LES DEPENSES DE SANTE ATTEIGNENT 10% DU PIB


En 2000, chaque Français aura dépensé en moyenne pour sa santé 13 061 francs, alors que ces mêmes dépenses s’élevaient en 1999 à 12 600 francs, soit une hausse en volume de 5%, contre 3,1% l’année précédente. La croissance des dépenses de santé s’accélère.
Cette accélération confirme l’échec de la succession de plans et de réformes  mis en œuvre jusqu’à présent. Le système de santé français souffre d’une contradiction fondamentale : la coexistence d’une médecine libérale avec un financement des dépenses collectivisé.


Les « comptes de la santé » pour l’année 2000 sont désormais connus : chaque Français a dépensé l’année dernière 13 061 Francs pour sa santé, des dépenses, soit une hausse de 5% en volume par rapport à 1999. Le montant de la consommation médicale totale (CMT) s’est en effet établi à 791 milliards de francs (120,6 milliards d’EUROS). Quant aux dépenses totales de santé qui, outre la valeur des biens et services médicaux de la CMT, comptabilise les subventions, les dépenses de formation et de recherche ainsi que les dépenses de gestion et d’administration, elles se sont élevées à 922 milliards de francs (140,5 milliards d’euros), en hausse elles aussi de 5% par rapport à 1999 ; elles représentent désormais 10% du PIB, un pourcentage encore jamais atteint.

Ainsi, non seulement les dépenses de santé continuent à croître, mais leur rythme de croissance augmente et cette accélération touche les trois grands postes de dépenses : dépenses hospitalières, dépenses de soins ambulatoires, dépenses de médicaments.

Malgré une croissance négative des dépenses d’hospitalisation privée, les dépenses hospitalières, qui représentent la moitié environ de l’ensemble de la consommation médicale, augmentent en 2000 de 2 ,9 % en volume contre 2,8% l’année précédente.

La consommation de soins ambulatoires, quant à elle, qui regroupe 26,4% des dépenses de santé, a connu une croissance en volume de 3,9%, contre 2 ,6% en 1999.

Les médicaments, enfin, qui représentent 20,8% de la consommation de soins et de biens  médicaux, ont suscité en 2000 une dépense de 164 milliards de francs (25 milliards d’EUROS). Leur consommation augmente ainsi de 9,6%, contre 6% l’année précédente, c’est la croissance la plus forte. Ils constituent, pour reprendre l’expression du ministre de la santé, B.KOUCHNER, « le principal contributeur » avec l’hôpital public, à l’évolution des dépenses de santé.

Force est ainsi de constater que les dépenses de santé en France semblent échapper à tout contrôle, alors qu’elles ont été stabilisées, voire ont diminué chez certains de nos partenaires européens comme les Pays Bas, l’Allemagne ou encore l’Angleterre. La multitude de plans et de réformes mises en place (enveloppe globale, introduction du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), carte sanitaire, déremboursement des médicaments, blocage et baisse des prix, etc.) n’a pas eu les effets attendus.

Amené à commenter cette accélération des dépenses de santé, B. KOUCHNER l’a expliqué par des facteurs tels que le vieillissement de la population, l’innovation thérapeutique ou encore la croissance économique qui, selon la loi de POULLIER, entraîne une croissance plus importante encore de la consommation de soins médicaux….autant de facteurs qui ne sont pas spécifiques à l’économie française et qui ont pu être neutralisés chez certains de nos voisins. Le système français de Santé souffre en fait d’une incohérence fondamentale : l’association d’une médecine libérale avec un financement des dépenses collectivisé, liberté de prescription pour les médecins, liberté de choix pour les patients et, dans le même temps, un paiement par des cotisations obligatoires dépendantes du seul revenu … Ce cadre institutionnel incite à  des comportements de gaspillage de la part des professionnels de santé, comme de celle des utilisateurs de soins, engendrant les déficits successifs dans lesquels est engluée la branche maladie de la sécurité sociale. Cette incohérence de notre système de santé explique ses contradictions : il est à la fois excessivement coûteux, sans être pour autant généreux, pléthorique et dans le même temps rationné, géré par les assurés et victime d’une tutelle étouffante, centralisé mais avec des responsabilités diluées… C’est un système incontrôlable.

Il serait temps de recourir aux seuls remèdes efficaces : la privatisation, la concurrence, la liberté d’assurance, la liberté totale des honoraires et prestations, et des chèques-santé pour ceux qui ne peuvent payer leur assurance ou leurs prestations.

Mots clefs : Santé, Sécurité sociale, Système de santé.

Le 19 Septembre 2001