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ACTUALITE
DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 20 MARS 2004 - N° 787 |
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A vrai dire, il n’y a pas que les jeunes qui boudent les syndicats. Il faut savoir que le taux de syndicalisation est inférieur à 10% en France (8% probablement). Mais ce chiffre est trompeur. Il tient essentiellement à la part des salariés syndiqués dans la fonction publique. Selon les études les plus sérieuses, le taux de syndicalisation atteindrait à peine 1% dans le secteur privé, et serait même proche de 0% dans certains secteurs innovateurs comme l’informatique. Mais qu’en est-il des jeunes ? Leur taux de syndicalisation serait environ cinq fois inférieur à celui des salariés en général ; donc moins de 2% des jeunes (moins de 30 ans) au total seraient syndiqués. Si l’on extrapole la proportion dans le secteur privé, cela donne environ un taux de 0,2%. Un triomphe pour les syndicats. Ceux-ci s’inquiètent et ne s’en cachent pas. Parce que leurs adhérents sont âgés. Et selon les secteurs, c’est 20% à 40% des syndiqués qui partiront en retraite dans les cinq années à venir. Et qui ne seront pas remplacés par des jeunes. Le secrétaire général des jeunes CGT admet pour sa part qu’il prévoit le départ de 100 000 cégétistes dans les quatre ans à venir. La CGT a beau rajeunir certains de ses cadres, en particulier du comité exécutif, la base ne suit pas et les jeunes ne représentent que moins de 9% de l’ensemble des syndiqués, alors qu’ils représentent un pourcentage beaucoup plus élevé de la population active. Et encore moins à la CFDT (moins de 6% des syndiqués), où il n’y a en outre pratiquement aucun relais chez les quadragénaires. Certes, les syndicats lancent campagne sur campagne, sans succès. Pourtant aucun effort n’est épargné, pas même une assistance juridique pour les saisonniers dans les stations balnéaires. Faut-il s’étonner de voir les jeunes bouder les syndicats ? Pas vraiment, si l’on réfléchit au fait que le syndicalisme à la française est extrêmement daté. Cela correspond aux grands combats -et aux grandes entreprises– des années 60 ; aux salariés qui changent peu d’entreprise ; à un monde industriel dominant ; à une société plutôt statique. Rien de tout cela n’existe plus et il est normal que les jeunes ne se reconnaissent pas dans des syndicats archaïques et politisés. Les jeunes savent que la mobilité, c’est l’avenir. Ce qui les intéresse, c’est d’avoir des emplois intéressants et non pas l’emploi à vie garanti statutairement dans la même entreprise. Ce qui les intéresse, c’est de saisir des opportunités, non de garder des avantages acquis. Les Echos, qui avaient lancé une enquête sur le sujet, notent que « les syndicats s’inquiètent du renouvellement de leurs adhérents ». Ils ont raison. Mais nous, cela ne nous inquiète pas. Le déclin syndical sera une libération pour l’économie française. Avant d’en arriver là, il faudra arracher aux syndicalistes les privilèges exorbitants et les financements honteux (même s’ils sont légaux) dont ils bénéficient. Pour l’instant nous sommes encore à l’heure de la « dictature des syndicats » bien dénoncées, preuves et chiffres en mains, par Bernard Zimmern (éditeur B. Laffont, analyse dans la rubrique Livres du site Libres.org).
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