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CHOMAGE ET CROISSANCE EN FRANCE Alors qu’on parle d’une France arrivée au « plein emploi »,
mais avec 9,7 % de chômage, l’OCDE revoit à la baisse ses prévisions de
croissance pour l’Hexagone. La décrue du chômage a plus avoir avec la
croissance internationale qu’avec les 35 heures. Des réformes de fond
sont donc nécessaires pour garantir une croissance non inflationniste
encore plus importante qui permettrait de faire tomber les chiffres du
chômage à un niveau de véritable « plein emploi ». Effectivement, 492.000 emplois ont été créés entre octobre 99 et octobre 2000, soit +3,5 % de création nette d’emplois salariés en un an, mais sont-ils dus à la politique socialiste ? En partie oui, pour les emplois directement créés par la Réduction du Temps de Travail ou pour les emplois subventionnés. Mais sont-ce des emplois utiles ? C’est à dire des emplois qui permettent une croissance de long terme ? Ou sont-ce des emplois qui coûtent plus cher à la collectivité que ce qu’ils ne lui rapportent en terme de création de valeur, et qui donc vont ralentir bientôt la croissance ? A ce propos la semaine dernière l’OCDE a justement publié ses nouvelles prévisions de croissance. Comme nous l’expliquons dans notre rubrique « économie », elle revoit à la hausse pour la plupart des pays les chiffres émis il y a six mois, alors qu’elle corrige à la baisse ses prévisions pour la France. De 3,7 % de croissance du PIB hexagonal pour 2000, on passe à 3,3 % (2,9 % pour 2001 et 2,5 % pour 2002). Les experts de l’organisation internationale voient en effet une « saturation des capacités de production des entreprises », frein à la croissance. Mais au-delà de cette limitation de l’offre, due en partie à la RTT, l’organisation internationale fustige la politique du gouvernement français : « Le budget 2001 n’envisage pas de nouvel assainissement des finances publiques ». On constate justement une « augmentation du nombre de fonctionnaires », un « assouplissement des contraintes sur les dépenses de santé » et enfin « la revalorisation des retraites au-delà de l’inflation ». Quoi qu’il en soit, les statistiques publiées la semaine dernière par la Dares (Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques) ne permettent pas – évidemment - d’interpréter ces créations d’emplois comme un effet mécanique des 35 heures, la Dares s’en défendant. Une dispute concernant des problèmes méthodologiques a d’ailleurs émergé entre la Dares et l’institut Rexecode, qui estime que le nombre d’heures travaillées a baissé, les 35 heures bridant ainsi la croissance. Le calcul du nombre d’heures travaillées est un véritable casse-tête, et un chiffrage précis est sans doute une vaine illusion. A tel point que l’INSEE a abandonné cette tâche depuis deux ans. En fait, pour avoir une approche plus intelligente, c’est à dire moins globale et plus sectorielle, on se rend compte que là où les 35 heures ont été appliquées en premier, c’est à dire dans l’industrie, l’emploi progresse de 1,3 %, ce qui est bien faible. Dans le tertiaire, les + 4,4 % de création d’emplois ont beaucoup plus avoir avec le développement de nouvelle économie. Enfin dans le bâtiment on enregistre 4,2 %, mais qui sont le fruit de « l’économie de reconstruction » après les dégâts de la tempête de fin 1999. Les 35 heures créent des goulots d’étranglement dans certains secteurs. Et la perspective de leur application dans les PME a suscité bien des débats le mois dernier, même au sein de la majorité plurielle. Il n’y a donc pas à être très fier de ce bilan, ni de la politique qui y a conduit. Mots-clés : Chômage,
Croissance,
35 heures, Plein
emploi.
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