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Tout semble joué dans le domaine
de la convention médicale et plus généralement de la réforme de l’Assurance-Maladie, comme nous l’avions souligné il y a quinze
jours, puisque les syndicats médicaux ont, dans leur majorité, approuvé
et signé le texte de l’accord. Dernier en date : la CSMF, syndicat
majoritaire, qui rejoint dans l’accord le SML et Alliance. En effet, lors de sa dernière réunion,
la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) a approuvé, par
79,2% des voix, la convention médicale qui entérine elle-même la réforme
de l’Assurance-Maladie. Le syndicat a suivi
son Président, Michel CHASSANG, qui parle « d’avancées significatives »,
sur la question du médecin traitant et sur la revalorisation des actes
conventionnés. Certes, le syndicat a regretté le recul des honoraires
libres, mais comme c’est souvent le cas chez les médecins comme ailleurs,
le plat de lentille apparaît toujours plus appétissant que la liberté
retrouvée : mieux vaut un avantage à court terme (revalorisation
des tarifs conventionnés) que le vertige de la liberté retrouvée. Il y
a pourtant là une dimension essentielle de la profession libérale qui
disparaît et dont l’importance semble échapper aux syndicats. Certes, un syndicat de généralistes
résiste (MG-France), qui refuse de signer pour
ne pas « transformer les généralistes en médecins sous-traitants ».
Ils regrettent les avantages donnés aux spécialistes en matière de tarifs
et réclament leur part du gâteau conventionnel. Mais eux non plus ne veulent
pas plus de liberté, mais restent dans la logique de la revalorisation
des tarifs officiels (le plat de lentilles). La CFDT, qui préside la caisse
nationale d’Assurance-Maladie, est sur la même
longueur d’onde : opposition à la réforme, mais, à nos yeux, pour
de mauvaises raisons. L’affaire paraît donc entendue.
Mais c’est compter sans la base qui, pour une
large part, ne se reconnaît pas dans ces instances syndicales officielles.
Et les coordinations qui ont été crées spontanément, pour leur part, ne
jurent que par la liberté, et en particulier par celle des honoraires.
Mais comment prouver leur poids et leur détermination ? Les coordinations proposent de boycotter
l’un des éléments phares de la réforme, le médecin traitant. La Coordination
nationale des médecins généralistes (Conat)
appelle les médecins libéraux à la rétention « jusqu’à nouvel ordre »
des formulaires de choix du médecin traitant. Elle demande même de bloquer
tous les formulaires, y compris ceux qui concernent les patients en affection
de longue durée. Mais il semble que ce soit au patient et non au médecin
à renvoyer les formulaires, ce qui rend l’action plus difficile. De leur côté, les coordinations
de spécialistes restent dans la logique des actions précédentes et demandent
avant tout des honoraires libres pour tous ceux qui le veulent ;
les plus décidés envisagent même un déconventionnement
pur et simple, dans le cas où cette revendication ne serait pas satisfaite. Certes, les coordinations de généralistes
et de spécialistes ne sont pas sur la même longueur d’onde et les spécialistes
sont indiscutablement plus en pointe dans la réflexion sur la liberté
de la médecine. Mais toutes les coordinations, même de généralistes, souhaitent
une libéralisation des tarifs (alors que MG-France
est contre). Sans doute ce combat des coordinations n’a pas empêché les
signatures officielles et donc l’entrée en vigueur de la convention. Mais
il y a là un signe qui ne trompe pas et que l’on trouve en médecine comme
ailleurs : les syndicats sont en décalage avec leur base et celle-ci
en a assez de voir les syndicats décider à leur place et choisir toujours
les solutions les plus étatistes et les plus contraires à la liberté.
Pour une profession libérale, dont la liberté devrait être le coeur, c’est
tout de même un comble.
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