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Comme chaque année, la Cour des comptes, dans son rapport annuel, épingle les dérives de la gestion publique et des dépenses publiques. Nous n’allons pas reprendre la liste des secteurs épinglés, ce serait trop fastidieux et, hélas, comme rien ne change, ce sont les mêmes critiques qui apparaissent chaque année. Notons seulement que la Cour critique les opérations immobilières des affaires étrangères : il y est question de « situation critique », de « défaut de pilotage » et « d’efficacité insuffisante ». Notons aussi les critiques adressées à la direction générale de la santé, dont « l’efficacité est mise à mal par l’éclatement de ses responsabilités ». Que pouvait-on attendre d’autre de la gestion publique des ressources ? Cette année, nous nous contenterons de relever ce qui concerne la télévision publique qui est un domaine emblématique de la bureaucratie et de la gestion étatique. Le Figaro économie résume ce qui concerne France télévisions : « Stratégie dans le numérique incertaine, participation inutiles, dépenses de personnel incontrôlées ». Voilà pour le constat sans appel. Après cette analyse, il ne reste rien debout de la stratégie de la télévision publique. C’est
ainsi qu’il « appartient aux autorités politiques d’apprécier
sans trop attendre si un effort supplémentaire doit être demandé aux téléspectateurs
par la biais de la redevance ou si la rigueur des temps impose, faute
de pouvoir financer la diversité des chaînes qui composent la télévision
publique, d’en revoir les périmètres ou d’en réduire les ambitions ».
Rappelons tout de même que la redevance, en hausse de 3,2% cette année,
a rapporté la bagatelle de 82 millions. Et Renaud DONNEDIEU DE VABRES,
ministre de la culture et de la communication, a obtenu une rallonge de
dépenses publiques de 20 millions d’euros. Les chaînes publiques, qui,
en outre, ont le financement de la publicité (8 minutes par heure au lieu
de 12 dans les chaînes privées) ne sont pas dans la misère. Mais le gouvernement ne veut pas augmenter le recours à la publicité, pour ne pas « pénaliser » la presse quotidienne régionale et nationale. Le gouvernement préfère les financements publics aux financements privés. Et il s’inquiète même de voir la grande distribution autorisée en 2007 à faire de la publicité sur les petits écrans. Bref il n’aime pas la concurrence et préfère encadrer la publicité. Mais la cour des comptes est surtout critique envers les hésitations stratégiques de la tutelle gouvernementale. Pourquoi France télévisions est-elle devenue actionnaire de référence du bouquet TPS, avant d’en céder les parts ? Le Figaro précise : « les allers et retours dans la télévision numérique terrestre constituent autant d’incohérences. A l’origine, France télévisions devait constituer un bouquet de chaînes sur la TNT. Or aujourd’hui, France 4, émanation de Festival, sera la seule télévision créée ». Autre critique : les participations détenues par France télévisions dans des filiales où elle n’exerce aucun pouvoir. Par exemple dans les chaînes publiques de l’audiovisuel extérieur comme la chaîne francophone TV5, Canal France International et Arte. Il faudrait que ces entreprises voient leur stratégie contrôlée par leur actionnaire ou alors « il serait plus logique que ces participations soient sorties du groupe ». Mais c’est surtout la mauvaise gestion des ressources humaines qui est épinglée. « La maîtrise des dépenses de personnel n’est pas assez assurée. Pis, les chaînes publiques ne disposent pas de vrai outil de gestion prévisionnelle, ni de suivi de l’emploi ». Bref, c’est n’importe quoi dans ce domaine. Le rapport est donc très critique. Il ne propose pas pour autant de solutions vraiment libérales. Faut-il s’en étonner, puisque le rapport est signé de Philippe SEGUIN et que la Cour des comptes ne passe pas pour un repaire de l’ultralibéralisme. Mais c’est justement cela qui est intéressant : qu’un organisme largement pro-étatique, dominé par la gauche socialiste, « critique la stratégie incertaine de France télévisions » et, en clair, qu’il dise que la télévision publique, c’est à peu prés n’importe quoi. Aux économistes de montrer qu’il n’y a là rien de surprenant et que ce n’est qu’une conséquence logique d’une gestion publique. Car la
solution, à laquelle ne pense évidemment pas Philippe SEGUIN, devrait
s’imposer d’elle-même : il faut privatiser la télévision publique.
Elle coûte cher et n’offre aucun intérêt particulier en termes de programmes.
Des chaînes privées présenteraient l’avantage de ne rien coûter au contribuable
et d’essayer de répondre à la demande du public.
Mais peut-être le gouvernement en est-il resté à la glorieuse époque de
Georges POMPIDOU, pour lequel l’ORTF était « la voix de la
France ». Avec une télévision totalement privée, ce serait au moins
la voix des Français. C’est déjà mieux.
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