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Assurances sociale et responsabilité *, par Ejan Mackaay °
Les
systèmes actuels de protection sociale ne résultent pas d'une conquête
politique et ne participent pas d'un grand élan de générosité : ils
ont voulu se substituer à d'autres façons de gérer les risques d'une
société industrielle. Par
exemple, les accidents du travail auraient pu être pris en charge par
des procédures d'assurances ou de mutualité. Mais le droit français,
en particulier, s'est opposé à la couverture volontaire des dommages
causés aux travailleurs. Tandis
que l'assurance classique met le travailleur et l'employeur devant leurs
responsabilités, les assurances sociales sont vite une prime à l'incurie
et à la fraude. Finalement,
les systèmes deviennent explosifs, et toute tentative de réforme se
heurte au principe des droits acquis. Il
faudra tôt ou tard retrouver les vertus de la concurrence et de la responsabilité.
Mais cela suppose un effacement de l'État : problème constitutionnel
et politique.
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Comme tous les systèmes
de protection sociale occidentaux sont en crise ouverte, parfois
en explosion, la réflexion sur l'origine de leur faillite ne cessera
de s'approfondir au cours des prochains mois. Ejan Mackaay, juriste canadien spécialiste du droit de l'assurance, donne une lecture sévère de l'histoire des assurances sociales", et indique ans quelle voie une réforme des systèmes actuels peut s'engager. Assistés et irresponsables Il part d'un constat
: l'État Providence a fabriqué des générations entières d'assistés
et d'irresponsables, dont le comportement n'est pas étranger à la
faillite de la protection sociale. Ce constat est fait même par
des intellectuels ayant des sympathies profondes pour l'Etat Providence.
E. Mackaay se fait un plaisir de citer Van Parijs, qui affirme comme
tant d'autres que la gauche a le monopole du coeur. Etre de gauche, comme être de droite, c'est
d'abord une affaire de tripes. Etre de gauche, c'est prendre à cœur
le sort des plus démunis, des laissés pour compte, des victimes.
C'est être révolté par l'oppression, l'exploitation, les privilèges.
Et l'hypocrisie avec laquelle, parfois, on s'efforce de les légitimer'
Toutefois, après cette entrée en matière, Van Parijs ne peut
s'empêcher de s'interroger : La croissance de l'État Providence n'induit -elle
pas, chez les bénéficiaires, une attitude d'irresponsabilité, d'imprévoyance,
voire de servilité et de dépendance ? On peut alors rêver, dit-il,
d'une gauche non étatique, non socialiste. La démarche de cet intellectuel (de gauche) est significative : elle prouve que les bonnes intentions ne suffisent pas. Il nous faut donc démystifier de nombreuses institutions contemporaines, qui n'ont pas les vertus qu'on leur prêtait, et qui ont trahi les espoirs qu'elles suscitaient. Ainsi de la protection sociale. Les accidents du travail
L'origine de l'État
Providence remonte au XIXème siècle. Mais son histoire n'est pas
ce que l'on imagine en général : une lutte incessante menée par
des personnes généreuses pour améliorer le sort des plus défavorisés.
La réalité est plus prosaïque, et moins irénique. Avant même que la société
et les pouvoirs publics s'intéressent à la question, plus d'un siècle
et demi s'est écoulé où les Européens ont été confrontés à un problème
dramatique : celui des accidents du travail. Ils apparaissent avec
le machinisme, l'urbanisation et ne cessent de croître à partir
du début du XVIIIème siècle. Cependant, pendant toute cette période,
le sort global des travailleurs d'industrie ne cesse de s'améliorer
: la mortalité diminue, le revenu augmente. Mais ces changements
s'accompagnent aussi de coûts nouveaux : les accidents du travail,
jusque là inconnus, appellent une réponse. On peut adopter deux grandes réponses face aux accidents : prévenir ou
assumer Il était difficile de
prévenir des risques que l'on ne découvre que progressivement. Ou alors il aurait fallu
procéder par pure et simple interdiction de toute activité impliquant
un risque (c'est d'ailleurs ce style de "prévention" que
l'on a pratiqué en Californie pour certaines opérations chirurgicales,
que l'on a cessé de pratiquer compte tenu de l'énormité des réparations
demandées aux médecins en cas d'échec). Pour les risques prévisibles,
la prévention habituelle est la mise en responsabilité. L'action en responsabilité "internalise" alors l'externalité
qu'impose l'employeur aux travailleurs. L'employeur a désormais
intérêt à prévenir les accidents du travail s'il encourt une responsabilité
: ce n'est plus le travailleur qui supporte le risque, mais l'employeur.
