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LIBERTE
ECONOMIQUE : LA FRANCE RECULE DE 14 PLACES Les indices de liberté économique –édition
2001– viennent de paraître. C'est une publication annuelle réalisée par
"The Heritage Foundation" et le Wall Street Journal. Il s'agit
d'une évaluation de tous les États du monde en fonction de la liberté
économique de leurs citoyens. Le constat est, comme chaque année, sans
appel : la liberté économique va de pair avec la richesse, comme
le montre le graphique 1. Commençons par préciser que les indices prennent en compte seulement la liberté
économique et font abstraction de la liberté politique. La raison en est
que dans un processus dynamique plus ou moins rapide mais inéluctable,
la première entraîne la seconde. Les indices ont des valeurs de 1 à 5, où 1 représente la liberté maximale.
Les critères retenus pour leur calcul sont les suivants, avec les notes
de la France entre parenthèses : 1. Liberté du commerce extérieur (2) 2. Poids du gouvernement : prélèvements obligatoires et dépenses publiques
(5) 3. Intervention du gouvernement dans l'économie : entreprises publiques,
etc. (2) 4. Stabilité monétaire (1) 5. Liberté de circulation des capitaux (3) 6. Nature et niveau des restrictions imposées au système bancaire et financier
(3) 7. Liberté des prix et des marchés, notamment du marché du travail (3) 8. Respect des droits de propriété (2) 9. Niveau de la réglementation (3) 10. Ampleur du marché noir (1) Le graphique fait apparaître une forte corrélation entre la liberté économique
et la richesse mesurée par le PIB/habitant. Cela n'a rien de surprenant
pour un économiste : lorsque les individus sont libres de s'engager
dans des activités économiques et que le gouvernement ne confisque pas
le fruit de leurs efforts, ils travaillent davantage et produisent davantage
de richesses. Autrement dit, si les gens sont libres de s'enrichir, ils
s'enrichissent. Cependant, il s'agit d'un processus qui se déroule dans le temps et une "photographie"
de la situation à un moment donné ne peut pas mettre en évidence tout
ce processus. En effet, la liberté permet d'augmenter la richesse, mais
cela prend du temps et la "ligne de départ" compte beaucoup.
Par exemple, Hong Kong (un village de pêcheurs au début du siècle) a mis
plus de 30 ans pour passer d'un PIB de 2000$/hab à environ 22000$/hab
aujourd'hui, ce qui fait tout de même une multiplication par 10 (le PIB
de la France est d'environ 28000$/hab). Pendant ce temps, le PIB/hab de
la Chine a traîné aux alentours de 500-600$, pour s'élever aujourd'hui
à environ 700$/hab. La "ligne de départ" compte également lorsque la liberté économique
se réduit ou est maintenue à des niveaux insuffisants : les effets
néfastes mettront plus de temps à se manifester de manière évidente dans
les pays riches. Cela concerne particulièrement la France. Du point de vue de la liberté économique,
elle recule de la 25e place (il n'y avait déjà pas de quoi
s'enorgueillir) à la 39e place, tout en continuant de figurer
parmi les pays "relativement libres". L'Allemagne, avec qui
on se compare volontiers, est passée de la 22e à la 20e
place, principalement grâce aux réductions d'impôts décidées par le Chancelier
Schröder. Les explications des piètres performances françaises sont évidentes à la simple
lecture des composants de l'indice de liberté économique : le poids
écrasant du gouvernement (critères 2 et 3) et l'hypertrophie de la réglementation
et de la bureaucratie qui l'accompagne (critères 5,6,7 et 9). Ce qui retient l'attention, c'est le fait que la France recule dans le classement
sans pour autant détériorer son score. En fait, celui-ci reste constant
malgré quelques reculs incontestables de la liberté économique, les indices
permettant donc une certaine tolérance. Cela veut dire que d'autres pays
ont augmenté la liberté de leurs citoyens : faire du surplace lorsque
les autres avancent, c'est une autre manière de reculer : quand les
autres libéralisent, nous restons avec le même interventionnisme. L'immobilisme du gouvernement et de notre classe politique en général est
une nouvelle fois illustré. Les réformes qui font la fierté du gouvernement
sont inexistantes (retraites), trop lentes (privatisation, démonopolisation),
trop timides ou en trompe l'œil ("réductions" des prélèvements
obligatoires), avortées (réduction des dépenses publiques) ou liberticides
(35 heures). L'augmentation du nombre de pays à plus grande liberté économique que la France
signifie que les entrepreneurs français auront de plus en plus d'opportunités
d'exercer leurs talents et de créer des richesses ailleurs. Cela veut
dire aussi que ceux qui resteront ici devront faire face à des concurrents
de plus en plus nombreux et réactifs (car plus libres) et de plus en plus
compétitifs (car moins taxés). Combien d'entre eux et combien de temps
résisteront-ils ? Nous avons des raisons de nous inquiéter car dans le monde actuel, devenu
plus libre et plus concurrentiel, il n'y a pas de place pour les "droits
acquis". Dans un processus continuel de création de richesses, rien
n’est jamais acquis. Mais seule la liberté donne l’opportunité de créer
de nouvelles richesses.
Mots-clés : Croissance,
Liberté,
Richesse.
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