LES VINGT PAYS LES PLUS FAVORABLES AUX ENTREPRISES


 

C’est une intéressante enquête que vient de publier la Banque Mondiale, dans son rapport 2005 sur le classement mondial des pays selon la qualité de leur accueil du monde des entreprises. Il apparaît, sans surprise, que ce sont les pays développés qui ont réalisé le plus de réformes pour faciliter la création et la vie des entreprises. Et, parmi les pays développés, on notera la progression de nombreux pays d’Europe, sous l’influence de la concurrence qui s’y développe et de l’élargissement vers les pays d’Europe centrale et orientale.

Le seul véritable classement publié par la Banque Mondiale fait la liste des vingt économies les plus ouvertes aux affaires. La première place revient à la Nouvelle-Zélande, où une entreprise peut être créée en 12 jours et avec 2 procédures administratives seulement. Mais, surtout, la flexibilité du travail y est totale, l’embauche et le licenciement sont soumis à un minimum de contraintes et la mise en faillite y est peu coûteuse.

On ne sera pas surpris de trouver en deuxième position les Etats-Unis, puis Singapour 3ème, Hong Kong 4ème, l’Australie 5ème. Au 6ème rang figure la Norvège, premiers pays européen, mais situé en dehors de l’Union européenne. Puis en 7ème le Royaume-Uni, en 8ème le Canada, en 9ème la Suède (mais oui, le pays s’est beaucoup réformé, comme nous l’avons déjà montré), en 10ème le Japon. Viennent ensuite la Suisse (11ème), le Danemark (12ème), les Pays-Bas (13ème), la Finlande (14ème), l’Irlande (15ème), la Belgique (16ème), la Lituanie (17ème), la Slovaquie (18ème), le Botswana (19ème) et enfin la Thaïlande (20ème). Ce classement montre que plusieurs pays d’Europe, de l’Ouest comme de l’Est, ne sont pas trop mal placés.

Et la France ? On a beau lire et relire ce palmarès des 20 pays les plus favorables aux entreprises, la France, selon la Banque Mondiale, n’y figure pas. Sans commentaires.

D’autres informations sont fournies par ce rapport. Le « climat des investissements » y est jugé par sept critères, allant de la création d’une entreprise, à l’embauche et au licenciement (y compris la difficulté à embaucher, à licencier ou la rigidité des horaires), en passant par l’enregistrement d’une entreprise, l’obtention d’un financement, la protection des investisseurs et la mise en œuvre des contrats et enfin la cessation d’activité. A lire ces critères, à commencer par ceux de l’embauche et du licenciement, on n’est guère surpris de ne pas trouver la France parmi les 20 pays retenus.

C’est la Slovaquie qui a le plus progressé, réalisant le plus grand nombre de réformes en faveur des entreprises : flexibilité des heures de travail, plus grande facilité d’embauche des jeunes, création de registres privés de crédit, réduction de moitié des délais de création d’une entreprise, réduction des trois-quarts des délais de recouvrement de ses créances.

La Lituanie et la Pologne sont aussi citées parmi les pays ayant réalisé le plus de réformes. Mais on notera qu’à l’Ouest d’autres pays d’Europe sont également bien classés, comme le Royaume-Uni et l’Irlande. La Banque Mondiale voit dans cette progression, relative, d’Européens de l’Est et de l’Ouest, le résultat d’une concurrence accrue.

La France, hélas, n’en bénéficie pas, à l’exception d’un seul point, les réformes DUTREIL, destinées à faciliter les créations d’entreprises. Mais tout le reste n’est guère favorable aux entreprises dans notre pays. Et encore les critères fiscaux ne figurent-ils pas dans les indices retenus par la Banque Mondiale. Si cela avait été le cas, nous aurions durement acquis la place de champion, tant notre fiscalité semble avoir été inventée pour faire fuir les entreprises. Mais, même sans ce critère fiscal, nous sommes hors course.

Gageons qu’on ne parlera pas beaucoup, en France, de ce classement de la Banque Mondiale. Il est vrai que la Banque Mondiale souligne aussi que la majorité des pays du tiers-mode, en particulier d’Afrique, n’a guère fait de réformes pour attirer entreprises et investissements. Nous voilà donc en bonne compagnie. C’est « la France qui tombe » et qui se retrouve au rang des économies du tiers-monde.