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A l’occasion de l’intervention télévisée de François FILLON dans « 100 minutes pour convaincre » sur France 2, le Figaro a publié un sondage Ipsos sur diverses questions sociales, dont celles des retraites. Une conclusion s’impose : les Français sont désinformés et désemparés. Le point sur lequel une majorité
claire se dégage concerne l’alignement public-privé :
« Etes-vous favorable ou défavorable à l’alignement de la durée
de cotisation des fonctionnaires actuellement de 37 ans et demi sur celle
des salariés du privé qui est de 40 ans ? ». 70% des Français
répondent favorable (38% tout à fait favorable et 32% plutôt favorable)
et 28% défavorable (14% plutôt défavorable et 14% tout à fait défavorable).
La proportion de favorable monte à 79% pour les salariés d’une entreprise
privée et même à 50% pour les salariés du public. Sur ce point la cause
semble entendue et il n’y a plus que les syndicats à s’opposer à cette
réforme élémentaire de simple équité. Le ministre a confirmé qu’en 2008
la réforme serait achevée sur ce point. On demandait aussi aux Français
« Parmi les mesures suivantes destinées à remédier au problème du
financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable ? ».
Arrive en tête (avec 43%) l’allongement de la durée de cotisation
nécessaire pour toucher une retraite à taux plein. On notera que cette majorité
hostile va croissant avec la hauteur de l’allongement ; ainsi 51%
sont hostiles à une cotisation de 41 ans, (solution choisie par M. FILLON
à l’horizon 2012 et 42 ans en 2020) mais 72% pour 43 ans et 82% pour 65
ans, ce qui est pourtant la durée de cotisation en vigueur dans de nombreux
pays, dont l’Allemagne. Mais les Français ne le savent pas. Ensuite on trouve la diminution
du montant des retraites, avec 31% qui la trouvent la moins acceptable ;
c’est donc une option que n’excluent pas un certain nombre de Français.
Enfin en dernière position une augmentation importante du montant des
cotisations, avec 20% seulement qui la trouvent la moins acceptable.
A en croire ce sondage les Français seraient prêts à payer plus (mais
ont-il une idée du montant actuel atteint par les prélèvements obligatoires
ou sont-ils totalement sous-informés sur ce
point) et à la rigueur à gagner moins à l’âge de la retraite (auront-ils
la même opinion lorsqu’ils auront atteint l’âge de la retraite ?).
Mais ce sont les deux solutions que le gouvernement a écartées, au profit
de l’allongement de la durée des cotisations. On regrettera bien sûr que
d’autres options n’aient pas été citées, puisque toutes les trois se situent
dans le même cadre, celui de la retraite par répartition (cadre choisi
par le gouvernement.). On n’a pas interrogé les Français sur le passage
éventuel à la capitalisation sauf sous un angle bien restreint :
à la majorité des deux tiers, ils considèrent que si un système par capitalisation
devait venir compléter les régimes actuels, celui-ci devrait demeurer
facultatif. Mais cette question présente la capitalisation, à l’instar
du gouvernement, comme un complément et non comme une alternative. On notera en revanche que le
même sondage comporte certaines réponses plus encourageantes en matière
d’emplois. Ainsi, à la question « pour chacune des mesures suivantes,
dites-moi si elle serait selon vous utile ou non pour lutter efficacement
contre le chômage » ? , les Français répondent à 83% utile
(et 16% inutile) à l’obligation pour les chômeurs d’accepter les offres
d’emplois proposées par l’ANPE correspondant à leur qualification ;
de même à 80% (contre 18%) ils répondent qu’il serait utile de pratiquer
un allégement des charges sociales pour les employeurs. La réponse est également positive,
et c’est une bonne surprise, à la proposition d’assouplissement des règles
des contrats de travail des salariés (conditions d’embauche, durée des
contrats, possibilités de licenciement) (54% utile et 41% inutile) :
le gouvernement ferait bien de s’en inspirer. Mais sur la suppression
des 35 heures, les Français répondent à 39% qu’elle est utile et à 58%
inutile : la mesure la plus stupide du siècle trouve grâce à leur
yeux. C’est à dire que les Français
ont besoin d’être informés. Le discours mi-chèvre mi-chou de M. FILLON,
voulant rassurer tout le monde, à commencer par les syndicats, ne saurait
suffire à leur ouvrir les yeux. Pour entraîner les Français dans la réforme,
il faut leur parler clair et net et leur proposer des solutions novatrices
pour la France, mais qui ont fait leurs preuves ailleurs.
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