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L’UN DES PLUS MAUVAIS «TAUX D’ENTREPRENARIAT » DU MONDE |
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Le gouvernement se félicite du nombre non négligeable d’entreprises créées en France. Il oublie de faire la comparaison avec le nombre de disparitions et il oublie surtout que ce nombre concerne avant tout des entreprises n’ayant aucun salarié. Le vice-président de la commission des finances, François GOULARD, a souhaité y voir plus clair et a organisé sur ce thème un colloque réunissant une cinquantaine de députés. Il en tire une conclusion simple : il invite le gouvernement « à desserrer les garrots paralysant les créateurs d’entreprise et à encourager la création de vrais emplois dans le secteur marchand ». Car le constat est alarmant. Une enquête internationale, menée dans 31 pays et présentée lors de ce colloque, a montré que la France possède un des plus mauvais « taux d’entreprenariat » du monde. Calculé en pourcentage de la population en age de travailler, il mesure la capacité à faire vivre une entreprise plus de 42 mois. On y trouve divers critères, allant du système fiscal au système administratif. En France, ce taux est tombé de 3,2 en 2002 à 1,63 en 2003. De plus, en France, les créations d’entreprises se font de plus en plus par nécessité et de moins en moins par opportunité (nous sommes derniers dans ce domaine). La création d’entreprise en France vient souvent d’un auto emploi, pour s’affranchir du salariat à titre personnel, sans créer d’emplois pour les autres. Pourquoi cette faiblesse de la création d’entreprise en France, selon le réseau Global Entrepreneurship Monitor qui a réalisé cette enquête ? En raison d’une attitude culturellement défavorable à la prise de risque et d’un cadre législatif et administratif trop contraignant. En clair, trop d’impôts, trop de charges, trop de bureaucratie, voilà pourquoi nous n’avons pas plus de personnes qui se laissent tenter par l’aventure de la création d’entreprise. Quant à la peur du risque, le refus général de la concurrence par les pouvoirs publics, dans tous les domaines, ne pousse pas les jeunes générations, et les moins jeunes, à aimer prendre des risques. L’institut français de recherche sur les administrations publiques, (IFRAP), qui commente ces résultats, trouve le tableau très alarmant et rappelle qu’avec une population identique, l’Angleterre a créé en tout 24 millions d’emplois marchands, contre 17 millions en France. Or la création d’emplois suit largement la création d’entreprises. Et le taux d’activité est plus faible en France qu’ailleurs. Ce sont les entreprises qui créent des emplois durables. Sans création d’entreprises, on est privé de l’une des sources de création d’emplois. Quant aux entreprises existantes, autre source de création d’emplois, elles n’en créent que si les charges sont raisonnables, les impôts aussi et si elles peuvent licencier en cas de difficultés. Conditions qui ne sont pas réunies en France. Ne nous étonnons pas si les créations d’emplois y sont plus faibles qu’ailleurs, de même que les créations d’entreprises. |
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