E-ADMINISTRATION : LA FRANCE A LA TRAINE

L’étude publiée par Accenture, le 23 avril 2002, sur le développement de l’e-administration dans le monde, place la France au 12ème rang mondial. Classée en tête des pays européens et cinquième mondial en 2000, la France avait plongé au 11ème rang mondial en 2001, et perd encore une place cette année. D’après les analystes, son développement a été freiné en raison de son incapacité à mettre en œuvre des sites de services opérationnels à destination des usagers. Dans un pays champion des politiques publiques inefficaces, il est flagrant de constater que les autorités publiques françaises tardent à lancer une véritable politique d’innovation de l’administration qui est pourtant nécessaire à la modernisation de l’appareil étatique. Il serait temps, pour les pouvoirs publics, de s’apercevoir qu’Internet constitue un formidable vecteur pour rapprocher l’administration du citoyen…


Elève moyen, peut mieux faire… L’étude Accenture sur le développement de l’e-administration dans le monde, publiée le 23 avril 2002, place la France au 12ème rang mondial. Cette étude consiste à analyser la stratégie et les investissements de 23 Etats dans les services en ligne utiles à leurs citoyens. Au total, 169 services ont été passés au crible, regroupés en neuf secteurs principaux, allant de la justice à l’éducation, en passant par les services des impôts. Dans chaque cas, l’étude a pris en compte le degré de perfectionnement des services via les réseaux, allant du simple site d’information à un niveau d’interactivité plus évolué jusqu’à la possibilité d’effectuer des transactions Etat-citoyen, directement sur Internet.

Classée en tête des pays européens et cinquième mondial en 2000, la France avait plongé au 11ème rang mondial en 2001, et perd encore une place cette année. D’après les analystes, son développement a été freiné en raison de son incapacité à mettre en œuvre des sites de services opérationnels à destination des usagers. Au premier abord, on peut s’étonner que, dans un pays comme la France, les pouvoirs publics tardent à mettre en œuvre une véritable politique d’innovation de l’administration. Cependant, les difficultés de la France à progresser en matière d’e-administration ne peuvent s’expliquer que par l’incapacité des politiques à réformer l’Etat en profondeur et à moderniser l’administration. A cela, il faut sans doute ajouter les difficultés qu’ont les administrations françaises à déléguer une partie de leur compétence, notamment en travaillant avec des entreprises privées, pour développer de vrais outils Internet de service aux usagers. En somme, l’appareil administratif français ferait une fois de plus la preuve de son archaïsme par rapport à des pays où l’e-administration s’est considérablement développée, comme le Canada ou les Etats-Unis. A titre illustratif, il est intéressant de remarquer qu’en France 16 619 déclarations d’impôts ont été remplies par Internet en 2001, alors que 500 000 Québéquois transmettaient pour cette même année leur déclaration de revenus par Internet. De même, il est symptomatique de noter que dans notre pays, 900 formulaires sont disponibles en ligne, soit seulement 51% des formulaires, qui sont pour la plupart exclusivement réservés à l’impression, et ne peuvent être envoyés que par La Poste ! Dans les pays plus avancés comme les Etats-Unis, le nombre de formulaires disponibles sur le Net est beaucoup plus important, et certains peuvent être remplis et envoyés en ligne directement au service concerné. On peut alors réellement dire que l’administration fournit aux citoyens de véritables services électroniques, ce qui est loin d’être le cas en France.

Il est regrettable que les pouvoirs publics français n’aient pas opté pour une véritable politique d’innovation pour moderniser l’administration. En effet, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, et en particulier le réseau Internet, sont de véritables outils au service de la modernisation et de la rationalisation de l’administration. D’une part, le développement de l’e-administration doit permettre d’améliorer le service offert au public, en simplifiant les démarches administratives pour les internautes, et de rapprocher ainsi l’administration du citoyen. D’autre part, les nouvelles technologies doivent bénéficier à l’administration elle-même, en permettant aux fonctionnaires de se décharger de tâches répétitives et parfois inintéressantes au profit d’un travail en réseau plus efficace. Mais surtout, le développement de l’e-administration doit se traduire par une baisse significative des coûts de fonctionnement des services administratifs. En somme, le développement de l’administration électronique tend à assurer une plus grande transparence, car l’accès à l’information est facilité, ainsi qu’une plus grande rapidité de fonctionnement des services administratifs. En contre-partie, le développement de l’e-administration doit s’accompagner d’une renforcement de la protection des données personnelles qui seront amenées à circuler sur le réseau pour parvenir en ligne aux services administratifs. Mais la France, qui est encore incapable de mettre en œuvre des sites de services opérationnels à destination des usagers, n’en est pas encore là… et le jacobinisme s’accompagne difficilement d’un souci des usagers et des administrés : l’administration est à la fois trop puissante et trop lointaine et méprise le citoyen-contribuable.

Mots clés : Administration électronique, Citoyen, Déclaration d’impôts, Données personnelles.