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IMMIGRATION : LE FAUX DEBAT |
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Je m’inquiète à propos du débat actuel sur l’immigration,
pour deux raisons. La première c’est que je crains que l’élection présidentielle
ne se fasse que sur ce thème, occultant tous les autres problèmes majeurs
de la société française. En 2002, avec une campagne qui a tourné autour
de la sécurité, Jacques CHIRAC a reçu un chèque en blanc, puisqu’il
n’a pris aucun autre engagement à l’égard d’un électorat hétéroclite.
On voit aujourd’hui ce qu’il a fait de ce chèque ! Ne va-t-on parler
que d’immigration pendant un an, alors que le chômage, la protection
sociale, l’éducation nationale, la dette publique, la réforme de l’Etat
et le futur de l’Europe seraient laissés à la géniale improvisation
de politiciens élus par des Français qui n’auront pas été vraiment consultés
ni même alertés sur ces questions ? |
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Je m’inquiète à propos du débat actuel sur l’immigration,
pour deux raisons. La première c’est que je crains que l’élection présidentielle
ne se fasse que sur ce thème, occultant tous les autres problèmes majeurs
de la société française. En 2002, avec une campagne qui a tourné autour
de la sécurité, Jacques CHIRAC a reçu un chèque en blanc, puisqu’il n’a
pris aucun autre engagement à l’égard d’un électorat hétéroclite. On voit
aujourd’hui ce qu’il a fait de ce chèque ! Ne va-t-on parler que
d’immigration pendant un an, alors que le chômage, la protection sociale,
l’éducation nationale, la dette publique, la réforme de l’Etat
et le futur de l’Europe seraient laissés à la géniale improvisation de
politiciens élus par des Français qui n’auront pas été vraiment consultés
ni même alertés sur ces questions ? La deuxième raison, c’est que je ne suis pas sûr
que le problème de l’immigration se ramène quant au fond au simple choix
entre immigration subie et immigration choisie. J’ai même le sentiment
que l’immigration n’est que la face visible des maladies de la société
française, et qu’il faudrait s’occuper des maladies aussi bien que des
symptômes. Ramené aux modalités de contrôle des gens à la frontière et
aux conditions de leur séjour sur le territoire français, le débat sur
l’immigration est un faux débat. Le vrai débat revient à se poser la question
: comment un droit individuel peut-il engendrer un fléau social ?
Le droit individuel de circuler est incontestablement
l’une des bases de la liberté. Les dictateurs interdisent de se déplacer,
de quitter un pays ou d’y entrer. L’émigration est une libération :
elle soustrait l’individu à l’esclavage de son Etat. En sens inverse l’immigration
ne peut devenir un esclavage : l’étranger a droit au respect de sa
vie, de sa dignité, de sa propriété. Ces principes libéraux élémentaires
ne font pas oublier qu’il n’y a pas de droit sans devoir. Le fait d’être
étranger ne donne pas tous les droits, et il est normal que l’on se soumette
aux règles sociales de la communauté à laquelle on demande asile ou accueil.
Dans une démocratie, il doit y avoir « isonomie », comme disait
Hayek : la même loi pour tous. Pourquoi les Français ont-ils, à juste titre et sans
être xénophobes ou racistes, le sentiment que certains étrangers ont un
comportement « anormal », c'est-à-dire ne respectent pas la
règle du jeu ? Parce qu’ils se rendent compte qu’une grande partie
des immigrés ne sont pas en France pour y apporter leur travail ou leur
talent, ni même pour fuir un régime dictatorial, mais bien plutôt pour
vivre aux dépens des autres et au mépris de la loi. Pourtant les étrangers
ne font que s’aligner sur nombre de nos compatriotes « Français
de souche » qui ont compris l’avantage de vivre en parasite dans une société
où règne l’Etat Providence. Venir en France
pour faire comme certains Français : toucher des allocations, se
livrer à de petits (ou grands) trafics, exercer un chantage permanent
à la précarité ou à l’exclusion. Réduisez l’Etat
Providence, mettez fin aux cadeaux faits avec l’argent des autres, et
tout ce qui vous paraît aujourd’hui abusif et artificiel dans l’immigration
disparaîtra. Les étrangers peuvent aujourd’hui consommer des « biens
publics » sans les payer. Gary Becker suggère de conditionner l’entrée
dans le pays à l’acquittement d’un droit d’entrée, quitte à ouvrir un
crédit remboursé sur les revenus que gagnera l’immigré. Voici d’ailleurs un autre aspect du problème :
si tout le monde ne vivait que du fruit de son travail, de son épargne
ou de son entreprise, l’intégration des immigrés se ferait tout naturellement.
