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| IMPOTS : LE VRAI DEBAT VA-T-IL S’OUVRIR ? | ||||||||||||||||
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Au début
de la campagne je craignais que l’on fasse l’impasse sur les problèmes de fond
de la société française. Commentant le programme de l’UMP,
les partisans de Nicolas SARKOZY ont naguère laissé entendre que les impôts ou
les retraites ne seraient pas au cœur des débats. Encore aujourd’hui, c’est la
vente de la peur qui fait le fonds de commerce des candidats : peur dans
les quartiers, peur pour la planète, peur de l’étranger, peur de la concurrence.
Pourtant, voici que cette semaine se sont invitées les questions des régimes spéciaux
de retraite et de la fiscalité. | |||||||||||||||
S’agissant
des retraites, il m’étonnerait que l’on allât bien loin. Personne ne veut admettre
que c’est la répartition qui ruine le système français de protection sociale ;
donc on se rabat, comme le Conseil d’orientation des retraites (COR), sur des
mesures qui ont certes quelque intérêt, mais reviennent toujours à rechercher
comment on peut remplir le tonneau des Danaïdes. Je veux bien que l’on se soucie
enfin de l’égalité des cotisations et des pensions entre tous les Français :
dans la logique de la répartition (mais pas dans celle de l’assurance), et il
est en effet scandaleux que les contribuables ou les usagers aient à payer pour
les passe-droits consentis aux salariés du secteur public. On verra d’ailleurs
la puissante réaction de ces corporations qui se sentent de plus en plus assiégées
dans leurs privilèges ; d’autant plus que la Commission de Bruxelles en a
rajouté une couche en dénonçant le monopole de l’énergie dont bénéficient EdF et Gaz de France. Pour le reste, on va demander aux Français
de cotiser et de travailler plus longtemps, et pour éponger la dette sociale on
leur demandera un jour de rester actifs jusqu’à 70 ans ; à ce moment-là ils
se demanderont peut-être si on ne peut pas avoir une même pension en capitalisant
pendant trente ans seulement ! Ils deviendront alors des partisans de la
liberté de l’assurance vieillesse et maladie. Pour
les impôts, il va falloir que nos candidats se jettent à l’eau, et soient bien
plus précis que ce qu’ils étaient jusque là. Mais, outre la précision, il faudra
aller aussi jusqu’à la révolution. La
précision est nécessaire, car on a entendu deux discours importants cette semaine,
qui donnent à réfléchir. C’est Jacques CHIRAC qui, dans ses vœux aux « forces
vives de la nation », a plaidé pour la diminution du taux de l’impôt sur
les sociétés. Ce qui a contenté en un premier temps Laurence PARISOT, parce qu’elle
a enfin entendu reconnaître que la charge fiscale des entreprises françaises est
trop élevée, et ce qui a mécontenté Monsieur MAILLY et les syndicalistes, qui
ont accusé le Président de prôner le « dumping fiscal » - contre lequel
Nicolas SAREKOZY s’est d’ailleurs prononcé à plusieurs reprises, préférant l’harmonisation
à la concurrence fiscale au sein de l’Union. Bien
que je ne me fasse aucune illusion sur la sincérité de notre Président-candidat,
ni sur la cohérence de ses propos, je me suis dit qu’une déclaration en faveur
de la concurrence fiscale était une bonne chose – au moins on en parlait. Mais
évidemment mon enthousiasme a immédiatement été tempéré par la référence au « modèle
social », qui inclut la progressivité de l’impôt direct. Sur le sujet la
position des libéraux est claire : pas d’impôt sur les sociétés du tout,
parce que seules les personnes physiques en réalité paient un impôt, et pas de
progressivité de l’impôt sur le revenu. Or, même abaissé, l’impôt sur les sociétés
pénalise les entrepreneurs et les épargnants français, qui sont ainsi découragés
d’investir dans la production, source d’emplois et de pouvoir d’achat (par hausse
des revenus et baisse des prix). Un de mes amis m’a même fait remarquer que la
baisse de l’IS est avant tout un cadeau fait aux investisseurs
étrangers, qui détiennent plus de la moitié des actions cotées à la Bourse de
Paris. Comme l’origine des profits réalisés par ces grandes sociétés résulte souvent
de leurs activités en dehors du territoire français, on ne voit guère quel pourrait
être l’effet positif sur les épargnants, les salariés et les entrepreneurs nationaux.
Je ne fais pas ici du « patriotisme économique », je dis simplement
que si l’on veut donner aux Français le goût et les moyens d’entreprendre, la
meilleure chose à faire est d’abaisser le taux marginal d’impôt sur le revenu,
et d’en finir avec la progressivité, notamment en s’acheminant vers une flat tax. Ici
entre en scène François HOLLANDE, qui vient à point nommé rappeler que le programme
socialiste consiste au contraire à revenir sur toutes les baisses d’impôts consenties
(pas très difficile, puisqu’il n’y en a pas eu de vraiment significative), mais
de plus à imposer davantage les « riches », c'est-à-dire ceux qui gagnent
plus de 4.000 euros par mois. Cette mesure ne concernera certainement pas Monsieur
HOLLANDE ni sa compagne, qui sans doute ont des revenus inférieurs à 4.000 euros
et les classent parmi les pauvres, pour ne pas dire les indigents. De
toutes façons, comme le répètent avec insistance et lucidité nos amis de Contribuables
Associés, le fond du problème de la fiscalité en France n’est pas du côté des
impôts, mais des dépenses publiques. « Trop de dépenses publiques, c’est
trop d’impôts ». La seule, la vraie révolution fiscale dans notre pays consiste
à réduire la taille du secteur public : réduire l’Etat central, privatiser
les entreprises publiques, revenir aux libertés locales et admettre la concurrence
fiscale entre les collectivités, remettre les dépenses sous le double contrôle
des parlementaires et des citoyens (par le referendum fiscal). Or,
il se trouve que tous nos candidats, à commencer par les plus huppés, sont des
étatistes inconditionnels. Tôt ou tard nous devrons en venir en France au vrai
choix : demeurer esclaves de l’administration et le payer cher, ou nous libérer
de l’Etat providence. Jacques
Garello
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