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La pauvreté
et ses mesures Résumé : L'analyse des politiques de lutte contre la pauvreté en général échoue parce que l'on ne sait pas mesurer correctement la notion même de pauvreté. Les études statistiques soulignent la diversité et la multiplicité des difficultés rencontrées par les économistes pour la mesurer. Certaines de ces difficultés semblent avoir été intégrées dans les tentatives de mieux cerner statistiquement la pauvreté en proposant par exemple plusieurs façons de mesurer ce phénomène: en termes monétaires, réels ou subjectifs. D'autres difficultés sont introduites de manière purement artificielle, alors qu'elles ne devraient pas l'être c'est le cas de l'échelle d'équivalence, pierre angulaire de la politique familiale, dont le principe même pose problème. En revanche la réflexion théorique sur la mesure de la pauvreté est particulièrement délaissée. Non pas qu'elle n'existe pas mais les statisticiens ou les économistes n'en tirent pas les conséquences. Par exemple dans le choix du revenu, choix crucial puisqu'il permet de situer le ménage considéré par rapport au seuil de pauvreté, le fait de le mesurer par rapport à la moitié du revenu médian constitue une erreur au sens où les individus mêmes les plus pauvres sont rationnels et arbitrent entre des alternatives en fonction du revenu mesuré en termes réels c'est-à-dire en termes d'un panier de biens achetés sur le marché ou produit soi même. De manière identique les ménages pauvres prennent en compte non pas le revenu transitoire mais leur revenu sur leur cycle de vie c'est-à-dire leur revenu permanent. Mesurer la pauvreté sur une période courte ou relativement courte est une faute. La pauvreté qui devrait être mesurée est celle qui est permanente et non transitoire. Toutes ces difficultés sont connues. Une réflexion théorique sur la notion même de pauvreté permet d' éliminer de la mesure de la pauvreté : chômeurs ou femmes divorcées avec enfants en situation de pauvreté transitoire, les ménages qui ne sont pas pauvres par définition comme les ménages étudiants riches de leur revenu futur, les familles nombreuses riches de la présence de leurs enfants, les couples séparés riches de leur indépendance, les couples ou l'un des conjoints est au foyer. Simplement avec cette correction on diminue de plus de la moitié le nombre de pauvres. Si l'on mesure la pauvreté en termes réels, comme on devrait le faire, on s'aperçoit alors que la pauvreté n'est peut être pas un phénomène aussi dramatique qu'on le dit.. On comprends les difficultés à mesurer un seuil de pauvreté mais on ne peut les taire ni faire comme si elles n'existaient pas et encore moins fonder des politiques sociales sur des mesures aussi erronées de la pauvreté. Il ne viendrait à l'idée de personne d'envoyer des fusées sur la lune sachant que les calculs qui sont faits sont faux! Or c'est ce que l'on observe à propos de la politique de lutte contre la pauvreté puisque l'on dépense des milliards de francs pour la faire reculer à partir de mesures dont on sait qu'elles sont fausses. Il est toujours étonnant de voir les économistes et ou les statisticiens faire comme si cette question de la mesure de la pauvreté était un problème, certes difficile, mais finalement accessoire par rapport à l'objectif visé : éliminer la pauvreté ou la rendre tolérable aux yeux de ceux qui ne sont pas dans cette situation .
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