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ACTUALITE
DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 5 AVRIL 2003 - N° 733 |
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Le Congrès de la CGT, qui vient de se tenir à Montpellier, permet de faire le point sur la centrale syndicale. Les médias s'en sont tenus aux apparences, c'est à dire au discours de recentrage de Bernard THIBAULT, qui " exclut toute attitude de soutien ou de co-élaboration d'un projet politique, quel qu'il soit ". Révolu le temps où le secrétaire général de la CGT appartenait de droit au bureau politique du parti communiste. Depuis 2001 Bernard THIBAULT n'est plus au conseil national du parti communiste, sans cesser pour autant d'être communiste. Il est vrai que le PCF ne fait plus recette, il se traîne à 3,5% des voix, et c'est l'intérêt de la CGT qui se veut la première centrale syndicale de ne plus apparaître comme une simple courroie de transmission. Mais y a-t-il un changement autre qu'en façade ? Lorsque Bernard THIBAULT dit que " la CGT peut entretenir si nécessaire des relations avec toutes les organisations démocratiques qui le souhaitent ", il suffit de rappeler que la liste de ce que la CGT considère comme digne du label démocratique est bien limitée. D'ailleurs la quasi-totalité des membres du bureau confédéral de la CGT appartiennent aussi, comme Bernard THIBAULT, au PCF…
Pourtant, il nous a semblé observer une évolution au sein de la CGT. Elle qui n'admettait qu'une tendance en son sein, la tendance communiste orthodoxe ou stalinienne, la voilà qui ouvre ses rangs à des courants nouveaux, tous issus du gauchisme. La CGT essaie de récupérer à son profit les courants d'extrême-gauche que le PCF n'arrive plus à canaliser. Cela se traduit par le fait que le rapport d'activité n'a été adopté que par 74,65% des votants, contre des scores habituels très supérieurs à 90%. Et il y a eu 12,99% de votes contre et 12,36% d'abstentions : ce n'est pas le signe d'une démocratisation de la centrale syndicale, mais de la poussée gauchiste en son sein. C'est la poussée de ceux qui n'acceptent même pas l'évolution du vocabulaire et " n'acceptent pas l'abandon du syndicalisme de classe, de l'objectif de la suppression du capitalisme ". Qui sont-ils ? Outre les staliniens les plus durs, qui remettent en cause la ligne " modérée " du PCF, on y trouve des trotskistes, notamment du parti des travailleurs et de la Ligue communiste révolutionnaire.
Ils reprochent
à la CGT d'avoir adhéré à la confédération européenne des syndicats,
d'être trop conciliante sur les retraites (sic) et de ne pas refuser
a priori de participer aux instances chargées de labelliser des produits
d'épargne salariale. C'est tout juste s'ils n'accusent pas la direction
actuelle de la CGT de collaboration de classe. Comme par hasard, ce
courant gauchiste s'appuie avant tout sur les syndicalistes du secteur
public. Il suffit pourtant de suivre au jour le jour l'action de la
CGT (et nous en parlions ici même la semaine dernière dans notre article
de conjoncture sur le rail) pour voir que l'ouverture de la CGT est
toute relative : ce syndicat n'a pas changé sur le fond, il est et demeure
marxiste. M. THIBAULT n'a cessé au cours du congrès de dénoncer le "
cynisme "du patronat. Mais désormais il faudra compter avec une forte
minorité qui fera, à la base comme au sommet, de la surenchère. Changer
le pouvoir de Madame BUFFET pour celui de Messieurs BESANCENOT et KRIVINE,
cela ne nous rassure pas sur le plan des conflits sociaux à venir. Voici
de nouveaux " partenaires sociaux " se profiler à l'horizon. La nouvelle
CGT va nous faire regretter celle des vieux staliniens. |
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