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Le premier élément nous vient de Bruxelles. La Commission, tout en considérant
que les retraites n’étaient pas de sa compétence, vient de tirer la sonnette
d’alarme à destination des Quinze, et tout particulièrement de la France.
Elle rappelle que dans l’état actuel des systèmes (par répartition) la
question des retraites est une véritable « bombe à retardement » :
l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses du baby-boom
de l’après-guerre et l’arrivée sur le marché du travail des générations
creuses qui ont suivi font que, dans la logique actuelle, les finances
publiques vont littéralement exploser. Il faudra donc prendre des mesures
radicales et changer de logique. Selon les calculs de la Commission, ce sont les Français qui partent le
plus tôt à la retraite, accentuant les déséquilibres : alors que
les Portugais partent en moyenne à 64,5 ans, les Irlandais à 64,3, les
Danois à 63,6, les Suédois et les Anglais
à 63,2, les Français sont retraités à 58,1 ans, soit 5 ou 6 ans
plus tôt. Dans ces conditions, ou bien les Français acceptent une hausse
explosive des cotisations – ce qui est politiquement impensable, ou bien,
comme le dit avec pudeur la Commission, « de nouvelles réformes de
grande ampleur sont nécessaires », car à politique constante « le
financement du système des pensions dans les décennies à venir n’est pas
garanti ». Alors que nous persistons dans l’erreur en nous accrochant
au système de répartition et en refusant les fonds de pension, tous nos
voisins, y compris les Allemands, pourtant inventeurs du « modèle
rhénan » qui a tant inspiré nos dirigeants, passent plus ou moins
rapidement à la capitalisation. Le deuxième élément nous vient d’Outre Manche. Les Anglais ont déjà modifié
leur système au cours des dernières années, mais ils continuent à faire
preuve d’imagination et d’audace. Andrew SMITH, ministre en charge des
retraites et des pensions, vient de déclarer au nom de son gouvernement :
« Il faut en finir avec l’approche inflexible et dépassée de la retraite.
Nos propositions permettront à ceux qui le souhaitent de travailler plus
longtemps s’ils le désirent ». De la sorte, si son plan est adopté,
l’âge légal de fin d’activité pour les salariés ,
fixé jusque là à 65 ans, sera supprimé dans le secteur privé ( pour le
secteur public, il passerait de 60 à 65 ans). La cessation d’activité
se fera au gré de chacun, librement. Le gouvernement espère que
beaucoup prendront leur retraite plus tard et continueront à cotiser. Sans doute de telles dispositions ne suffiront-elles pas à résoudre complètement
les déséquilibres engendrés à ce jour par les errements passés. Mais les
Français devraient réaliser que nos voisins, quelle que soit la couleur
politique de leurs dirigeants, ont abandonné les a priori idéologiques.
Ils pourraient alors accepter, voire souhaiter, cette vraie révolution
qui consisterait à laisser chacun libre de choisir l’âge de départ à sa
retraite. Impensable direz-vous ? Non point : nécessité fait
loi
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