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MISERE DU SMICPetite révolution dans le petit monde des économistes hexagonaux ? Le Smic et la redistribution sociale pourraient avoir des effets d'appauvrissement sur la population … C'est en substance les conclusions d'une étude publiée par l'INSEE. Mais pourtant on nous rebat les oreilles depuis des années avec l’argumentation-type des keynésiens, malthusiens et marxistes. On nous dit que des salaires et prestations sociales plus élevés doivent rendre les gens plus riches. Et des gens plus riches, ce sont des gens moins pauvres ! Et des gens qui consomment plus, donc des gens qui font 'tourner la machine économique'. Ca s'rait-y pas pour ça qu'ont été mises en place toutes nos belles législations … En résumé : plus vous dépensez, moins il y a de chômage. Ce tour de passe-passe intellectuel ignore évidemment les lois élémentaires de l’économie. Une dépense doit être financée. Le financement d’un emploi marchand, c’est la meilleure formule à tous points de vue. Si le financement vient de l’Etat, ou d’un emploi fictif créé par l’Etat, cela suppose un prélèvement obligatoire : c’est autant qui sera dépensé en moins ailleurs, et qui aurait permis la création d’un emploi… En dépit de ces évidences, on a encore récemment proposé un relèvement du smic, le Parti Communiste et la CGT ne parlent que de « relever les minima sociaux » et on a fêté en grande pompe les trente ans du smic au mois de janvier dernier. Toute la presse, dans un réconfortant consensus mou autour de la véritable pensée unique, célébrait joyeusement l’événement. Trois mois plus tard, les journaux comme de nombreux économistes se félicitaient de la décision de l'Irlande d'adopter le salaire minimum : l'Europe était enfin au diapason. Pourtant l'idée d'un Smic européen harmonisé ne semblait pas séduire les économistes : trop de disparités de développement …Cela pourrait se révéler une mesure néfaste. Comme si, par contre, sur le sol hexagonal, l'ensemble des communautés avait atteint le même niveau de développement économique … On n’en était pas à une incohérence près. Ils travaillent sur un échantillon représentatif de 9 600 000 adultes de 25 à 49 ans (6,35 millions avec un emploi à temps plein ; 3,25 millions sans emplois dont 1,5 million au chômage). Les auteurs estiment que sur les 3,25 millions de sans emplois, 59 % le seraient volontairement, 20 % ne peuvent pas avoir d'emploi à cause du Smic, 23 % ne trouvent pas d'emplois. Mais ce sont les chiffres et commentaires concernant le chômage qui nous intéressent : "les chômeurs se classent pour 25 % dans le non-emploi classique" (le smic leur interdit de travailler car leur productivité est trop faible en comparaison du niveau du Smic), "31 % dans l'autre non-emploi" (chômage involontaire) "et pour 46 % dans le non emploi volontaire. Le fait que près de la moitié des chômeurs sont classés dans le non emploi volontaire peut paraître paradoxal, puisqu'un chômeur est par définition à la recherche d'un emploi. Ce classement signifie simplement que ces personnes gagneraient peu à prendre un emploi, de sorte qu'au vu du comportement moyen dans la population, elles ne devraient effectivement pas participer".
Le 31 mai 2000
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