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QUESTIONS SUR LA RELANCE | |||||||||||||
![]() | Questions
politiquement incorrectes, qui n’ont donc pas été posées au Président : 1° Faut-il
une relance ? 2° Faut-il
relancer l’investissement ou la consommation ? 3° Faut-il
relancer le dialogue social ? 4° Faut-il
relancer les impôts et la dette ? Pour moi,
la réponse est claire : c’est quatre fois non. Si on entend
par relance une série d’interventions de l’Etat pour sortir d’une crise qu’il
a provoquée, je ne comprends pas très bien. Si on entend par relance l’aptitude
d’une économie de libre entreprise et de libre entreprise à digérer les erreurs
de l’Etat et à repartir grâce au dynamisme du capitalisme mondialisé, je dirai
oui à cette relance, mais ce n’est pas celle que les hommes d’Etat, les médias
et même les peuples ont en tête. | ||||||||||||
| Dans ces
conditions, relancer par l’investissement ou la consommation devient un choix
tout à fait anecdotique. C’est pourtant autour de ce choix que s’affrontent gouvernement
et oppositions. Des investissements en infrastructures, destinés à améliorer les
équipements collectifs français, sont-ils préférables à une augmentation massive
de pouvoir d’achat ? Le gouvernement fait valoir que l’argent donné aux consommateurs
peut se porter sur des produits étrangers, de sorte que l’on relance nos fournisseurs
sans donner aucun « stimulus » aux entreprises françaises. Ce n’est
pas faux. Le gouvernement fait aussi remarquer que l’on a accumulé des retards
dans l’entretien de nos infrastructures : énergie (centrales nucléaires),
transports (réseau ferré) ont été négligés par les entreprises publiques qui en
ont la charge. Depuis une dizaine d’année, au sein du budget de l’Etat, les seuls
postes en expansion sont le service de la dette et les salaires des fonctionnaires,
tandis que l’investissement public est en panne. De toutes
façons, qu’il s’agisse de la consommation ou de l’investissement, on est toujours
en pleine illusion keynésienne : la crise se soignerait par une forte poussée
de la « demande globale ». Dépenser plus, ce serait le secret de la
prospérité. Cette analyse
est délirante, parce que la crise est toujours due à des dérèglements de la production,
mal adaptée aux besoins, incapable de s’aligner sur des concurrents plus performants.
La crise est un refus d’adaptation, un manque de flexibilité, un gaspillage de
ressources dans des emplois dont personne ne veut (les Français ont-ils besoin
de tant de « services publics », qui rendent si peu de services au public,
mais qui « justifient » l’emploi d’un Français sur deux ?). La
crise était en gestation bien avant les « subprimes », et aujourd’hui
on feint de découvrir les erreurs accumulées depuis quelques décennies. C’est
donc du côté de l’offre, du côté des conditions de fonctionnement des entreprises,
et des motivations des entrepreneurs, travailleurs et épargnants qu’il faut regarder
pour sortir de la crise. Regarder du côté de la demande est stérile, et aggrave
la situation puisque les revenus distribués à ceux qui investissent ou qui consomment
n’ont aucune contrepartie dans l’appareil productif – on peut évidemment toujours
soutenir que dans vingt ans la France dotée d’un parc d’éoliennes couvrant la
moitié de son territoire paiera moins cher son énergie, ce qui est d’ailleurs
faux. Faute de
relancer la production, un homme d’Etat cherche toujours à relancer le dialogue
social. Le premier acte du dialogue social étant la grève et la contestation,
le stimulus sur la production est en effet très faible. Mais de plus le dialogue
social signifie la pression inacceptable et anti-démocratique d’une poignée de
privilégiés qui terrorisent les gouvernants et imposent la loi de la rue à des
citoyens qui voudraient travailler et vivre en paix. Aujourd’hui pour plaire aux
syndicats il est de bon ton de rallumer la lutte des classes, de désigner les
« patrons » à la vindicte populaire. Il est plus facile de mettre l’accent
sur quelques salaires « indécents » que de dénoncer les sinécures et
les corruptions des hommes politiques et des dirigeants syndicaux. Ces campagnes
anti-patrons sont animées par la haine de ceux qui réussissent, par l’égalitarisme
effréné. Les tricoteuses attendent les charrettes qui conduiront à l’échafaud
la noblesse de l’industrie, du commerce et de la finance condamnée par le grand
jury de Besancenot-Tinville. En fait,
la seule relance que le peuple de France connaîtra de façon sûre, c’est celle
des dépenses publiques et de la dette. Impôts et charges vont couvrir une partie
du « plan de relance », mais le plus gros sera assuré par l’augmentation
de la dette publique. Aucune importance : les nouvelles générations paieront.
Faux : dès l’an prochain, le service de la dette augmentera, et avec lui
les impôts. Faux également : dès aujourd’hui les dépenses nouvelles sont
en train « d’évincer » certaines dépenses traditionnelles. C’est moins
de couverture sociale, moins de retraites, moins de tribunaux, moins de policiers.
« Service minimum pour Etat maximum ». L’Etat dépense
un argent qu’il n’a pas, il le prendra dans notre poche par tous les moyens :
les impôts bien sûr, les cotisations sociales, et immanquablement « l’impôt
d’inflation ». Ce que l’on
va relancer, c’est donc le chômage et la misère. Mais ces fléaux n’atteignent
pas les sommets de l’Etat, où planent nos princes énarques et nos politiciens
présomptueux. Ils ne concernent que le peuple de France. Celui-là même que l’on
pousse aujourd’hui dans la rue pour réclamer une « vraie relance ».
Jacques
Garello
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