Encore faut il que les moyens
de prévention mis en oeuvre coûtent moins cher que les accidents
qu'ils permettent de prévenir Vertus de l'assurance L'autre solution, quand
la prévention n'est pas retenue ou pas suffisante, c'est d'assumer
le coût de l'accident soi-même. Ici, à moins que le travailleur
accepte de payer le coût "sur son corps", moyennant un
salaire plus élevé par exemple, la meilleure formule est celle de
l'assurance. Il y a en réalité beaucoup
de contre-sens commis sur la nature de l'assurance. Elle n'est pas,
comme le veut la thèse socialisante, un transfert social. L’assureur
est un entrepreneur comme un autre, qui fait ses affaires. S'il
peut prendre les risques à la place
de l'assuré, c'est parce qu'il
est gros joueur et répartit les risques assumés sur un grand éventail
d'activités. L'assureur ne fait pas de "cadeau" à
l'assuré, et lui fait payer une prime qui correspond exactement
au coût de l'opération, en fonction des risques courus. Ce point
apparaît clairement si l'on considère le phénomène appelé sélection adverse. Pour comprendre le phénomène, il faut supposer deux assureurs dont
l'un pratiquerait des primes homogènes, quels que soient les assurés,
alors qu'un autre modulerait les primes en fonction des risques
courus par diverses catégories d'assurés. Le premier, apparemment,
fait de la "redistribution" et admet un écart entre prime
et risque. Mais que va t il se passer ? Les "bons" assurés
ont intérêt à aller vers le deuxième assureur, ce qui va singulièrement
compliquer la péréquation que le premier se proposait de mettre
en oeuvre. Les "mauvais" assurés ont avantage à rester
dans le premier système. Celui ci voit peu à peu ses coûts augmenter,
et devra bien traduire cela dans un accroissement global des primes,
ce qui accélérera encore la fuite des assurés vers le deuxième assureur.
On voit que ce mécanisme de sélection adverse aboutit, tôt ou tard,
à rééquilibrer le marché des assurances, et à faire payer à l'assuré
le vrai prix. Dans
l'ensemble, chaque classe d'assurés paie le risque qu'ils créent. On voit donc que, dans son principe, l'assurance met l'assuré en situation
de responsabilité : plus de risque entraîne plus de prime. Cela n'est pas contredit par l'existence de ce que l'on appelle le "risque
moral" : situation dans laquelle l'assuré, fort d'une certaine
sécurité que lui fournit le contrat d'assurance, se montre moins
vigilant et augmente le risque couru. En effet, le contrat d'assurance
va prendre en considération aussi le risque moral, et l'assureur
peut exercer une surveillance suffisante. D'autre part, les tribunaux
eux-mêmes peuvent mettre à la charge de la victime une part du dommage
qu'elle a subi quand il s'avère qu'elle y est pour quelque chose. L'État assureur
Une variante de l'assurance est celle qui consiste à faire supporter les
coûts de l'accident par un tiers, au départ étranger à l'activité
économique. C'est ce qui se passe quand on demande à la communauté
dans son ensemble de se solidariser avec les victimes d'accidents
du travail. Il est vrai que la communauté, cela va signifier bien vite l'État (donc
l'ensemble des contribuables) ou "les riches" : l'assurance
devient alors un transfert, ce qu'elle n'est pas par nature. Mais
surtout, dans un tel système, le risque moral s'accroît très vite.
