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GREVES EN SERIE La semaine noire
que la France vient de vivre semble annoncer l’ère des grèves en série.
SNCF, RATP, Air France,…autant d’entreprises publiques françaises dont
les fonctionnaires, encouragés par des syndicats plus remontés que jamais,
ont décidé de monter au créneau. En annonçant une série de grèves visant
à paralyser, une fois de plus, les transports nationaux, ils revendiquent
une hausse des salaires, estimant avoir le droit de profiter de la croissance
de l’activité économique. La grève des cheminots de la SNCF est de loin la manifestation
la plus réussie. De mémoire de gréviste, cela faisait plus de vingt ans
que l’appel à la paralysie du trafic pour faire évoluer la question salariale
n’avait pas fait l’objet d’une telle unité. Les 0,4 % d’augmentation pour
tout le monde consentie par Louis GALLOIS en juin dernier ont fait sourire
les secrétaires généraux qui réclament beaucoup plus : la CFDT demande
800 Francs de hausse et un salaire de base porté à 7800 Francs (au lieu
des 6800 Francs en vigueur aujourd’hui) ; la CGT exige une augmentation
de 6 % et SUD Rail préfère parler de 1500 Francs. Résultat : une
trafic quasi nul sur l’ensemble de la France et un service très dégradé
pour les Eurostar et les Thalys. Les organisations syndicales étaient plus divisées
lors de la grève à la RATP, où les nuisances étaient plus concentrées
sur les lignes RER que sur les réseaux de bus et de métros. Enfin, chez Air France, seul le Syndicat National des
Pilotes de Ligne (SNPL) avait déposé un préavis de grève allant du 1er
au 4 octobre, qui a fini par être levé, les syndicats minoritaires ayant
déjà perturbé le trafic les 22, 23 et 24 septembre dernier. Si l’ensemble des revendications sur la hausse des
salaires dans le secteur public fait le bonheur des syndicats, c’est que
toutes ces manifestations arrivent « à pic » pour redorer leur
image de marque. Car leur existence même procède de la colère (attisée…)
de leurs syndiqués, de la médiatisation de leurs « bras de fer »
réguliers, de l’ampleur des mouvements dont ils se réclament. Il est dans
l’intérêt des syndicats que le climat social s’embrase. Et à l’heure d’une
nette amélioration de la situation matérielle des Français, la reprise
des conflits était vitale. Epaulées par un Lionel JOSPIN avide de quelques
points de popularité, les principales organisations syndicales du pays
cherchent donc a attiser un « ras le bol » national qu’ils ont
eux-mêmes initié. Alors bien sûr, dans une telle atmosphère d’irresponsabilité,
la solution proposée par Ernest Antoine SILLIERE passe à peu près inaperçue.
Le MEDEF explique que la hausse du pouvoir d’achat viendrait plus logiquement
d’une baisse des cotisations sociales que d’une augmentation supplémentaire
des charges des entreprises. Mais surtout, il s’insurge légitimement contre
cette méthode franco-française de prendre la population en otage et de
paralyser toujours un peu plus l’activité économique pour distribuer arbitrairement
des privilèges que la majorité silencieuse rembourse au quintuple. Le
MEDEF réclame à grands cris ce que la plupart des pays européens ont établi
avec la bénédiction de l’ensemble de la population : le service public
minimum. Il cherche à convaincre des dirigeants politiques particulièrement
frileux à la veille d’échéances électorales primordiales, politiques qui
ont de toutes façons toujours été les compagnons de route des syndicats
irresponsables. Et pourtant, un service public minimum, c’est bien le
minimum qu’on puisse atteindre dans un état de droit qui ne voudrait pas
prendre la population en otage. Mots
clés : Electoralisme, Service
public, Syndicat.
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