Car c’est dans les relations de travail, dans l’échange marchand que se
forgent les amitiés, que se brassent les cultures. Aux Etats-Unis et dans
les grands pays « neufs » les gens savent que pour se faire
une place dans la société il faut y mettre du sien. Chez nous, la place
est réservée pour n’importe qui veut s’installer, peu importe ce qu’il
fait. Voilà pourquoi nos hommes politiques imaginent de limiter le nombre
de places mais pas leur gratuité. Ainsi l’immigré devient-il quelqu’un qui prend au
lieu de devenir quelqu’un qui apporte. Petit fils d’immigrés italiens,
je sais très bien que mes grands parents ne sont pas venus en France pour
bénéficier d’une Sécurité Sociale qui n’existait pas à l’époque. Ils se
sont naturellement intégrés à la société française, s’obligeant à parler
le français à la maison, travaillant dur et épargnant, veillant avec soin
à l’éducation et au travail scolaire de leurs enfants. Faisons toute la
différence avec ce que l’on connaît aujourd’hui. RMI, allocations logement,
prestations familiales : des revenus suffisants pour vivre médiocrement,
mais sans travailler. Une couverture sociale complète. Des logements ghettos,
foyers de bruit, de violence, de déviances : on les appelle « logements
sociaux ». Une école où l’on n’apprend rien, et surtout pas la politesse,
le travail ou le respect des autres. Couronnant le tout, une économie
d’où l’on évacue la concurrence, l’émulation et le service des autres
pour leur substituer le monopole, le statut et le service public. Ce serait
bien un miracle si notre pays arrivait à intégrer quiconque aujourd’hui !
Les étrangers de qualité l’ont compris : aujourd’hui ils oublient
de s’installer chez nous, même quand ils y ont étudié. Les autorités ecclésiastiques se sont émues du projet
« d’immigration choisie ». Elles ont eu raison s’agissant de
condamner une discrimination positive – une de plus : ce ne sont
pas les Etats qui disent qui est bon et utile pour le pays, et qui est
« jetable », c’est le marché qui fait apparaître les opportunités
d’embauche, en qualité et en quantité. Mais, sur le plan de l’accueil
et de l’amour de l’étranger, ils ne peuvent être le fait que de la charité
spontanée des Français et de leurs familles et non pas de l’octroi irresponsable
de « droits sociaux » qui sont les inventions diaboliques de
« l’Etat de l’Assistance » dénoncé
par Jean Paul II. Un dernier mot enfin : l’une des sources de
l’immigration artificielle est la misère des pays d’Afrique. Mais, là
encore, trouvez l’erreur : c’est l’absence de liberté, et de liberté
économique, qui enferme ces peuples dans l’esclavage et le dénuement.
Hélas, nos gouvernements n’ont cessé de soutenir ces dictateurs étatistes
et socialistes qui ont les faveurs de notre diplomatie du moment pourvu
qu’ils restent dans le giron de l’illusoire « francophonie ».
Je peux en conclure que l’immigration n’est pas une
affaire de police, mais un avatar de la société française, malade de son
étatisme socialiste. Vrai débat : libéralisme ou socialisme ?
Jacques
Garello
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