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Première information, effectivement très rassurante : le rapport a fait l’objet d’un consensus unanime. En particulier, tous les partenaires sociaux, de la CGT au Medef, en passant par les parlementaires de tous bords et les responsables des caisses maladie, ont adopté ce rapport. Le ministre s’en est félicité. Nous, cela nous inquiète au contraire. A-t-on jamais vu la CGT adopter un texte qui ne soit pas conforme à son idéologie ? Cela signifie ou que le texte est totalement vide et que chacun peut l’interpréter comme il veut, ou, ce qui semble plus probable à sa lecture, que le texte reste dans la logique étatiste, monopolistique et dans la fuite en avant avec la hausse de la CSG. Comme dans les autres domaines, le but de la réforme de l’assurance maladie ne devrait pas être de faire plaisir à la CGT mais de chercher ce qui est bon pour l’économie et la société française, c’est à dire une solution par définition à l’opposé de ce que propose la CGT. Autre sujet d’inquiétude, aussitôt souligné par certains syndicats médicaux, le Haut Conseil s’interroge « sur le bien fondé de la totale liberté d’installation des professionnels de santé libéraux » (médecins, dentistes ou sages-femmes). Autrement dit, c’est l’une des dernières libertés des professions libérales auxquelles le Haut comité veut s’attaquer. Si c’est le cas, c’en est fini de la médecine libérale. Est-ce cela la réforme de l’Assurance-Maladie que l’on attend ? Dans le même esprit, le rapport, c’est le moins qu’on puisse dire, ne fait pas de l’extension des honoraires libres une priorité. Autrement dit, on va là encore réduire l’un des (faibles) espaces de liberté existant encore, en généralisant les honoraires administrés, donc les prix bloqués. Dans le même esprit, le rapport considère « qu’une grande accessibilité de l’offre et la relative concurrence entre praticiens stimulent artificiellement la consommation de soins » : en clair, c’est le nombre élevé de médecins (et la concurrence) qui expliquent la multiplication des actes et des consultations. C’est donc l’offre de soins qui crée la demande et cette forte analyse s’impose sans la moindre réflexion sur les méfaits de la gratuité sur cette même demande. Avec un tel raisonnement, il faut d’urgence diminuer l’offre : à la limite, poussons la logique jusqu’au bout, si on supprimait tous les médecins, la question du déficit de l’Assurance-Maladie disparaîtrait. Certes, il y a autre chose dans ce rapport. Nous avions souligné par exemple une prévision exacte des déficits à venir, et de fait le rapport reconnaît enfin que la crise est structurelle (elle vient du système lui-même) et non conjoncturelle (elle ne s’explique pas par un ralentissement économique). Mais pourquoi, à partir d’un diagnostic exact sur ces points, en déduire des solutions qui n’ont guère de rapport avec l’analyse ? Le reste du texte, au demeurant, est sans intérêt ou incompréhensible. Nous avions trouvé la semaine dernière, sous la foi des premières informations, le rapport mauvais. Il est en fait inquiétant, inadapté et largement liberticide. On comprend que la CGT ait voté pour. On comprend moins bien que les autres se soient laissés entraîner dans cette galère. Désormais, le gouvernement réfléchit. Sur la foi du rapport ?
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