|
ACTUALITE
DE LA NOUVELLE LETTRE
DU 16 MARS 2002 - N° 703 |
||
|
|
||
|
Depuis dix ans, la justice s’est régalée de faire trembler le monde patronal, de multiplier les poursuites pour des « abus de biens sociaux » plus ou moins imaginaires, de traîner dans la boue les plus grands dirigeants d’entreprises, au prétexte de pollutions, d’accidents du travail, et enfin d’être sans arrêt sur le dos des petits entrepreneurs, artisans et commerçants qui sont, il est vrai, dans l’impossibilité d’être en conformité avec une législation pléthorique et aberrante. Par contraste, les syndicalistes paraissent réellement au dessus des lois. Tout leur est permis, et ils ne se privent pas d’user et d’abuser de cette impunité, comme le montre une enquête récente de Capital (mars 2002) sur le financement occulte des syndicats. Les pratiques délictueuses ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà en 1999 un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) avait dénoncé l’opacité des comptes des grandes centrales, toutes tendances confondues. Boudés sinon condamnés par les salariés, les syndicats ne peuvent compter sur les cotisations de leurs membres pour assurer leur fonctionnement : elles ne représentent que 20 % de leur budget dans le meilleur des cas. Alors d’où vient l’argent ? 30 % de subventions de l’Etat, 25 % des aides des organismes paritaires, et le reste des aides indirectes qui leur sont fournies par les pouvoirs publics : rémunération d’emplois fictifs, salariés détachés de l’administration, conseillers techniques payés sur le budget de la Sécurité Sociale, prélèvement arbitraire sur les cotisations salariales, etc. C’est au total au moins 472 millions d’euros que les syndicats reçoivent de cette façon, les deux organismes les plus « généreux » étant le ministère de l’Economie et celui des Affaires Sociales. Il faut aussi compter avec les avantages que les mutuelles consentent aux leaders syndicaux qui en sont les administrateurs et les dirigeants. René TEULADE, ancien ministre et colistier de François HOLLANDE, est une figure emblématique de ces montages financiers, il en a coûté cher à la mutuelle gestionnaire des retraites de la fonction publique (surprenant, n’est-ce pas ?). Cette enquête sur le financement occulte des syndicats est symptomatique de la profondeur du mal qui ronge la démocratie actuelle en France. Car ces gens n’ont aucune représentativité : moins de 6 % des salariés sont syndiqués, encore les gros bataillons sont-ils dans la fonction publique (30 %) tandis que le secteur privé ignore le syndicalisme (moins de 5 %, 0.5 % dans les PME). Mais les syndicats exercent un lobbying permanent auprès des pouvoirs publics, et savent se faire entendre, au mépris de tout droit, au mépris de la liberté des autres. Voilà pourquoi ils sont à Barcelone : touchez pas au grisbi ! |
||
|
|