoraux attendus, tout au contraire : une partie des électeurs de la majorité présidentielle, irrités par l’irruption écologique, ont fait défaut, tandis qu’aucune voix nouvelle n’est venue de ces électeurs de religion écologiste, estimant que pour faire une politique écologique il vaut mieux élire des verts. Et les éoliennes ? Miraculeusement elles ont sauvé leurs pales. Peut-être pas pour longtemps,
mais la victoire remportée mardi est malgré tout significative de la façon
dont le pouvoir est exercé dans notre pays. Tout plaidait en faveur de
leur mise au placard. Patrick Ollier, président
de Tout cela n’a pas résisté à la pression du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), s’unissant pour la noble cause avec les associations écologiques et les leaders syndicaux incontournables. Cela nous a valu de pleines pages de publicité dans la presse quotidienne. « Ne sacrifions pas une filière énergétique respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois ». Au bas de la page quantité de logos de partenaires, comme Greenpeace, la CFDT, et naturellement le SER, dont sans doute l’un des principaux adhérents est Veolia. Qui a payé la publicité ? Je me le demande. L’argument majeur est l’existence de 10.000 emplois, qui deviendront peut-être 90.000 dans un proche avenir. Jean Louis Borloo est plus catégorique : si la France investit 400 milliards d’euros, on créera 600.000 emplois. Un rapide calcul met l’emploi à 666.666 euros, ce qui fait cher, mais ce qui confirme le résultat d’une étude faite en Espagne qui conclut qu’un emploi « vert » détruit 2,5 emplois « classiques ». Nous vivons en tout cas dans un pays vraiment démocratique, où les élus ne tiennent jamais leurs promesses électorales, et où ils s’inclinent (jusqu’à s’aplatir) devant les manifestations, les pressions prévaricatrices, les mensonges, et la terreur intellectuelle. Des députés, pourquoi faire ? Du vent, toujours du vent… Jacques
Garello Le
10 mai 2010
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