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![]() | L’Etat français, ayant atteint une taille hors
du commun, est de moins en moins capable de fournir le minimum des services qu’on
pourrait attendre de lui. La grève de jeudi en est une illustration saisissante
et, à mon sens, lamentable. Une fois de plus Le service minimum avait été l’une des promesses
électorales de Nicolas SARKOZY mais, ici comme ailleurs, il n’en a cure :
passé le vote, passées les promesses. | |||||||||||||||
| De façon plus générale l’Etat français est
devenu tellement énorme, tellement obèse, qu’il est totalement frappé d’impuissance.
Ce n’est pourtant pas faute de gesticuler : notre souverain s’occupe de tout,
il défend l’emploi, relance l’économie, reconstruit la justice, supprime la publicité
dans les télévisions publiques, ramène la paix au Moyen Orient, redessine l’Europe.
Mais il a été incapable de supprimer les 35 heures, ni l’impôt sur la fortune.
Il a été très capable au contraire de nommer un socialiste théoricien de l’économie
planifiée à un poste de direction de l’UMP, et il aime prendre le conseil de tous
intellectuels de gauche. La coupe est réellement pleine. Le nouveau discours sur « le retour de
l’Etat » laisse entendre qu’il y a quelque chose au sommet de la nation autre
que les creux discours des énarques et ministres serviles. Mais le roi est nu.
Il n’y a pas d’argent pour financer les relances sectorielles. Le « fonds
souverain » est dans une poche percée. Mais, pire encore, la moindre initiative
élyséenne est immédiatement tournée en ridicule par des lycéens, des instituteurs
ignorants, des syndicalistes tout-puissants. Le vrai gouvernement de L’obésité mène au diabète – on ne cesse de
nous en avertir. Mais le diabète conduit à son tour à la cécité. Trop gros, trop
impotent, l’Etat français devient aveugle. Il est dans l’impossibilité de voir
plus loin que le prochain sondage ou la prochaine élection Celle qui va concerner
l’Europe au printemps prochain ne sera pas triste. Mais il est hors de question
de s’attaquer à deux questions, au demeurant liées, qui vont largement conditionner
le taux de chômage dans les mois à venir : les charges salariales (donc la
compétitivité internationale) et Chaque fois que ces perspectives du moyen terme
sont évoquées, on s’abrite derrière les « évolutions remarquables et les
réformes audacieuses » entreprises par les ministres successifs de la santé,
du travail, de l’Education Nationale. Ils n’ont fait à ce jour que des ronds dans
l’eau. L’Etat maximum doit se mettre d’urgence au
régime. Il doit se délester d’un secteur public pléthorique, inefficace et incivique.
L’Etat doit assurer les missions minimales qui légitiment les impôts et les fonctionnaires :
protéger les biens et les personnes, garantir les droits de propriété, assurer
la liberté du travail, la liberté d’installation, mettre fin aux deux monopoles
surannés de Pour l’instant, l’Etat suffoque, il plie sous
son propre poids, et se trouve bien mal armé pour faire face à la fronde des parasites,
et assumer le minimum de services publics.
Jacques
Garello
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