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L’idée est complexe sur le plan technique : il
s’agit d’augmenter artificiellement les effectifs de la CNAV (
secteur privé donc). Pour cela, il suffit d’y ajouter les chômeurs,
dont les cotisations retraite sont habituellement prises en charge par le fond
de solidarité vieillesse. Cela augmente mécaniquement le poids du privé
dans le mécanisme de compensation financière entre les régimes, car il
fonctionne sur une base démographique .
C’est ce que vient de faire le gouvernement. Résultat : les salariés
du privé vont apporter en 2003 une somme de 830 millions d’euros pour
aider les fonctionnaires à financer leurs retraites… C’était évidemment une mesure qui s’imposait, alors
que l’on ne cesse de dénoncer les privilèges du secteur public, par exemple
en termes de durée de cotisations et que les salariés du secteur privés
ont consenti de nombreux efforts pour essayer de maintenir l’équilibre
de leur régime de retraite ! Or c’est ce secteur privé, déjà « désavantagé »
par rapport au public, qui est ponctionné pour accroître les avantages…
du secteur public. On comprend que le gouvernement ne se soit pas vanté
de ce tour de passe-passe. Cela permet d’augmenter de près de 50% la contribution
de la CNAV (secteur privé) qui va passer à 2,9 milliards d’euros, tandis
que la charge du régime des fonctionnaires va diminuer de 270 millions
d’euros et celle des hôpitaux et des collectivités locales de 13O millions.
Selon les Echos du 10 octobre, la présidente de la CNAV, Danièle KARNIEWICZ
trouve qu’il « est anormal de voir à nouveau le régime général
mis de manière substantielle à contribution, au profit de régimes qui,
jusqu’à présent, ne se sont en aucun point réformés ». Autre conséquence de cette décision : le fonds
de réserve des retraites sera privé de ces 830 millions qui iront au secteur
public. Cette décision est inexplicable et les administrateurs de la CNAV
se plaignent d’avoir été mis devant le fait accompli, tandis que le gouvernement
mettait ainsi à mal le fameux « dialogue social ». A moins que
cela ne donne un avant goût de la prochaine réforme des retraites, qui
demanderait encore plus au secteur privé pour conserver les
privilèges du public. Ou encore, autre explication : le gouvernement
cherche à ruiner complètement les retraites du secteur privé pour rendre
encore plus nécessaire le passage à la capitalisation. On peut toujours
rêver, n’est-ce pas ?
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