En effet, l'assurance devenue obligatoire par la force des choses
n'est plus motivante pour les assurés. A la
différence de l'assurance classique, la personne qui reçoit le paiement
(la victime de l'accident) n'assume pas elle-même le coût du risque
ainsi absorbé. Elle est assurée sans verser de prime. le phénomène
du risque moral associé à l'assurance proprement dite a une forte
probabilité de se reproduire ici. Pourquoi, dans ces conditions,
recourir à cette solution de l'assurance sociale obligatoire ? Ses partisans la justifient
par les difficultés que l'on peut rencontrer pour mettre en place
un système classique d'assurance. Ils invoquent les difficultés
et les lenteurs de la justice lorsque la victime voudra rentrer
dans ses droits. Ils chercheront à substituer aux règles habituelles
de la responsabilité des recettes simplifiées, comme la présomption
de faute, la responsabilité stricte. Mais surtout ils recourront
aux assurances "sociales". En fait, le recours
à l'État est une solution tout à fait insuffisante à son tour. A supposer que le mécanisme
classique des assurances soit inapplicable dans certains cas, ou
simplement malcommode, n'y a t'il pas des formules qui permettent
aux victimes potentielles de se prémunir contre les dommages d'une
activité productive ? C'est le prix Nobel Ronald Coase qui démontrera
qu'il y a un très grand nombre de situations dans lesquelles la
victime potentielle se couvrira, à ses propres dépens, du risque
encouru. Dans ce cas, la victime
a intérêt à s'entendre avec l'auteur du dommage pour que celui-ci
prenne les mesures de prévention et même si elle doit elle-même
en assumer le coût. Les deux parties y trouvent leur compte : la
victime parce que cette solution lui coûte moins que toute autre
option à sa disposition, et l'auteur parce qu'il peut percevoir
une prime au-delà du coût direct des mesures de prévention. Ainsi, en suivant l'analyse de Coase, il y a bien d'autres solutions praticables que celle du recours à l'État. Non seulement on a sur‑estimé les "défaillances du marché" mais de plus on a sous-estimé les formules qui, hors marché et hors contrat d'assurance, permettaient à des individus d'assumer les risques des accidents du travail. Interdiction des assurances Si toutes ces possibilités
théoriques s'ouvraient devant les employeurs et les salariés dès
le XVIIIème siècle, dans la pratique le choix a été bien plus brutal.
En effet, le législateur, notamment en France, a fermé la voie des
assurances et a orienté la solution vers les assurances sociales. La première observation
concerne le sort réservé au compagnonnage et à la mutualité. Formules d'assurance
souples, ces procédures ont souffert de la méfiance des Révolutionnaires
français à l'égard de toute organisation corporatiste. Les
mutuelles étaient permises, mais étroitement surveillées, pour qu'elles
restent petites et locales. La liberté d'associations ouvrières
ne réapparaîtra qu'en 1884. La deuxième observation
porte sur l'assurance individuelle. Elle a longtemps été prohibée.
Les seuls contrats d'assurance tolérés avant le XVIIIème siècle
sont ceux qui concernent la marine (foenus nauticum). Mais, par
comparaison, l'assurance sur la vie est condamnée comme immorale,
et interdite. Comme toujours, l'État se voit autorisé à faire ce
qui est interdit aux particuliers, de sorte qu'en 1787 est créée
la Compagnie royale des Assurances, à l'existence éphémère d'ailleurs.
