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Le vœu le plus cher que je forme pour notre famille libérale est de retrouver l’étoile et la parole en 2010. La chrétienté vient de fêter
l’Epiphanie. C’est un évènement auquel l’Evangile invite à donner un sens
précis : les mages ont suivi l’étoile et ont reçu la parole, prolongeant
ainsi L’étoile, c’est l’appel : elle conduit l’humanité entière vers la crèche. La Nouvelle Alliance élargit l’union de Dieu et des hommes, jusque là limitée au peuple élu. Encore faut-il voir l’étoile, et la suivre. Les mages sont les symboles du savoir, ils sont ceux qui cherchent, ils ont le courage, l’ouverture et la curiosité d’esprit qui leur permettent d’aller plus loin. La grâce de Dieu les conduit jusqu’au terme de leur quête de vérité. La parole, c’est l’annonce :
ceux qui savent sont invités à partager leur science pour éclairer les
autres, ils peuvent porter l’espoir autour d’eux. Lorsqu’ils rencontrent
les docteurs de la loi à Jérusalem, les mages sont instruits des prophéties
concernant la Nativité de Bethléem. A leur tour ils porteront au monde
entier la Bonne Nouvelle. Je ne voudrais pas instrumentaliser l’Epiphanie, mais voyez à quel point son symbole correspond à ce que nous pouvons souhaiter de mieux pour les idées de la liberté. Les idées de la liberté –
disons libéralisme pour faire court – ne sont pas l’apanage d’une minorité
de peuples ou de privilégiés. « Les païens sont associés au même
héritage » dit Saint Paul. Le libéralisme a vocation universelle,
parce que la liberté est inscrite dans la nature même de l’être humain.
Ce n’est donc pas un choix politique, ni une idéologie partisane, ni une
foi sectaire, c’est l’expression de la dignité et de la responsabilité
personnelles. Tous les hommes sont appelés à la liberté, et sont en quête
de vérité. De tous temps, mais particulièrement dans les périodes de progrès
rapide ou de crise profonde, les hommes cherchent la lumière qui éclairera
le chemin de leur devenir. Cette commune démarche est d’ailleurs un facteur
de compréhension mutuelle, entre les personnes, entre les peuples, elle
est facteur d’harmonie et de paix, elle nous rapproche parce que nous
avons conscience de partager la même condition humaine, inscrite dans
des cultures pourtant diverses. Libéralisme et humanisme vont de pair. Mais l’étoile n’est pas toujours facile à voir ou à suivre. Il y a d’abord les faussaires du « star system », la cohorte de ces faiseurs de grand soir, de société parfaite. Ils disposent aujourd’hui de toutes les techniques de conditionnement des esprits. La pensée unique enferme la pensée à double tour. Les feux de la rampe rendent aveugles. Il y a aussi ces millions d’êtres humains qui ont cessé de regarder les cieux, contraints par leur culture ou par leurs princes à courber le dos. Il leur est interdit de savoir. L’accès à la culture est bien la première libération, c’est la première et définitive victoire sur la misère. Hélas, l’acculturation menace aussi des peuples entiers naguère civilisés, parce qu’ils se sont donnés un système éducatif barbare qui pousse à la grégarisation, à la massification, plutôt qu’à l’épanouissement et au mérite personnels. Il y a enfin la paresse, le renoncement, l’air du temps, le manque de temps, qui font que l’étoile échappe à notre vue. Il faut aujourd’hui un certain courage pour répondre à l’appel de la liberté. Les héros de la liberté sont
fatigués, ils s’épuisent dans un combat inégal contre le mensonge, l’ignorance
et la haine. Irons-nous jusqu’à Bethléem ? A mes yeux, cela ne fait
aucun doute, précisément parce que nous sommes portés par la grandeur
du message libéral et conscients de son opportunité : il est la vraie,
il est la seule réponse aux défis du monde contemporain. L’annonce du libéralisme est donc, aujourd’hui comme hier, notre premier devoir, notre première chance. La Bonne Nouvelle ne peut être la seule affaire des mages, d’un petit cercle de gens heureux sensibles à l’appel de la liberté. Notre devoir est de diffuser
le message dans toutes ses dimensions, en l’inscrivant dans la parole
des hommes. La parole, c’est ce qui nous est donné pour la définition
et la complétude de notre humanité. Depuis Aristote, on ne cesse de répéter
que l’homme est un animal social. Il ne peut être lui-même que dans un
monde d’échange, de mutualité, de partage. Le fléau actuel, inséminé par
le Marxisme et la philosophie de la haine, c’est la croyance dans la lutte
des classes, c’est la vision hobbesienne de l’homme « un loup pour
l’homme ». Habitués progressivement à la défiance, nous avons perdu
le courage et le goût de la parole. Il est grand temps de parler. Certes la parole nous manque.
Nous n’avons pas accès aux grands moyens de communication. Mais commençons
déjà par nous servir de ceux qui sont à notre portée : internet
est une arme efficace, et peut diffuser les bonnes idées (comme les mauvaises
d’ailleurs). Sachons aussi exploiter les écrits libéraux : scripta
manent. Ils sont nombreux, adaptés à tous les milieux, ils abordent tous
les sujets qui intéressent nos contemporains, depuis l’école jusqu’à la
fiscalité en passant par la géopolitique et la religion. Surtout, ne perdons
aucune occasion de parler aux gens autour de nous : notre famille,
nos voisins, nos cousins, nos copains. Face au militantisme des totalitaires,
amorçons le dialogue des libéraux. Il serait temps, bien sûr,
que dans notre pays, si durement frappé par la pensée unique, la parole
libérale se cristallise autour d’un mouvement puissant, marquant le réveil
de la société civile et donnant l’alarme à la société politique. Nous
n’en sommes pas encore là. Mais les éléments de base existent, avec les
divers instituts et associations qui professent la foi libérale et travaillent
de plus en plus en partenariat. C’est la ligne que nous avons définie
à l’ALEPS. Pour passer de la base à la construction,
c’est affaire de temps, mais c’est aussi notre affaire commune :
communiquer par tous les canaux, nous entraider. En revanche, je bannis
toute idée de compromis ou de silence contrit ; je vois que nombre
des élus de la majorité actuelle n’osent plus s’exprimer et se réfugient
dans la langue de bois ou dans les discours unitaires qui rassemblent
toutes les peurs mais pérennisent toutes les ambiguïtés et tous les mensonges.
C’est sous sa forme la plus pure et la plus élevée que le libéralisme
a des chances de convaincre et de vaincre prochainement. Nous avons besoin de l’étoile et de la parole. Nous avons besoin de clarté, d’engagement et de communication. Puisse 2010 nous les valoir. Jacques Garello Le
11 janvier 2010
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