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Mais le fait que le calendrier prévu ait été
tenu démontre la détermination des autorités irakiennes en place et l’engagement
total des Etats-Unis.
Les Etats-Unis ont reconduit George W. Bush
à la Maison Blanche. Je vous l’avais annoncé : il n’est pas là pour
s’accrocher au pouvoir présidentiel, mais pour réaliser de grandes choses
au cours de son deuxième mandat. Son discours de prestation de serment
est de ce point de vue on ne peut plus clair. Bush part en croisade pour
la liberté.
Certains traduisent cet engagement comme un
pas supplémentaire dans l’hégémonie américaine et la diplomatie « unilatérale ».
Ce serait oublier que George W. Bush n’entend pas instaurer une ingérence
libérale tout azimut, mais offrir l’aide des Etats-Unis aux peuples qui
veulent se libérer de la dictature et de l’intolérance : il s’agit
de « rechercher et de soutenir l’expansion des mouvements et des
institutions démocratiques dans toutes les nations et toutes les cultures,
avec l’objectif ultime de mettre fin à la tyrannie de notre planète ».
Gendarmes de la liberté ? Non : George W. Bush rappelle que
le recours aux armes n’est que l’ultime argument. Il croit aux vertus
de l’éducation, du commerce, de la culture comme véhicules de la compréhension
universelle. Ce serait oublier surtout que la
référence à la liberté n’est pas faite par le Président pour les seuls
intérêts de la puissance américaine, mais pour une certaine idée de l’universalité
de la dignité de la personne humaine. « La liberté, par sa nature
même, doit être choisie ». Voilà pourquoi le volet intérieur du programme
de Bush est aussi important et naturellement articulé avec le volet international.
Bush souhaite que les citoyens américains retrouvent
un certain nombre de libertés qui ont été confisquées par l’Etat Providence : liberté de son patrimoine, liberté
de sa santé, de sa retraite, liberté de son travail et du fruit de son
travail. Et, bien sûr, Bush associe naturellement liberté et responsabilité.
Il veut en finir avec « l’état de l’assistance » où s’est installée
la nation américaine. Il veut que chacun se sente responsable des grands
choix personnels et familiaux alors qu’ils sont aujourd’hui faussés ou
orientés par la fiscalité, la sécurité sociale, la réglementation administrative.
Les commentateurs français ont trop facilement ramené ce programme à des
aspects techniques : substituer la capitalisation à la répartition,
préférer la proportionnalité de l’impôt à sa progressivité, rendre au
contrat un poids supérieur à celui du règlement. Derrière ces aspects
techniques, financiers ou juridiques, il y a une conception de l’homme,
réinstallé dans sa dignité.
Il y a certainement une part d’idéologie, voire
d’utopie dans le projet présidentiel. Il est vrai que l’idée directrice
et réductrice existe, mais c’est celle de la liberté. Elle est assez riche
pour exiger beaucoup de ceux qui y adhèrent, elle ne prend corps que par
l’assumption individuelle de devoirs et de droits. Cette idéologie
n’est pas aliénante, elle est personnalisante. Quant à l’utopie, elle
est bien nécessaire pour rêver à un monde meilleur d’harmonie universelle.
Si l’on veut passer de l’utopie à la réalité,
il faut prendre en compte deux impératifs. Le premier est politique :
que les gouvernements des nations libres se sentent également engagés
dans la croisade, et George Bush leur a adressé un puissant appel :
« Nous comptons sur vos conseils et nous dépendons de votre aide ».
Si l’on en croit Condoleezza RICE, la nouvelle
administration fera tout pour que se taise l’anti-américanisme primaire
et que s’ouvre un front commun des pays libres.
Il nous reste à souhaiter que le message soit
reçu, notamment à l’Elysée.
Le deuxième impératif ne concerne ni les chefs
d’Etats ni les diplomates, mais la société civile,
broyée et ignorée à ce jour par la société politique. Il est du devoir
de chaque citoyen, personnellement, de se comporter en homme libre, de
cultiver et de chérir les idées de la liberté : état de droit, libre
marché, respect et compréhension des autres, éducation et famille. Mais
il est aussi du devoir des citoyens, ensemble, de créer et de développer
les réseaux qui permettent de s’entraider, de se rencontrer, de s’organiser
localement pour se donner une commune détermination à défendre les libertés
contre les assauts et les dérives du pouvoir. Il ne s’agit pas de brandir
les armes, mais de s’inviter dans le débat public et de faire un bon usage
des droits civiques qui font une démocratie. Il s’agit de cesser d’être
spectateurs pour devenir acteurs. Il existe en France un embryon libéral,
une escouade de croisés de la liberté. Faisons en sorte que partis cinq
cents nous nous retrouvions deux mille en arrivant au port. George Bush
nous le dit implicitement : la balle est dans notre camp, libéraux
de tous les pays unissez-vous !
Jacques Garello
Le 31 Janvier 2005
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