La doctrine juridique dominante est qu'une victime ne peut se couvrir
contre les risques qu'elle encourt, qui sont nécessairement le fruit
de son activité. Pour les juristes du XVIIIème siècle, l'assurance
de sa propre faute équivalait à une convention d'irresponsabilité. Pour toutes ces raisons, le marché n'a pas engendré en France des compagnies
d'assurance qui auraient pu assumer les risques auxquels étaient
exposés les ouvriers au cours de la révolution industrielle. Par comparaison, les sociétés de secours mutuel, apparues au début du XIXème siècle, connaîtront un meilleur sort. Elles se sont développées rapidement : 100.000 adhérents en 1850, mais 620.000 en 1870 et 1.148.000 en 1889. Aux Etats-Unis, 30% des adultes masculins appartenaient à des "fraternal societies" ou "mutual aid societies". Mais les mutuelles connaissent parfois des difficulté de gestion, et certaines font faillite : voilà qui légitime la socialisation de l'assurance. Quand la
prime devient un impôt En France, c'est la
loi de 1898 relative aux accidents du travail qui établit pour la
première fois l'obligation de l'employeur d'indemniser les victimes
d'accidents du travail, même en l'absence de toute faute. On entre alors dans
une logique d'assurance obligatoire. Tout le monde doit entrer dans
le système, même s'il ne le désire pas. On peut déjà remarquer
que l'État se réveille avec quelque retard : voilà plus d'un siècle
qu'il y a des accidents du travail. Statistiquement, on peut repérer
que cette intervention se produit au moment où le nombre des accidents
du travail s'est déjà stabilisé... U État joue la mouche du coche
! Une fois que l'assurance
devient obligatoire et la responsabilité automatique, il se produit
nécessairement une série d"'effets pervers". D'abord, tout le monde
est "embarqué" dans le système social, y compris les "mauvais
risques" : voilà pourquoi il faut obliger les travailleurs
consciencieux et les employeurs vigilants à cotiser alors même qu'ils
sont de "bons" risques. Ensuite, le montant des cotisations
va inévitablement être indépendant de l'importance des risques .
c'est une cotisation (une quote-part), un genre d'impôt, et non
plus une prime d'assurance ordinaire. Enfin, on assiste à un retour
du risque moral. Les assurés sont sensibles à l'illusion de la gratuité,
ils ne sont pas incités à se. prémunir contre les accidents. Les
victimes d'un accident du travail et le chômeur, par exemple, peuvent
être plus ou moins empressés de revenir au travail : leur jugement
de ce qui constitue un emploi acceptable peut varier selon la générosité
des allocations d'assurance sociale dont ils bénéficient. Ainsi, la plupart des
systèmes de protection sociale sont-ils devenus peu à peu des "bolides
sans freins", avec des déficits de plus en plus spectaculaires. Ce régime d'irresponsabilité généralisée peut-il être compensé ? Comment retrouver l'équilibre ? La fuite en avant Une solution consisterait à associer étroitement les employeurs à la réduction des accidents du travail. C'est ce que l'on fait dans les pays où les primes varient d'une entreprise à l'autre en fonction du nombre d'accidents. Au Québec, cette mesure a en effet contenu la croissance des accidents du travail. Mais bien souvent on
laisse courir, et on assiste à l'aggravation des déficits avec un
sentiment d'impuissance. De la sorte, il ne reste plus qu'à demander
chaque fois une contribution supplémentaire pour éponger le déficit.
On transfère la charge sur les contribuables en fiscalisant les
régimes sociaux. Mais quel en est le résultat ? Quoi qu'il
en soit, ces interventions font perdre au régime son caractère d'assurance,
car elles diluent de plus en plus le lien entre les contributions
et les prestations reçues. La dilution est de nature à stimuler
le risque moral. Un cercle vicieux qu'il faudra briser d'une autre
façon. Comme les systèmes sont
explosifs, la rareté prend sa revanche sur l'illusion de gratuité
et d'irresponsabilité. On doit s'attendre tantôt à des ajustements
par files d'attente (c'est le cas des hôpitaux anglais par exemple),
ou par des retards dans le règlement des contentieux (Québec), ou
plus radicalement par la réduction unilatérale des prestations remboursées
et des risques couverts : on rogne sur les journées d'hôpitaux,
les médicaments ou les honoraires de médecins (c'est la solution
française). Dernier raffinement
: l'assuré devient un empêcheur de tourner en rond, la victime passe
pour un fraudeur. Si le bouc émissaire n'est pas le médecin, ni
l'hôpital, ni l'administration, c'est l'assuré lui-même. La
maladie devient un délit. Les assurances sociales, parties d'intentions généreuses de venir en aide aux infortunés, finissent par jeter des soupçons sur eux et leur enlever les libertés qu'ils cherchaient en s'assurant. Les nouveaux pauvres Mais
il y a plus grave. On voit en effet apparaître dans les pays occidentaux
à forte couverture sociale un nombre croissant de laissés pour compte
du système de l'État Providence. Ce sont les nouveaux pauvres. Le phénomène est d'abord
global. On le mesure aux Etats-Unis par exemple, où l'on observe
que le nombre de "pauvres" a augmenté depuis que l'on
a mis en place les mesures de "lutte contre la pauvreté".
