ACTUALITE DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 9 NOVEMBRE 2002 -
N° 728


BLONDEL : LE SYNDICALISME DU STATU QUO


Parmi les facteurs majeurs du blocage de la société française, on trouve les grands syndicats, champions de la tyrannie du statu quo et des avantages acquis. Rien ne pourra évoluer en France tant que les syndicats auront un pouvoir exorbitant et que, pour le gouvernement, le « dialogue social » passera par le monopole syndical. Dans ce conservatisme syndical, FO est en première ligne et les déclarations récentes de Marc BLONDEL à notre confrère La Provence montrent bien ce syndicalisme du statu quo.

A propos des privatisations : « S’agissant d’EDF, pourquoi ouvrir au privé si ce n’est par idéologie ? Je conçois la nationalisation et le service public quand cela répond à un besoin vital des concitoyens. C’est dangereux de faire rentrer EDF dans la moulinette du marché parce que l’électricité est nucléaire (sic). Je m’interroge d’ores et déjà sur les conséquences de la présence de Total dans le capital d’EDF. Si Total investit, cela devra lui rapporter de l’argent. Moi, je ne souhaite pas obligatoirement qu’EDF rapporte de l’argent ». En effet. Vivent les déficits !

A propos cette fois de la croissance : « Je suis très keynésien. Le 1% de croissance ne permet pas l’acquisition de droits nouveaux importants. Le seul moyen que nous ayons, c’est le soutien de la consommation, c’est à dire réaffecter du pouvoir d’achat aux plus modestes. Cela sous-entend une participation de l’Etat. C’est là qu’on trouve une contradiction : peut-on rester dans la ligne de Maastricht quand l’économie fait du surplace (…). On ne peut relancer son économie que par le déficit budgétaire ». Encore les déficits ! C’est décidément une constante chez BLONDEL.

Enfin sur la sécurité sociale, vache sacrée du syndicalisme : « La sécurité sociale, c’est l’acquis le plus important du monde du travail. Je suis pour une sécurité sociale solidaire et égalitaire. Le ministre de la santé Jean-François MATTEI dit comme moi qu’il ne faut pas privatiser, ni étatiser (…). Je ne désespère pas qu’on retourne à un système de sécurité sociale, qui respire avec la société. Je ne me fais aucune illusion, la sécurité sociale sera toujours déficitaire parce que c’est un secteur ou l’on fait des recherches en permanence (re-sic). (…). Pour maintenir le système actuel des retraites et des pensions, il faut prélever en 2040, 18% du PIB. Aujourd’hui nous en sommes à 12,5%. Est-ce un drame ? Je suis pour les 37 ans et demi d’annuités pour tous et pour la retraite à 60 ans. Si le gouvernement organisait un référendum sur ce dossier, nous gagnerions ». Autrement dit, prés de 6 points de plus de prélèvements obligatoires et l’alignement du privé sur le public et non l’inverse !

Voilà les interlocuteurs que le gouvernement se donne. Voilà pourquoi la France restera socialiste. Pour faire la révolution libérale, il faudra d’abord remettre le syndicalisme à sa place, en finir avec les privilèges juridiques, financiers et médiatiques dont jouissent les leaders syndicaux, tyrans du statu quo.