HLM : LE COTE DESTROY DE LIONEL


A n'en pas douter c'est son passé anar qui a du inspirer Lionel Jospin dans sa prise de décision la semaine dernière de se ré-intéresser à la politique de la ville en détruisant des HLM: Renaud ne chantait-il pas "P….. qu'il est blême mon HLM" et les Sex pistols "I want to destroy" ? A moins que cela ne soit l'approche des élections…


Le premier ministre la semaine dernière a affirmé sa volonté de changement en matière de politique de la ville. Destructions de HLM et reconstructions sont au programme…électoral ? Cela faisait deux ans presque que le Comité interministériel des villes n'avait pas été convoqué. La croissance économique pouvait faire croire que certaines populations pourraient fuir leurs ghettos et s'extirper de ces cités, véritables zones de non-droit. C'aurait été un bel optimisme que de croire que la croissance puisse régler le sort de gens à qui on interdit de travailler et dont on subventionne l'oisiveté. Les problèmes sont beaucoup plus structurels, et ce n'est pas non plus la démolition de ces ghettos qui devrait résoudre les problèmes des cités : ç'a n'est que de la surface.

Sous la pression de Claude Bartolone, Ministre de la Ville, Lionel Jospin a décidé d'accélérer les destructions d'HLM : 15.000 en 2002 pour atteindre 30.000 par la suite. Rappelons qu'en 2000, elles n'ont été que de 6000. Ce sont 500 millions par an (contre 170 actuellement) qui seront désormais consacrés à cette politique. Pour "tourner la page des cités dortoirs", le Comité a annoncé "10 milliards de subventions nouvelles d'ici à 2006". Par ailleurs 25 milliards de prêts à taux réduit (10 milliards à 4,2% et 15 milliards à 3,25 %) seront débloqués. Ce sont aussi 30 nouveaux sites de renouvellement, 9 projets de villes supplémentaires soit 1,5 milliards de francs pour 2002-2006. On aura des gardiens de HLM (1 gardien pour 100 logements) et 10 000 médiateurs de rue. Certaines cités (une dizaine) bénéficieront de plans de sauvegarde prioritaire pour faire face aux dégradations.

Des quartiers d'exclusion. La spirale qui a mené à la situation actuelle est assez simple. L'ingrédient essentiel consiste à entasser des gens d'un niveau économique faible les uns sur les autres dans des logements collectivistes. Trois effets.

Premièrement, une bonne part de ces gens, pour des raisons de capital humain et culturel très faible (attention : politiquement incorrect !), est exclue du marché du travail à cause de cette réglementation qu'on appelle le salaire minimum (sans parler du poids de la Sécu sur les salaires) et qui empêche une partie de la population la moins talentueuse de travailler. Certaines âmes bien pensantes diraient plutôt "de se faire exploiter en dessous du Smic". A ceci près que les différentes communautés économiques voient la plupart de leurs prix (dont leurs salaires) se régler les uns par rapport aux autres. Ceci explique qu'au sein du territoire français on trouve des multitudes de sous-territoires avec des niveaux de prix et de vie différents. Pourquoi devrait-il y avoir un seul niveau de développement minimum ou moyen pour toute la France ? Paie-t-on le poulet le même prix dans les quartiers pauvres de Marseille et dans le XVI° ?

Deuxièmement, la verticalisation de densités importantes de populations pauvres dans des bâtiments destinés au logement contribue à une raréfaction relative (relativement à la densité de population) de locaux et donc de l'entrepreunariat. La relative horizontalité de l'habitat (une "densité au sol moyenne") de logement permet au contraire une meilleure répartition du commerce. Combiné avec la première conséquence, ceci renforce l'absence de dynamisme économique "légal". Et l'impossibilité de vivre de l'échange légal conduit évidemment à chercher à s'enrichir par l'échange illégal, avec tout ce que cela implique en termes de violence et de délinquance.

Troisièmement, il faut s'intéresser à l'impact du collectivisme socio-locatif. L'absence de droits de propriété dans des zones d'habitation immenses donne lieu à des constitutions de gangs. En effet comment s'exprimer autrement ? La propriété permet en effet l'expression individuelle. Son absence conduit à une forme grégaire d'expression, qui passe souvent par la dégradation ou la destruction de biens publics : il faut marquer son territoire et affirmer son pouvoir. A côté de ce grégarisme des " jeunes" ou en combinaison avec lui, la société civile, la sphère communautaire ayant été noyautée par l'Etat ou ses sbires, ces cités deviennent le lieu d'un anonymat individualiste créé par la verticalité forcée par l'Etat des relations pseudo solidaires. Ce grégarisme répond donc à ce besoin de communauté. Il est en même temps une réponse au besoin de reconnaissance, reconnaissance qui est inaccessible par les moyens habituels de production économique puisque nombreux sont exclus de la sphère économique.

Tout est donc lié. On ne peut pas séparer certains problèmes des autres. L'incapacité à comprendre que certaines franges de la population doivent passer par des stades de développement que d'autres ont déjà franchis, et que les coups de baguette magique du social à la sauce socialiste n'aboutissent qu'à exclure durablement certains du marché du travail et à détruire la vraie solidarité, conduit à la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons. Démolir pour reconstruire quoi ? Plus humain, peut-être, mais toujours sur des fondations collectivistes qui conduiront tôt ou tard à un nouvel échec. Il y aura des fleurs au balcon, mais cela ne sera que de la poudre aux yeux : la dynamique doit être endogène et pas exogène.

Mots clés : Collectivisme, Habitat, Politique de la ville.