Celle-ci avait fortement diminué entre les années 1950 et 1968,
simplement sous l'effet de la croissance intérieure. Ensuite, le
programme mis en place par
Johnson eut pour effet
de faire redémarrer la pauvreté : il encourage
d'autres que les bénéficiaires visés à se mettre dans les dispositions
les rendant admissibles aux prestations : si les pauvres sont
aidés, il y aura davantage de gens qui s'arrangeront pour être pauvres. MURRAY conclut que la guerre contre la pauvreté est devenue un
Vietnam intérieur Il faut admettre que
les bonnes intentions et la générosité ne remplacent pas un bon
système de responsabilité et d'assurance. Il convient de réhabiliter trois prémisses de sagesse populaire qu'on avait refoulées : 1. Les individus répondent aux incitations et "désincitations". La carotte et le bâton fonctionnent. 2. Les individus ne sont pas par nature travailleurs ou moraux. En l'absence d'influences contraires, ils éviteront le travail et se montreront amoraux. 3. Les individus doivent
répondre de leurs actions. Si la société doit fonctionner, il importe
peu de savoir s'ils sont vraiment responsables dans un sens philosophique
ou biochimique ultime. En oubliant ces trois
vérités, on doit péniblement réapprendre qu'il
peut y avoir trop d'aide aux pauvres en ce sens que les programmes
étatiques produisent, sur plusieurs générations, une croissance
nette de la pauvreté. Responsabilité
contre droits acquis Après une expérience
de plusieurs décennies d'assurances sociales, le bilan est donc
globalement "sombre". La raison en est bien
simple : on ne peut ignorer les responsabilités individuelles. Avant la générosité, chacun doit se demander ce qu'il peut faire pour
améliorer son sort, même si celui-ci n'est pas en faute. Les assurances sociales
ont été inventées par des réformateurs pressés qui ont mis la charrue
avant les bœufs : la croissance économique est de nature à pourvoir
une meilleure garantie pour les individus, mais vouloir tout garantir
avant que la croissance ait fait son oeuvre est une erreur qui se
paie cher. Nous sommes pourtant
dans cette situation, nous subissons cet héritage. Peut-on espérer
en sortir ? Mettre soudainement les gens devant leurs responsabilités
et les priver de l'État Providence brutalement est impensable. Nous
sommes pris dans le paradoxe
des droits acquis. C'est la tyrannie du statu quo. Il faut donc faire les choses progressivement. Une première étape consiste à améliorer les systèmes de protection sociale en brisant leur caractère monopolistique et bureaucratique. La mise en concurrence et la privatisation seraient d'un précieux secours ici. Pourtant, la grande réforme est celle de renvoyer l'État à ses missions fondamentales et de rendre au mécanisme des assurances sa vocation à gérer la protection contre la plupart des risques encourus aujourd'hui dans une économie riche en plein développement. * Cet article, paru dans le numéro d’octobre 1993 de la Revue des études Humaines (pp. 23-29), est une synthèse d’un travail publié dans un Journal des Economistes et des Etudes Humaines de 1993 (Vol. 4, N°1, pp. 135-157). Les passages en italiques sont repris du texte de ce Journal des Economistes et des Etudes Humaines. ° Professeur à la Faculté de droit. Université de Montréal.
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