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![]() | Ainsi s’est exprimé François CHEREQUE à l’issue
du « sommet social » de mercredi dernier. Les puristes auraient plutôt
dit « inaudible » ou mieux encore « inadmissible » ou « suranné »,
mais le secrétaire général de la CFDT a voulu s’exprimer plus simplement. Mais qu’est ce donc qui n’est « pas entendable » ? C’est le propos de Madame Laurence PARISOT
qui a osé évoquer le « droit de propriété ». Il y a en effet de quoi
crier haro sur le baudet. Soutenir que les actionnaires ont un droit de propriété
et sur le patrimoine de l’entreprise et sur le profit est en effet « d’une
autre époque ». D’ailleurs n’a-t-elle pas précisé ces derniers jours que
le profit ne pouvait et ne devait avoir que deux destinations : être distribué
sous forme de dividendes ou être réinvesti dans l’entreprise, le choix revenant
d’ailleurs auxdits actionnaires. | |||||||||||||||
| L’indignation de François CHEREQUE était en
écho de celle de Nicolas SARKOZY dans son prêche sur la « justice sociale ».
Comment tolérer que les entreprises du CAC 40 aient distribué 50 milliards de
dividendes alors que les plus démunis des Français voient leur pouvoir d’achat
fondre à toute vitesse ? Le 5 février dernier, le Président était déjà revenu
sur le partage du profit, vieux serpent de mer qui a inspiré la législation sur
la participation obligatoire dans les entreprises. « La justice sociale »
au-dessus du droit de propriété : c’est la grande idée à la mode, elle nous
revient de la vulgate marxiste, avec les relents du totalitarisme soviétique.
Pour moi, c’est la négation de la propriété
privée, et l’évocation d’une telle justice sociale qui ne sont « pas entendables ». Pas entendable la contestation du droit de
propriété en lui-même, car la propriété accompagne nécessairement la liberté puisqu’elle
met en jeu la responsabilité personnelle, elle permet d’attribuer à chacun la
conséquence de ses actes, elle est sanction ou récompense. « L’homme naît
propriétaire » disait Bastiat, exprimant qu’il est dans la nature de l’homme
de chercher à constituer un patrimoine, à le faire fructifier, parce que l’homme
est créateur, il veut démontrer ce dont il est capable. On ne peut briser le droit
de propriété sans briser l’homme lui-même. Pas entendable la remise en cause de l’entreprise
privée. Tous les progrès économiques réalisés depuis des siècles ont été les conséquences
des initiatives d’entrepreneurs, de ces innovateurs qui ont mis en évidence ce
qui échappait jusque là aux autres. « Ceux qui trouvent gardent » :
ce principe du « finder keeper » explique l’extraordinaire efficacité
du capitalisme, ce système qui admet l’appropriation du profit par ceux qui l’ont
créé. « J’en fais mon affaire » : promesse que les choses seront
bien faites. Par contraste, si l’entreprise n’est pas privée, elle est publique,
étatique, collective et l’échec économique et humain de ces formes d’entreprises
n’a plus à être prouvé. Pas entendable le droit social qui devrait
être attribué aux salariés sur les profits. Certes les actionnaires peuvent décider
de se priver de leur propre profit pour en remettre une part à leurs salariés,
cette initiative volontaire est un choix de gestion délibéré. Mais en revanche
le partage imposé est une expropriation pure et simple. Pas entendable les propos sur le scandale des
profits des grands groupes. Préfère-t-on des groupes en déficit, qui vont survivre
aux crochets de la population à grands coups de subventions ? Et qui sont
ces actionnaires que l’on entend déposséder ? Des milliardaires appartenant
à une caste supérieure, ou des épargnants qui ont placé leur argent en vue d’un
achat ultérieur, des gens inquiets pour leur retraite compromise par la Sécurité
Sociale, ou simplement des hommes et femmes libres de faire ce qu’ils veulent
de leurs économies ? L’attaque contre les actionnaires est assez
rocambolesque quand on sait qu’en moyenne
ils auront perdu depuis quelques mois 50 % de la valeur de leur portefeuille. Pas entendable l’appel à la justice sociale,
dont HAYEK a démontré qu’elle a été le prétexte de toutes les injustices réelles,
d’une redistribution des revenus tout à fait arbitraire. La justice sociale est-ce
l’égalité ? « Il n’y a pas de pire injustice que de traiter également
des choses inégales » disait Aristote. Si ce n’est pas l’égalitarisme absolu,
est-ce une certaine distribution des revenus entre tous les Français ? Laquelle ?
Rawls a tenté d’expliquer que l’optimum social est atteint quand ceux
qui ont le moins ont le plus de ce que l’on puisse donner sans amoindrir le total
des richesses. Cette pétition de principe est sentimentale mais imprécise, et
nul ne sait s’il faut redistribuer ou non. A l’heure actuelle la France est malade
de la redistribution : en faveur du secteur public et des fonctionnaires
et au détriment des acteurs du secteur privé, en faveur des corporations privilégiées
et au détriment des consommateurs, en faveur des parasites et des assistés permanents
au détriment de ceux qui travaillent, entreprennent et épargnent, en faveur des
générations actuelles au détriment des générations futures. La redistribution
est une amputation de la propriété qui n’existe que parce que des forces organisées,
des lobbies et bien évidemment des syndicats ne cessent de faire pression sur
les politiciens pour obtenir des privilèges, au nom de la justice sociale. Pas entendable d’ailleurs la voix criante de
ces leaders syndicaux, baptisés « partenaires sociaux » alors qu’ils
divisent et cassent la société française. Oui, réellement, pas entendables ? Pourtant
ils sont les seuls que l’on écoute !
Jacques
Garello
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