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TRENTE ANS DE SMIC Le SMIC fête ses trente
ans. Trente ans de protection ou d’exclusion ? Le SMIC le remplacera. Il sera non seulement
indexé sur les prix, mais aussi sur la croissance économique, dans le
but de faire partager à tous les fruits de la croissance économique. Manque
de chance, la croissance ‘disparaît’ trois ans après. Le SMIC est revalorisé
tous les ans au mois de Juillet. Il est indexé automatiquement lorsque
l’indice des prix à la consommation (calculé par l’INSEE) varie à la hausse
de plus de 2% (par rapport au mois de Juillet de l’année précédente).
De même le SMIC est aussi indirectement indexé sur le salaire moyen ouvrier.
En effet, le ‘pouvoir d’achat’ du SMIC ne doit pas être inférieur à la
moitié du salaire horaire moyen ouvrier. Ce sont aujourd’hui près de 11
% des salariés qui sont au SMIC (soit 40,72 Francs brut de l’heure ; à
temps complet cela correspond à 6881,68 Francs brut mensuel). Pourquoi un salaire minimum ? Au delà de
l’indexation des salaires à l’évolution des prix, on trouve une double
logique derrière la mise en place d’un salaire minimum. - Tout d’abord une logique sociale : le
salaire minimum serait un filet de sécurité et un outil de lutte contre
les inégalités salariales. - Ensuite une logique économique : d’après
les théories d’obédience keynésiennes, une augmentation des salaires serait supposée
faire repartir la demande et donc bénéficierait à la croissance économique. Malheureusement, cette double logique est
bel et bien fausse. En matière de social, le SMIC est en effet un filet
social, mais pour ceux qui le touchent ! Pour ceux qui ne peuvent pas
le toucher, c’est une autre histoire ! En effet, si le SMIC a permis quelque
chose, c’est bien d’exclure du marché du travail ceux et celles qui
ont une productivité inférieure à la productivité équivalent au SMIC.
Pour être clair, la mise en place d’un salaire minimum dénie à certaines
personnes le droit de travailler. Il n’est donc
pas déplacé de dire que le SMIC est une mesure implicitement, et involontairement,
ségrégationniste. Les socialistes au coeur généreux (avec l’argent des
autres) vous parlent tout de suite de ‘dignité humaine’ dans les relations
de travail etc. mais le fait est là : quelqu’un qui a toutes les peines
du monde à comprendre ce qu’on lui demande de faire, qui fait les choses
à moitié ou de travers ou bien quelqu’un qui a un désavantage culturel
parce qu’avec un faible capital humain pour diverses raisons ; cette personne,
s’il y a un salaire minimum,
ne pourra tout simplement pas être employée parce que la valeur qu’elle créerait serait très inférieure
au coût que représenterait son salaire (SMIC). C’est à première vue quelque
chose qui ne fait pas plaisir à entendre, mais lorsque vous passez des
journées entières à perdre du temps dans votre entreprise pour passer
derrière des gens qui ne savent pas travailler, vous avez tout de suite
une autre vision des choses ... Concernant l’effet escompté du salaire
minimum sur la stimulation de la demande, on a expérimenté largement les
recettes socialistes en économie ouverte, et on sait à quelles catastrophes
elles ont mené... Dans cette perspective, il faut avoir le
courage intellectuel d’aborder le problème délicat, médiatiquement parlant,
des banlieues. A l’heure où l’on réfléchit à un plan anti-violence dans
les écoles des banlieues difficiles, il serait grand temps de réaliser
que les banlieues sont devenues des ghettos où s’entretient un sous-développement
économique. Ces banlieues regorgent de gens à productivité relativement
faible. Nous récoltons aujourd’hui les fruits de l’établissement d’un
salaire minimum. On a, encore une fois, refusé à certaines personnes le
droit de travailler, on les a exclues du marché du travail, les laissant
dans l’oisiveté et la détresse psychologique. Est-il étonnant qu’on en
soit arrivé là ? L’urgence de la suppression du SMIC est d’autant plus
grande que ces gens sont entassés dans leur jeunesse dans les garderies
que représentent aujourd’hui les collèges et les lycées difficiles où
on leur apprend la paresse récompensée et la déresponsabilisation. Alors
que ces gens auraient pu accumuler du capital humain en allant travailler
depuis l’âge de quatorze ou quinze ans, comme cela se faisait encore il
n’y a même pas trente ans, ils perdent toute crédibilité quand ils sortent
à 18 ou 20 ans de structures d’éducation dans lesquelles ils n’ont reçu
aucune éducation. En bref, on apprend à des générations entières à ne
pas travailler, si bien qu’on en fait des travaillophobes en puissance.
Alors qu’on y assiste à un processus de décivilisation flagrant, supprimer
le SMIC permettrait un regain de développement économique dans ces zones
sinistrées qui font le terreau du discours raciste. « Mais quoi ? Vivre en dessous du
SMIC ? ». Il est évident qu’une suppression du SMIC doit s’accompagner
de mesures de deux ordres pour être juste et efficace. Tout d’abord une
baisse de nombreuses allocations et avantages sociaux qui constituent
une désincitation au travail et sont donc facteur de chômage volontaire.
Si les salaires baissent c’est d’autant plus d’incitation à ne pas travailler...
Ensuite, une baisse des impôts. Vivre avec 1000 F de moins quand on a
aussi 800 F de taxes sur l’essence (près de 550 % !!!) en moins à payer
par exemple, ça n’est peut-être pas le bout du monde... L’Etat-Providence
nous donne l’impression de nous donner beaucoup, mais il nous prend nécessairement
plus que ce qu’il nous donne, et ceci n’est pas forcément vrai que pour
les riches, bien au contraire comme nous l’avons montré. Et ce qu’il nous
reprend avant tout, c’est notre responsabilité, ferment de la civilisation. Mots-clés : Salaire Minimum, SMIC, Violence
scolaire. Le 26 Janvier 2000
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