SECURITE SOCIALE : L’EXPLOSION


Le déficit de la sécurité sociale est de retour. Nous l’avions annoncé dans la Nouvelle lettre du 14 septembre («  sécurité sociale : revoilà le déficit »). La commission des comptes vient de le confirmer de manière spectaculaire. Pour 2002, le déficit du régime général sera de 3,3 milliards d’euros et pour 2003, sans nouvelles mesures, de 4,6 milliards. C’est l’assurance maladie qui mène la danse, avec des dépenses en progression de prés de 7% et un déficit de 6,1 milliards en 2002 et de 8,2 milliards en 2003. Quand on sait le sort qui attend, d’ici quelques années, le régime des retraites ( pour l’instant en léger excédent) qui doit littéralement exploser, on ne peut que s’inquiéter pour l’avenir de la sécu à la française.

Heureusement, le gouvernement veille au grain. Il envisage deux séries de mesures qui ont déjà été utilisées au cours des crises précédentes. D’un côté la hausse des recettes : cette fois-ci, on  annonce une augmentation des taxes sur le tabac de 15%. Autrement dit on continue avec la fuite en avant qui consiste à augmenter les uns après les autres les prélèvements obligatoires pour financer la sécu. Passons sur le fait qu’il y a contradiction entre l’annonce de baisses d’impôts et la réalité de hausses nouvelles de prélèvements. Ensuite, deuxième recette, le rationnement, ou le non remboursement suivant les cas. Cette fois ce sont les médicaments qui sont dans le collimateur. 835 d’entre eux (soit un quart des médicaments) cesseraient d’être remboursés, tandis que les autres médicaments de marque seraient remboursés sur la base du prix des génériques. Cette deuxième recette est tout à fait digne d’intérêt, puisqu’elle consiste pour la sécu à rembourser de moins en moins, donc à jouer de moins en moins son rôle : si on poursuit la logique jusqu’à son terme, la sécu coûtera de plus en plus cher pour rendre de moins en moins de services. Bien entendu, ce nième plan de sauvetage ne réussira pas plus que les précédents et le déficit se réduira pour quelques mois avant de repartir de plus belle.

Ce que ce gouvernement - comme les autres – n’a pas compris, c’est que le déficit est dans la nature même d’un système qui n’a aucun régulateur. Il y a pourtant une solution qui est fort simple : c’est de faire appel à un régulateur que l’on trouve déjà dans la plupart des autres domaines : le marché. Cela implique une liberté d’offre et de demande et une liberté des prix (prix des médicaments, honoraires, prix des assurances). Cela passe par une concurrence en matière d’assurance maladie et de protection sociale en général (retraites par capitalisation par exemple). C’est la seule solution qui n’a jamais été envisagée en France. Elle a un défaut majeur : elle est libérale. Elle est donc a priori exclue pour des raisons idéologiques. Il faut donc attendre que le système aille au bout de sa course et finisse par exploser de lui-même.

Le 26 Octobre 2002