![]() | ||||||||||||||||
|
DES SDF A L'ELYSEE | ||||||||||||||||
|
Je voudrais
contribuer modestement à la campagne de solidarité publique et de promotion des
droits de l’homme en explorant une idée nouvelle : loger des SDF à l’Elysée. On sait en
effet que le Palais présidentiel, avec ses quelques dizaines de milliers de mètres
carrés habitables et un hectare de terrain à bâtir des logements sociaux, n’est
que très partiellement occupé par ses locataires actuels, d’ailleurs très souvent
en déplacement ; en son temps François Mitterrand n’habitait-il pas rue de Bièvres ?
Puisque,
aux dires de Monsieur de Villepin (qui a hanté la maison,
au point que certains y voient encore son fantôme), l’Etat serait l’ultime responsable du droit au logement, ne
serait-il pas normal que la résidence du chef d’Etat
soit la première concernée par le grand progrès social qui vient de s’amorcer
en France ? La difficulté
de ma solution est ailleurs. Il est dans le choix des SDF qui auront priorité
pour occuper l’Elysée. | |||||||||||||||
|
Peut-il s’agir
de SDF courants, de SDF des rues ? Va-t-on installer sous les lambris dorés
de la République de vulgaires sans papiers, travailleurs pauvres, malades mentaux
ou déviants de toutes sortes ? La vraie
solution est donc de sélectionner des SDF adaptés aux locaux et légitimés à faire
valoir leur priorité. Examinant plusieurs critères, j’ai finalement conclu que
les SDF qualifiés devraient être des SDF politiquement corrects, c'est-à-dire
des SDF au sens strict du terme : Sans Doctrine Fixe. Il n’y aurait pour
cela qu’à puiser dans la liste des candidats à la Présidence, ce qui au passage
aurait l’avantage d’apaiser la déception de ceux qui auraient été éliminés par
le suffrage universel : pas élus président mais tout de même à l’Elysée.
Je suis persuadé
qu’il y aurait beaucoup de monde pour se bousculer aux grilles du palais. Nicolas
Sarkozy est un champion incontesté du « pragmatisme », ce qui lui permet
de rompre sans casser. Ségolène est d’accord avec tout ce qu’elle écoute, mais
elle a du mal à entendre la vraie voix (peut-être celle de son maître ?),
Bayrou ne voit aucune différence entre la gauche et la droite et le centre, pourvu
qu’on vote pour lui, Buffet hésite entre le communisme et l’anti-libéralisme,
ce qui est un débat doctrinal intéressant. Ne seraient pas admis sans doute Le
Pen, Villiers, Besancenot ou Laguiller, dont le dogmatisme, même assoupli
ces derniers mois, résiste à toute épreuve, même celle de la réalité. Si tous ces
SDF n’ont pas de véritable appétit doctrinal, ils sont goulus de démagogie. La
fièvre des sans logis s’est emparée du peuple électeur, dûment alerté par des
médias en mal d’idées et par quelques enfants
de Don Quichotte qui se battent avec talent contre les moulins de la propriété
privée, le marché et le droit. « La propriété, c’est le vol » :
c’est nouveau ! De façon
incidente, je voudrais précisément faire remarquer à nos politiciens Sans Doctrine
Fixe qu’ils mettent la France dans une situation proche de celle de l’Union Soviétique. Le droit au logement opposable ne constitue
en rien une avancée sociale, dont la France aurait à se vanter. C’est au contraire
un retour et au collectivisme et au totalitarisme. Le collectivisme
interdit aux individus et aux familles de constituer et conserver un
patrimoine, et notamment un logement personnel. Le logement ne saurait
être que social, et il est bien normal que la loi Gayssot,
baptisée de « rénovation urbaine », ait été l’œuvre d’un
ministre communiste ; il est moins normal qu’elle ait été avalisée
et promue par Jacques Chirac et Jean Louis Borloo
qui ont multiplié les menaces contre les municipalités qui
ne se résolvent pas à remplacer les maisons individuelles par des HLM. A l’heure actuelle, la plupart des candidats
ont signé la Charte de Nicolas Hulot qui, entre autres imbécillités,
demande la transformation des villes en grands ensembles collectifs
et la fin des résidences pavillonnaires dont tout le monde sait qu’elles
gaspillent l’énergie et menacent la planète. L’idée de réquisitionner
les logements vacants, devenue consensuelle, nous ramène au bon temps
de Vichy et de la libération communiste. Comme en
URSS, c’est la puissance publique qui devrait affecter à chaque famille française
le logement dont il a besoin. Le Dol (Droit Opposable au Logement) installe l’Etat
au centre d’un dispositif dont les libertés locales sont exclues : les communes
vont gérer le droit au logement, mais sous la responsabilité de l’Etat
auquel les SDF et les « mal-logés » pourront opposer leur nouveau droit
social. Le droit social tue le droit et il faut ignorer totalement ce que sont
les droits individuels pour voir dans l’ « opposabilité » un progrès
de la liberté. C’est bien au contraire une négation des droits fondamentaux de
la personne humaine, puisque désormais les individus ne peuvent vivre sans l’intervention
généralisée du pouvoir politique. Le pas décisif est franchi : de l’Etat Providence on passe à l’Etat
totalitaire. Au demeurant,
les Français devraient être alertés quand ils entendent le droit au logement hissé
au niveau du droit à la santé et à l’éducation. Quand le système hospitalier est
en faillite, qu’il n’y a plus moyen de se faire soigner faute de praticiens mais
aussi faute d’argent, quand l’Education Nationale produit
des ignorants, des asociaux, et gaspille la jeunesse, on peut s’inquiéter de voir
à son tour le logement basculer dans la logique politique, bureaucratique, et
collectiviste. Inutile aussi
de préciser que le totalitarisme a un coût financier. Les logements sociaux sont
les pires en matière de rapport qualité-prix, et ne
peuvent survivre qu’à coup d’aides publiques, ce qui fait autant d’impôts nouveaux,
de gaspillages et de passe-droits. Je suis donc
finalement inquiet de voir les SDF à l’assaut de l’Elysée. Il est vrai que le
locataire actuel pourrait recourir à la force publique pour ne pas être expulsé
comme un vulgaire propriétaire. On en parle… Lui, au moins, n’a pas de doctrine
fixe, c’est prouvé. Jacques
Garello
| ||||||||||||||||