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L’ETAT : LA SEULE « ENTREPRISE » QUI
S’ACCROIT QUAND ELLE EST DEFAILLANTE
Les décideurs politiques sont attaqués pour leur inertie passée dans l’affaire de la vache folle, le déficit budgétaire de la France augmente, Jack Lang annonce des créations d’emplois dans l’Education Nationale ; Quel est le lien entre les différents évènements de la semaine passée ?La réponse est simple : plus l’Etat est en échec, plus il s’accroît. Quand la réalité dépasse la théorie des décisions politiques. Oublions un instant les missions spécifiques de l’Etat et observons-le comme s’il n’était qu’une firme comme une autre. La conclusion ne se fait pas attendre. L’Etat est un mauvais gestionnaire : malgré une croissance soutenue (3,3% contre 2,9% en 1999), Bercy affiche pour l’année 2000 un déficit budgétaire de 236 milliards de francs, en augmentation de 3 Milliards par rapport à l’année dernière. Pour autant, un tel déficit pourrait être acceptable si l’Etat affichait des réussites notables face aux missions qui lui sont confiées : produire des biens collectifs, garantir l’intérêt général, protéger le consommateur des « errements » des marchés, etc.,. Mais là encore, le bilan est loin d’être positif. L’Etat est un mauvais producteur La théorie économique concède une place majeure aux pouvoirs publics quand il s’agit de produire des biens collectifs et particulièrement des biens sous tutelles. En effet, les incitations privées à fournir ce type de biens seraient insuffisantes. Nous tenons là une justification de l’existence de l’Education Nationale. Pour autant, le mammouth est loin de tenir ces promesses. Faut-il rappeler que 60 000 élèves sortent chaque année sans diplôme de cette institution, que l’illettrisme augmente de manière alarmante ? Face à cela l’Etat…embauche ! C’est la philosophie majeure du plan de programmation de l’éducation nationale annoncé par Jack Lang. Tout en manifestant sa foi dans le service public de l’éducation nationale, le ministre annonce l’embauche sur trois ans de 185 000 enseignants et non enseignants, avec une création de 33 000 emplois (et 152 000 remplacements de départs en retraite). Une telle aberration était toutefois prévisible. En effet, les théoriciens du « marché politique » ont expliqué depuis vingt ans cette réaction de l’Etat face à un échec : les bureaucrates et les fonctionnaires justifient systématiquement leur défaillance en invoquant l’insuffisance des budgets et le manque de personnel. En conséquence, tout échec appelle un grossissement de la structure. De plus, n’oublions pas qu’une bonne partie des personnels « non-enseignants » qui seront titularisés font partie des charrettes d’emplois-jeunes et de contrats-solidarités créés par le gouvernement afin de réduire les chiffres du chômage. Il fallait bien qu’il en fasse quelque chose. En conséquence, il signe et persiste dans son statut de premier employeur de France, un « patron » qui -faut-il le rappeler ?- ne connaît même pas le nombre de ses employés. L’Etat est un mauvais patron. Non content d’œuvrer dans la plus totale opacité, l’Etat est aussi un « patron » qui manque de poigne puisqu’il cède systématiquement aux revendications de ses salariés, qui constituent une plate-forme électorale attractive et disposent de moyens de chantage de poids, les grèves par exemple. Les exemples abondent mais contentons-nous d’un seul, particulièrement édifiant. Lors des débats concernant le partage de la fameuse « cagnotte », l’idée de supprimer la redevance télé avait reçu un accueil pour une fois unanime des économistes de toute obédience, des hommes politiques de tous bords et, évidemment, des citoyens. Finalement, l’idée a été abandonnée …parce que les agents de la fonction publique chargés de prélever l’impôt ne voulaient pas perdre leur emploi ! Si au moins ces défaillances étaient compensés par l’efficacité de l’Etat dans son rôle de régulateur, d’arbitre impartial et bienveillant oeuvrant pour l’intérêt général face à « la jungle sans scrupule des marchés ». Mais il n’en est rien puisque l’Etat lui-même est attaqué pour son inertie dans les affaires de l’amiante, de la vache folle… une liste qui ne saurait manquer de s’étendre. Que
penseriez-vous d’une entreprise qui est perpétuellement en déficit, qui
produit des biens de mauvaise qualité, qui cède à toutes les revendications
de ses employés dont elle ne connaît même pas le nombre exact et qui,
face à ce bilan, embauche ? Vous penseriez qu’il s’agit d’une affabulation et
pourtant c’est bien réel : cela
s’appelle… l’Etat ! Mots-clés : Bien public, Etat, Marché politique.
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