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Remarquant que
nos entreprises se sont adaptées et sont devenues compétitives, il précise :
« Ce n’est pas le cas de notre territoire national, parce que la
sphère publique ne s’est pas adaptée au même rythme : son coût et
sa lourdeur pénalisent la croissance et l’emploi. Voilà pourquoi l’Institut
a pour priorité de réfléchir sur les réformes nécessaires avec pour thèmes
essentiels les dépenses publiques, les prélèvements obligatoires et la
réglementation ». Les entreprises
« sont très focalisées sur leur vie interne et ne prennent pas toujours
le temps de se préoccuper de l’évolution de la société dans son ensemble.
Elles doivent apporter leur contribution au débat. N’oublions pas leur
rôle dans la vie de la nation : elles sont la source essentielle
à la fois de création de richesses, donc de croissance économique et de
progrès social, et aussi de cohésion sociale : les communautés humaines
qu’elles constituent sont en effet l’un des lieux de socialisation et
d’intégration les plus efficaces, où respect mutuel et liberté d’expression
sont la règle ».
Après avoir
noté en passant- ce qui relance un débat que nous avions abordé il y a
quinze jours- que « les manuels scolaires donnent souvent de
l’entreprise une image plus proche du XIX° siècle que de la réalité actuelle »
et que les enseignants « manquent d’information », ce
à quoi l’Institut de l’entreprise entend remédier, Michel PEBEREAU revient
sur les 35 heures : « Chacun doit pouvoir choisir son temps
de travail, dans des conditions fixées par les accords entre partenaires
sociaux, et dans des limites qui restent définies par la loi ».
Il reconnaît
également qu’il n’y a plus que de petites minorités pour contester la
réalité. Quelle réalité lui demande-t-on ? « Celle de l’économie
de marché. Aujourd’hui, en Chine comme en Europe, aux Etats-Unis comme
en Russie, tout le monde sait que, pour créer de la richesse, le meilleur
moyen est d’utiliser l’entreprise comme acteur et le marché comme régulateur.
Entreprise et marché sont des éléments irremplaçables du développement
économique qui conditionne le progrès social et le progrès tout court.
Prétendre l’inverse, c’est faire comme l’Eglise du temps de Galilée, qui
contestait que la terre tourne autour du soleil. L’échec de l’économie
centralisée, partout dans le monde, le montre : c’est la conversion
au marché qui fait sortir la Chine de la pauvreté».
Mais ne faut-il
pas craindre les délocalisations ? « Même si elle implique des
adaptations parfois difficiles, la mondialisation est source de formidables
progrès pour tous les pays qui y participent. Il faut le répéter :
les échanges sont sources d’enrichissement pour tous ceux qui y participent.
Si le niveau de vie des Français s’est accru au cours du dernier demi-siècle
dans des proportions qui n’ont aucun équivalent historique, c’est parce
que notre pays s’est ouvert au commerce international. Les délocalisations
posent des problèmes, au niveau des personnes et des régions, que notre
collectivité doit traiter. Mais elles contribuent à sortir de la pauvreté
d’autres pays dans le monde, et à y créer du pouvoir d’achat, donc une
demande qui peut, pour partie, s’adresser aux pays industrialisés, et
en particulier à la France. Notre problème collectif est donc d’inventer
de nouvelles activités à même de se substituer aux anciennes pour orienter
vers notre pays une part aussi grande que possible de la demande créée
par la croissance mondiale ».
Enfin, interrogé
sur la politique industrielle, il s’empresse de revenir à l’essentiel,
qui est le poids de l’Etat : « Il ne faut être ni trop naïf,
ni trop dirigiste… Mais la question est de savoir qu’elle doit être la
stratégie de la France pour conserver sa compétitivité. L’Etat doit promouvoir
l’esprit d’entreprise et faire en sorte que notre territoire soit plus
compétitif. La question est moins celle d’une concurrence entre la France
et la Chine qu’entre la France et les autres pays, en Europe et dans le
monde, qui ont le même niveau de développement qu’elle. Si le territoire
France n’est pas compétitif par rapport à ces concurrents-là, les activités
clés partiront chez eux ».
« Tout
comme nos meilleurs joueurs de foot évoluent dans les clubs étrangers,
une bonne patrie de nos meilleurs spécialistes de marchés s’exilent, et
il en ira de même pour nos chercheurs. Le poids des prélèvements obligatoires
est un vrai handicap pour nous. (…) Les Etats sont eux aussi en compétition,
à l’échelon de la planète : il faut éviter que l’excès de réglementations
et de prélèvements obligatoires pénalise notre territoire national en
termes d’activité, c'est-à-dire d’emplois et de niveau de vie ».
On le voit, on est loin de la politique industrielle, telle que l’entendent
nos ministres. Toutefois, le nouveau ministre de l’Economie Thierry BRETON,
issu du monde de l’entreprise, se déclare favorable à la réduction des
dépenses publiques et de la dimension de l’Etat. Ses actes seron-t-ils
en harmonie avec les propos de Michel PEBEREAU ?
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