LIBERTE ECONOMIQUE : LA FRANCE DE PLUS EN PLUS MAL CLASSEE


Chaque année, la Nouvelle Lettre communique les résultats du palmarès mondial des nations classées par leurs indices de liberté économique. Nous avons déjà expliqué en quoi consistent ces indices, et sur quels critères ils sont calculés : gestion de la monnaie, importance du secteur public, prélèvements obligatoires, statut de la propriété, liberté des échanges et des changes.

Deux Instituts publient presque simultanément leurs estimations : Fraser Institute (Vancouver) et Heritage Foundation (Washington). L'édition 1999 vient de nous parvenir, et nous avons découvert sans joie que la France est de moins en moins bien classée. Elle occupe le 27 ° rang chez Heritage, et le 21° chez Fraser. Elle est le moins libre des quinze pays de l'Union Européenne, si on excepte le Portugal et la Grèce. Elle est loin derrière l'Irlande, le Luxembourg et la Grande Bretagne, les seules européennes classées "réellement libres" ; elle est en tête du peloton des "presque libres", mais devancée par les Pays Bas, l'Allemagne, la Belgique.

La performance n'est pas bonne, mais elle est surtout inquiétante car, à la différence de la plupart des autres pays du monde, l'indice français est en régression, alors que partout la liberté économique progresse. Les critères sur lesquels nous sommes évidemment les plus faibles sont ceux qui touchent au secteur public et aux prélèvements obligatoires, mais aussi au statut de la propriété.

L'ALEPS, correspondante de ces deux Instituts pour la France, a souvent suggéré que les indices prennent aussi en compte le poids de la réglementation, notamment sur le marché du travail, et la valeur du système de protection sociale. Cela n'a pas encore été fait. Mais du jour où l'on introduira ces critères supplémentaires, le classement de la France sera encore détérioré, mais aussi plus réaliste : la liberté du travail n'xiste pas dans ce pays, et la protection sociale est confiée à une bureaucratie en ruine.

Comme à l'habitude, les auteurs du rapport mettent en corrélation le degré de liberté économique et le taux de croissance, ainsi que le niveau de revenu annuel par tête. Le croiriez-vous ? Ce sont les pays les plus libres qui sont aussi les plus riches !