|
ASSURANCE-MALADIE : LE PRIVE PRET POUR LA RELEVE Enfin quelque chose bouge dans le domaine de l’assurance-maladie et il n’y a pas que les médecins spécialistes qui aient fait quelques pas vers la liberté. Cette fois-ci, ce sont les assureurs qui se sont manifestés, dans le cadre de la concertation qu’a lancée Jean-François MATTEI sur les problèmes de l’assurance-maladie. C’est à l’occasion d’une conférence de presse
que la FFSA ( Fédération française des sociétés
d’assurance) a choisi de dévoiler ses intentions dans ce domaine. « Les
assureurs ont quelque chose à dire » selon Gérard de la MARTINIERE,
leur nouveau président. Pour l’instant, leur part dans les remboursements
des dépenses de santé est faible, puisqu’elle représente 3%, contre 2%
pour les institutions de prévoyance, 8% pour les mutuelles et 76% pour
les régimes publics obligatoires. Les assureurs se déclarent prêts à gérer une
partie des prestations, et cela non pas en termes complémentaires, mais
ce qui est beaucoup plus intéressant, à partir du premier euro. Il s’agirait
pour l’instant de domaines ciblés comme l’optique, le dentaire ou certaines
prothèses auditives. Et il est vrai que dans ces domaines l’assuré public
prend mieux conscience qu’ailleurs du fait que l’assurance-maladie actuelle
coûte de plus en plus cher et rembourse de moins en moins. Cela frise
le scandale en matière de lunettes en particulier, où la sécu rembourse
quelques euros, rien de plus. Les assureurs proposent donc leurs services
et sont disposés à leur tour à faire jouer la concurrence entre les prestataires
de services, tels que les opticiens par exemple, pour obtenir les prix
les plus bas. Mais d’autres techniques sont possibles, telles que celle
des réseaux de soins, les assureurs passant des conventions avec des professionnels
de santé, négociant avec eux les prix des prestations. Dans ce domaine,
si on laisse faire le marché, les innovations se succèderont et nous vaudront
de nouveaux mécanismes plus économiques, respectant la qualité des prestations. Mais les assureurs vont un peu plus loin. Ils
souhaitent que les régimes obligatoires se recentrent sur le cœur de leur
métier, c’est à dire les maladies graves, le reste étant peu à
peu ouvert à la concurrence. Les assureurs ne veulent plus être de simples
payeurs aveugles obligés de suivre les régimes obligatoires, mais veulent
devenir de vrais acteurs dans le domaine de l’assurance-maladie. Le médicament
et les honoraires de praticiens pourraient fort bien être peu à peu concernés. Cela implique évidemment une révolution :
la fin du monopole de l’assurance-maladie. Certes, on pourrait rêver d’aller
plus loin et d’ouvrir tous les secteurs à la concurrence, ce qui est souhaitable
à terme. Mais la technique des assureurs est progressive et mise sur une
dynamique, les assurés faisant vite la différence entre les taux de remboursements
des assurances et ceux de la sécu. Mais cela implique de mettre fin aux
cotisations obligatoires d’assurance –maladie, pour que chacun puisse
choisir l’assurance de son choix, comme cela existe par exemple pour l’assurance
automobile : il y a une obligation d’assurance, mais on est libre
de choisir son assureur. Les réactions n’ont pas tardé. La gauche proteste
au nom de la solidarité nationale, les syndicats réaffirment qu’il ne
saurait y avoir de marché de la santé, soumis à la loi du profit, et les
mutuelles dénoncent une approche égoïste et intéressée, elles qui sont
seulement intéressées à conserver leur pouvoir actuel. Mais, comme le
soulignent les Echos, ce qui est déprimant, c’est que « les
propositions des assureurs n’ont reçu aucun soutien ». Tout le monde
semble embarrassé dans la majorité et au gouvernement. Mais pour une fois
qu’une proposition libérale - même si elle est prudente- est enfin formulée
clairement, ne serait-ce pas le moment d’entendre un peu les libéraux ?
|
||||||||||||